31 mars 2005
Bon pour ...
Après l’avoir évité deux fois grâce de fourbes
excuses, je ne pouvais plus manquer à mon devoir de joyeux salarié responsable.
La visite médicale m’attendait.
Parce qu’elles ne servent à rien, à part pour
t’annoncer que tu grossis invariablement d’une année sur l’autre.
Mais, un coup c’est avec le pantalon, un coup sans,
un coup t’as mis un caleçon molletonné avec renforts armés…
Le point sur ta vision te rappelle que tu ne
rajeunis pas tous les ans (et aussi que ce sont toujours les mêmes tests).
Il ne faut pas rester trop longtemps sans intermittence
devant un écran et le môsieur ne veut pas non plus qu’on fasse des pauses en
allant s’en griller une toutes les heures.
Cela dit, je ne fume pas alors bon (quoi, c’est
pour dire).
Le môsieur dit qu’il faut toujours faire du sport même
si c’est difficile de se garder un peu de temps pour cela.
Le môsieur te rappelle qu’il faut être cool et ne
pas se stresser au boulot.
J’imagine qu’avec toutes les recommandations qu’il
fait, le môsieur ne travaille pas vraiment en fait.
J’imaginais aussi à une époque de démarrage
professionnel que le môsieur était digne de confiance et apte à me porter
secours en cas de problème.
Je sais maintenant que le secret médical est une
réalité si le salarié ne dit absolument rien au médecin du travail.
D’ailleurs, que le salarié pourrait-il raconter d’autre
que « Tout va bien, c’est génial, le chef est super sympa, je suis bien
payé, et pour, en plus, faire un travail facile et passionnant ! ».
Le fait est que quand on me dit que j’ai grossis,
je suis de mauvais poil.
De plus, en parlant de poil, autant j’étais fier d’exhiber
mon unique et respectable poil blanc de torse, autant la multiplication de ce
dernier en un autre très voisin et deux nouveaux à proximité de mon téton droit
me pousse à un hurlement sauvage et incontrôlé.
A côté de cela, « j’ai une petite tension ».
Qu’y dit.
11-7
« Mais ça suffit pour vivre ». Qu’y dit.
Elle est belle l’histoire ! Ça se voit que le
môsieur n’a pas deux enfants en bas âge et un troupeau de collègues à tatanner tous
les jours.
Quand je vous dis que j’exècre les visites médicales.
Et pis, c’est toujours quand on vous demande de
pisser dans un gobelet que vous n’en avez jamais envie.
On a beau se battre avec toutes les dernières
gouttes, ça ne fait pas toujours un fond de verre.
Et pis, mon pipi, c’est personnel, c’est privé, je
vois pas pourquoi je dois le mettre en évidence sur un évier.
N’empêche qu’après le remplissage illisible d’un
document pré imprimé, je suis tamponné APTE.
Ça me rappelle mon servie militaire et ce mot à l’encre
rouge qui m’envoyait faire le zouave pendant douze mois devant des plus cons
que moi (c’est dire !).
En plus, l’infirmière du travail est toujours moche
ou vieille.
A-P-T-E
Ça me fait une belle jambe.
30 mars 2005
Traversée de la cité
Rhaaa le petit jeune débile !
Qu’en aurai-je fait sur ou sous le capot de la Clio ?
C’est évident qu’il aurait tout cabossé la totomobile.
D’autant, que ma pov’dame, de nos jours, avec la croissance,
les jeunes sont de plus en plus balaises.
C’est grand, c’est échevelé, pour un peu, ça serait
plus musclé qu’un flan aux pruneaux. Enfin, j’dis ça, j’dis rien, hein ! Parce
que moi, au niveau musculature, ça reste bien léger. Oui, faut reprendre le
sport, d’autant que fin juin, y’a l’évènement annuel dont je reparlerai.
Bref, avant d’être foncièrement interrompu par
moi-même, je songeais aux dégâts que ce petit gars aux allures de seize
dix-sept ans aurait pu faire si je lui avais essuyé mon pare-choc dessus ou
dessous (avec la physique des corps, on ne sait jamais trop).
Hormis le fait que l’écart soudain qu’il m’a forcé
à faire aurait pu m’envoyer dans le véhicule d’en face ou sur un quelconque
platane (le fait est qu’il n’y a pas de platane à cet endroit, disons un poteau
téléphonique), j’espère qu’il a bien repositionné son écouteur sur ses feuilles
de choux.
Parce que c’était bien ce qu’il était en train de
faire quand il a décidé unilatéralement de traverser hors des clous sans
regarder un instant d’un côté ou de l’autre de la trinité.
J’imagine que le rétroviseur droit lui a chiffonné le
blouson, que le souffle du véhicule a décoiffé sa mèche rebelle et que son cœur
s’est arrêté quelques secondes, au même moment que le mien, … puis s’est repris
à battre la chamade comme pour rattraper les pulsations perdues.
Je ne lui en veux même pas, tant qu’il ne
recommence pas. Enfin, je dis ça, c’est pour lui, parce qu’avec la tête en
moins, le lecteur mp3 hyper moderne que papa et maman venaient de lui offrir lui
serait moins utile, à moins que ce ne soit son unijambisme qui le gène pour
courir les filles plus tard.
P’tit con qu’il m’a fait peur. Et je ne me le serai
pas pardonné. Bien sûr. Parce que je me serai dit que tout ça aurait pu se
passer autrement si…
Et avec ces si tardifs, Paris aurait été mis en
bouteille.
Et on a beau être à 50 ou 40 en ville, face à
quelqu’un qui décide de traverser …
Tout ça pour dire que rien ne tient à grand-chose,
juste un fil tendu qui peut se détendre pour faute à pas de bol ou une
inattention qu’on a tous fait un jour, ou plus souvent encore.
C’est ma réflexion intelligente du jour ou ma
Lapalissade (ne vous plaignez, il y a des jours où j’en ai plusieurs qui me
viennent).
Reste que je partais d’abord sur une note
concernant le film d’Abdellatif Kechiche : L’esquive
qui a gagné plein de Césars (et je ne ferai pas de commentaire sur l’attribution
des récompenses sur le film, pourquoi celui-là plutôt qu’un autre… bla bla, c’est
facile de dériver).
Donc, il est vrai qu’il y a
quelque chose de frais dans cette représentation du film ‘cité’ qu’il ne faut
plus cataloguer. Je ne saurai l’exprimer sans qu’il s’en dégage tout un tas de
mauvaises interprétations.
Fi des critiques. Allez le voir si ce n’est déjà
fait pour vous faire votre propre opinion.
Y’a un truc qui fait vrai, sans exagération, sans
trop de soucis d’esthétisme démagogique autour de cette histoire d’amour.
Par contre, branchez l’accélérateur de comprenette
au niveau débit de paroles parce que les dialogues s’entrecroisent, s’entassent
parfois, se succèdent à une vitesse vertigineuse qui me renvoie en pleine poire
les difficultés exacerbées que peuvent avoir deux ‘tits jeunes qui tchachent sans
vraiment s’écouter.
Et c’est peut-être le début d’une explication.
Mais fi d’une analyse à deux balles, il n’en est
pas question.
Bon, tout va –très-, -trop- vite de nos jours.
Voilà, j’ai trouvé le lien entre mes deux histoires
du jour.
J’ai retendu le fil.
29 mars 2005
Mot-ments
Un week-end de trois jours plus tard où on trouve
le moyen d’en faire plus que pas assez.
Un tremblement de terre plus tard qui nous rappelle
que rien ne change vraiment à notre échelle de simple humain.
Des reportages qui nous poussent aux doutes après avoir
poussés aux dons il y a trois mois.
« Mais qu’ont-ils fait de tout cet
argent ? Où sont passées les OMG ? »
La cause est simple mais il serait plus honnête de
lancer de réelles investigations au lieu de laisser planer le goût amer de la
mer qui se retire.
Deux vieillards qui n’ont pas encore voulu
raccrocher et s’envoler avec le vol des cloches.
Une bouteille de vin blanc sec de 1959 d’une belle
couleur ambre qui mériterait plus une étagère plutôt qu’un verre.
Une autre bouteille de vin artisanal à l’aspect de
jus de pamplemousse avec pulpe et un mal de bide plus loin…
De l’amour.
Des jonquilles bousculées par les petits pieds des
enfants qui ramassaient les œufs en chocolat sous le morne ciel gris de cette
fin mars.
Une heure qui se promène de nouveau dans notre
temps.
Mais une grasse matinée si rare qu’elle illumine
encore plus le jour.
Un disque de 1989 réécouté avec d’autres images
dans la tête que la route qui défilait.
Aucune envie de retourner au boulot.
Je ne dois pas être fait pour cela.
Et pour quoi suis-je fait alors ?
Dirai-je dans 20 ou 30
ans : « J’aurai du » au lieu de « J’aurai pu’.
Quoique.
Les bourgeons surgissent. Quoi qu’il arrive.
Envie de vous faire partager un état d’âme.
Fouler des vieilles pierres établies à l’époque de Saint
Louis.
S’arrêter face à cette grande tour, vestige des
siècles, fermer les yeux.
Entendre les pas qui résonnent dans les allées du
cloître.
Croiser du regard d’énormes villas dont on ne
saurait que faire. Quoique.
Attendre.
Faire une note.
25 mars 2005
Si j'avais eu un blog
Je ne sais pas si j’en aurais fait partager mes
proches, je ne sais pas si cela aurait été une lubie, une mode, le genre d’épisode
de vie où il faut bien être comme tout le monde.
Parce que j’aurais sans aucun doute eu besoin de me
sentir comme tout le monde, de ne pas être exclu et avec un peu de chance d’être
accepté pour autre chose que de ce qui transparaît d’une enveloppe charnelle forcément
inadéquate ou imparfaite.
Peut-être en aurais-je eu un sociable où j’échangerai
des banalités avec mes potes et potesses.
Mais j’en aurai eu un plus intime, plus personnel
où j’aurai parlé plus librement de Sophie ou de Cécile.
Je n’aurais pas eu la crainte d’être moqué, d’être
une risée, j’aurais pu recueillir des avis qui m’auraient peut-être plus aidé.
J’aurais inévitablement parlé de cette prof d’anglais
difforme aux cheveux longs et filasseux qui mangeait des oeufs durs pendant les
contrôles écrits. Je ne m’attendais pas au début de l’année à ce que la légende
soit réelle.
Et celui-ci, de français, agrégé frustré d’un lycée
de banlieue, qui faisait l’appel pendant la moitié du cours en dévisageant
chaque élève pour retrouver les signes cabalistiques de son prénom sur son
front gracile.
Je ne sais pas si j’aurais pu me douter que cet
autre grand professeur dégingandé et frisé me lancerait vers des études
supérieures.
L’anecdote du tableau vert en triptyque qui s’écrase
sur le sol à un mètre du maître de philo aurait fait une superbe note.
Cette classe de neige de seconde aux sens exacerbés
comme une apothéose hormonale. Ce voyage aux couleurs latines dans la ville
éternelle romaine.
Mais je crois que j’aurais rabattu les oreilles des
lecteurs de passage, usés par tant de notes si identiques, sur un mal-être bien
humain et bien naturel d’une période floue entrecoupée de drôle de
responsabilisations en forme de manifestations aux slogans aussi faciles que « Devaquet
au baquet ».
J’aurai assuré ouvertement et fièrement que la
cabane au coin de la cour qui vendait croissants et pains au chocolat était une
avancée sociale indéniable pour les élèves.
Avec faux semblants, l’atelier dessin sur base de
volontariat ne servait qu’à me justifier une sorte de liberté de choix.
J’aurais beaucoup parlé de doutes et de filles. Je
n’aurais parlé que de ça. De ce nirvana inaccessible aux thèmes infinis.
J’aurais eu dix milles avis contradictoires comme
autant d’expériences différentes pour la description d’une même histoire.
Ma vie serait devenue aussi trépidante que je la
croyais.
Je n’aurais pas parlé de ce vélo de course bleu qui
portait cet incroyable porte-bagages et qui me transportait à travers la ville
pendant de longues années.
Je ne sais pas si les vacances estivales et évidemment
parentales à l’île d’Oléron auraient fait un bon sujet.
J’aurais pourtant pu parlé de Marie et de Vanessa,
du monde qui changeait autour de nous.
J’aurais fait part de ces samedis soirs tristes
devant un écran d’ordinateur, à écouter de la musique, la radio, l’attente
indéfinissable.
J’aurais pu me plaindre tous les jours de ces
devoirs accaparants qui me faisaient réfléchir la nuit et pour lesquels j’étais
assommé de perdre les dimanches après-midi.
J’aurais peut-être parlé de mes parents mais je ne
sais pas dans quels termes mais cela n’aurait pas été mauvais, simplement une
expression de caprices.
J’aurais laissé des tas de traces épistolaires dans
lesquelles je ne me serais pas reconnu des années plus tard. Trop timide, trop
emprunté, trop ceci, pas, assez cela.
Il y a un peu moins de vingt ans, la toile n’était
pas dans le même état et surtout pas aussi accessible avec toutes ces qualités
et ces défauts évidents.
Si ça se trouve, si j’avais eu un blog, j’aurais
été différent par rapport aux autres, je me serais engouffré dans d’autres
relations sociales, avec d’autres repères.
Je ne pense pas forcément que cela aurait été mieux
pour autant.
Mais je crois que, malgré tout, j’aurais aimé en
avoir un.
24 mars 2005
Chewie a la gomme
A peine endormi hier soir, je me suis réveillé en
soit disant ayant peur.
Je dis ‘soit disant’ parce que je suis un gars, et
un gars n’a pas peur. C’est bien connu.
Je ne vois pas d’ailleurs pourquoi nous serions si
fortement testiculés si c’était pour avoir peur !
Le fait est que ma ‘tite femme me demande si ça va,
juste après mon sursaut alité.
Après le célèbre « Hein ? Quoi ? Une
choucroute ? Quel avion ? » qui permet de réagir dignement en
toute situation, je la laissais divaguer sur le fait que je me sois
soudainement retourné en disant ‘j’ai peur’.
Il est bon de préciser à ce moment là que ma ‘tite
femme essaye de raccrocher mais que c’est très dur. Vous ne lui direz pas.
Je me rendormais aussitôt du sommeil du juste (là,
je dis juste juste, il n’est pas question de prénom, de Leblanc, etc... Ne voyez
pas le mal partout, diantre alors !)
C’est évidemment devant mon chocolat chaud (il s’en
passe des choses, j’vous raconte pas !) qu’elle me relance sur la question. Je feins d’avoir
oublié, ce qui ne m’est pas trop difficile puisqu’effectivement, je l’avais
oublié.
J’imagine donc que si l’histoire est vraie, ma peur
fut prémonitoire étant donné la réaction que j’ai pu avoir en me levant.
Allez savoir pourquoi, le chien, qui dort comme une
loque dans le couloir près de la chambre afin de nous faire profiter
allègrement de ses ronflements, gémissements, grognements et autres sons nocturnes
ignobles m’a surpris au saut du lit quand, sans doute gêné par la lumière vive
soudaine de la lampe de chevet, a lancé un bâillement tel que Chewbacca n’aurait
pu le réaliser, même sous extasie [1].
Pendant un instant, je me suis demandé
effectivement à 6h10, les yeux aussi fermés que mon esprit embrumé, que faisait
un wookie dans le couloir.
Ça surprend.
D’autant que mon sabre laser était dans la machine
à laver.
Maintenant que j’y pense (et toujours pas à
Fernande car ce n’est pas le moment [2]) ce chien doit effectivement être un
wookie.
Qui plus est un wookie africain. Mais oui, tout se
tient.
Je vous explique, je vous explique.
Notre sac à poils se prénomme Rouky.
Allez, voilà, j’entends déjà les quolibets moqueurs
d’ici. Oui, bon, ce n’est pas parce que j’avais pleuré au cinéma en 1981 quand
le renard et le chien étaient fâchés que… bon, peut-être que c’est possible.
Et pis, je sais bien que nous n’avons pas fait preuve
d’une grande imagination.
Vous avez compris maintenant ?
Je sais, je sais, n’en rajoutez pas.
D’autant que si un rodweller est plus
impressionnant, je vous défie d’approcher de mon chien avec un vêtement blanc
sans repasser par le pressing avant un mariage.
(Ce chien est aussi fourbe avec sa bave qu’il perd
ses poils à des endroits improbables).
Bon, allez, au boulot !
Allez savoir pourquoi, je me sens très seul avec
cette note.
[1] Je suis tout à fait conscient que si la Guerre
des Etoiles vous est inconnu, je ne peux rien faire pour vous.
[2] Tout exposition prolongée aux films des Bronzés
a un effet irrémédiablement dérangeant.
PS: A l'attention de Folie Privée: Pour te remercier de ton vote, je t'offre cette belle photo truquée comme dédicace. Ne me remercie pas. J'suis comme ça moi !
PS 2: Malgré tous mes efforts, je n'ai pas réussi à faire passer mon jeu de mots dans le titre avec chewing-gum.
23 mars 2005
Ne lisez pas - le retour -
Il faut que j’vous dise.
Lorie a tourné un clip aux Youaisses dans lequel
elle a une position lascive et un équipement vestimentaire un tantinet découvert.
Vous allez vous dire que vous vous fichez
complètement de cette information.
Et vous n’aurez pas forcément tord. Cependant, Lorie,
quand même ! Non ?
Bon, je continue quand même, je n’achète pas
TéléLoisirs pour rien !
Il est vrai que j’aurai pu choisir Télérama qui,
parait-il dans les milieux autorisés, est un magazine tout à fait respectable
et qui, comme TéléZ, donne les programmes télévisés.
Comme commentaire de la photo de l’artiste,
de la chanteuse, du produit commercial vêtue de blanc, je lisais quelque
chose comme ça : « Dans son nouveau clip, Lorie apparaît un peu
dénudée, mais heureusement, ses parents veillent sur elle ».
Personnellement, je n’ai rien vu de mal à la photo
et bien des Loana passent à 19h avec plus de strings qu’une grande chemise
ample qui les couvrent des épaules aux genoux. Je dois être un peu trop open in
my head.
Mais, évidemment, rien ne doit être choquant puisque
l’égérie des cours d’écoles primaire se doit d’être propre sur elle et
exemplaire.
Attention, le passage suivant est interdit aux fans
inconditionnels de Lorie et aux élèves de cours élémentaires.
Quelque chose me dit que Lorie n’a pas fait que
jouer au scrabble sous la tente avec l’idole des jeunes Billy Crawford.
A mon avis, il se peut même qu’ils aient sorti le
Monopoly et que ce soit elle qui jouait la banque (je vous laisse y réfléchir,
c’est cochon).
Quelque chose me dit aussi qu’à 22 ans ou pas loin
(je ne suis pas un spécialiste), ses parents ne doivent plus avoir d’autre
autorité que de classer les comptes bancaires dans l’ordre alphabétique.
Dans la série des articles rédigés dans TéléLoisirs
(avec un peu de chance, j’aurai droit à un abonnement gratuit si je le cite une
troisième fois), il y avait un petit résumé chiffré de la trilogie du Seigneurs
des Anneaux parce que TF1 ne va pas tardé à le diffuser (j’imagine, comme
Titanic, en deux épisodes avec 4 spots de pub).
Je répète : Le budget de la trilogie était 6
fois supérieur à celui du plus film français le plus coûteux (Un grand dimanche de fiançailles).
Y’a comme un truc qui me turlupine mais vos esprits
aiguisés l’auront remarqué.
Six fois supérieur pour une trilogie, soit 3 films
contre 1. Donc, Un long dimanche n’était
que deux fois moins cher que chacun des films du Seigneur des anneaux.
Soit un rapport de 6 contre 1 qui passe plus
humainement à 2 contre 1.
Ça me parait un peu plus réaliste, moins tapageur
et moins dévalorisant pour notre cinéma français pour peu que la qualité d’un
film soit liée à son investissement.
Rappelez vous, les Choristes… non, quoi, euh,
rhooo, si je ne peux plus rien dire. Mais c’était sympa. Maintenant, plus
personne ne me croit.
D’autre part, si le journaliste qui a pondu l’article
avait, en plus d’être intellectuellement honnête, fait l’effort de se renseigner
vis-à-vis du film ‘Un long dimanche’, il se serait aperçu que ce film a des
financements étrangers ce qui a crée une polémique chez nos chères têtes
énarques qui a entraîné une dé classification de ce film en tant que ‘français’.
Voir l’article de Libé.
ou de L’expansion.
Et comme les Youaisses n’en veulent pas, par
principe, à cause de leur protectionnisme débilisant, on ne sait pas où le placer.
En vous souhaitant un bon mercredi, j’insiste sur
le fait que la pauvreté de mon inspiration actuelle n’a d’égale que la qualité de
mes lectures pendant mon chocolat chaud matinal.
PS : J’ai pas que ça à foutre que de faire des
montage photos au boulot !
22 mars 2005
Ne lisez pas
Voilà, j’ai fait comme tout le monde, j’ai regardé ‘Les choristes’ hier soir.
la
Nouvelle AngleterreJe n’ai pas pleuré, même à la fin quand Gérard s’en
va avec plein de petits avions en papier tel un professeur Keating quittant l’école
privée conformiste de la Nouvelle-Angleterre avec des échos dans l’âme qui sonnent à
coups de « Ô Capitaine, mon capitaine ! ».
Je l’avoue, je n’ai pas la même sensibilité face à
la voix de Jean-Bat’ que ma nièce face à Lorie.
Mais c’est réellement un bon film comme la France sait
en fabriquer de plus en plus souvent.
Quant à comprendre le succès des Choristes, il n’y a pas d’explication
rationnelle. Tant mieux pour le film.
Tout ça pour vous dire que je chantais dans la
voiture ce matin et que la pluie est venue.
Il faudra que je pense à être critique
cinématographique.
M’étant fait une spécialité de la critique à l’état
pure, autant me spécialiser à un moment donné.
Comme Steevy chez Ruquier, je pourrai parler de
tout en n’y connaissant rien. Ça marche bien cette méthode.
Comment ça ? Je fais ça depuis le bédut ?
Bref, pour la peine, je ne vous donnerai pas mon
avis, forcément essentiel, sur l’épilation des torses masculins.
(N’empêche qu’un homme sur cinq se tire les poils
du torse !)
Si je trouve quelque chose d’intéressant à dire, I’ll
be back comme dirait Arnold dans un grand moment du 7ème art.
21 mars 2005
Droit de citer
L’évolution de l’espèce humaine nous montre tous
les jours sa fantaisie !
Observés au journal télévisé d’hier, ils avaient le
visage flouté de rebelles vindicatifs.
J’apprenais le nouveau terme médiatique à la
mode : le racisme anti-blanc. Je subodore qu’on va en faire des choux gras
sur les feuilles de choux.
Alors les petits cons décérébrés qui viennent
casser de la vitrine et du petit blanc bourgeois dans les manifestations sont
fiers de leurs actions et affirment à qui veut bien l’entendre (par exemple, un
journaliste en mal de sensations dans l’attente de l’ascension du pape et du
prochain tsunami) qu’ils vont recommencer dès qu’ils en auront l’occasion.
Quand on écoute jacter ces djeunz catalogués d’la
cité du 9-3, on prend conscience de l’évidente capacité physiologique de vivre
sans une once de cerveau et on doute du professionnalisme réel de ces gens qui
les interrogent.
Mais point de polémique sur le 20 heures qui
fournit des sujets à VSD ou Paris Match tant que le prince Reignier monégasque
continue de vivoter et que le prince Charles ne s’écrasera pas les oreilles sur
une barrière hippique.
Il s’agit d’analyser la haine qu’on veut bien nous
décrire et généraliser en un seul reportage.
C’est vrai, je suis blanc ! Comprenez moi, je
me sens concerné et visé !
Même si j’appartiens de souche au 9-3, je suis,
grâce à mes parents (et pis un peu aussi de part mes efforts scolaires –
fallait bien que je compense mon manque de filles à l’adolescence-), un
privilégié qui a eu son bac, et à qui on a donné la chance de faire des études
supérieures qui l’ont conduit directement à l’ANPE avant sa remise en question vitale.
Bon, je conclus : tout est un problème
d’éducation et de responsabilité des parents. Indirectement, un problème de
société et un souci historique mal géré, des décisions politique
(sociales ?) d’entassement de familles au sortir d’une guerre coloniale navrante,
d’intérêts et profits de certains au dépend d’autres, des conséquences de mai
68… Vous voyez, je ne vais pas digresser davantage, c’est tellement clair et
simpliste.
Voilà, je suis débarrassé, je peux passer à la
suite.
Revenons à ces petits cons de moutons.
(M’enfin, même le visage flouté, mon père m’aurait
vu à son journal du soir émettre autant d’inepties, je me serai pris une beigne
à satelliser un 4x4 parisien sur Neptune (Mars, ça devient trop connu)
accompagné de coups de martinet à faire jouir un Edouard Stern).
L’argumentation divulguée aussi vertement (« que
voulez vous, je suis un rebelle du 9-3, je fais ce que je veux, je fuck la
société, j’ai même pas peur de la police ») tend à justifier ces
débordements de conneries par une jalousie sociale contre ces petits salauds de
blancs bourgeois qui exhibent leurs signes extérieurs de richesse.
Donc, tabasser à 20 contre 1 ce gars habillé en
mode surfeur du 8ème ou cette fille qui ose se fringuer avec une
jupe plutôt qu’un pantalon ‘sac poubelle’ qui descend jusqu’au socquettes, ça
le fait ‘achement rebelle !
Donc, s’en prendre à un faux rasta ou à un vrai fan
de Kyo, c’est hyper tendance dans les milieux où la tournante en cave est de
rigueur au niveau bizutage des sœurs un peu trop jolies.
Faudrait qu’on m’explique pourquoi ces ‘victimes’
de la société admirent une tasspé qui se balade avec une minijupe si courte
qu’on dirait une écharpe, et qu’ils veuillent que leurs copines sortent en
anorak.
« Oui, mais t’as pas vu, gros naze que ces
gens là portent des belles fringues neuves ! »
Certes, petit con, mais, arrête moi si je me
trompe, dans le reportage dans lequel tu passes si bien, ne portes tu pas un
survet’ Puma blanc qui me parait à peine tombé du camion ? [1]
Et ces pantoufles encore chaudes des mains de
ch’tis nenfants asiatiques ?
Non ? Ah ce n’est pas pareil parce que toi !
Ces affaires que tu portes sont volées parce que tu n’as pas les moyens de les
acheter en magasin.
Tu vois bien que je peux être aussi caricatural que
toi !
Ça le fait ? Ouaich’gros ?
Ça le fait aussi que j’eusse côtoyé des habitants
de cités dans ma prime jeunesse où une sortie de weekend à la patinoire du
Raincy se transformait en règlements de compte à OK corral à coups de patins à
lames aiguisés et d’envoi de bétonneuses.
Ça le fait aussi que bien des petits cons de ton style
ont dans leur garde-robe de cette chambre remplie de matériel hifi, vidéo et de
trois PS2 et dans cet appartement rempli d’espoirs parentaux vains, des tonnes
de Chevignon et autres Nike, Adidas.
Parce que, très souvent, tes parents sont
désespérés de ne pouvoir t’offrir ce que tu attends mais que tu ne le verras
que dans quelques années si ton passage à la prison de Villepinte ne t’aura pas
trop déglingué.
Parce que, la plupart du temps, tu accuses la
société plutôt que de te regarder dans un miroir et de te dire que quelques
efforts en classe te sortiraient un peu de cette voie toute tracée dont tu nous
rabats les oreilles comme une voie inéluctable et destinée.
Bien sûr que tu n’es responsable de rien. Ni de tes
actes de mineur, ni des conséquences.
Plus de droit, plus de lois.
J’oubliais que c’était moi la cause de tes problèmes !
Moi avec ma vie de père de famille, sa voiture que tu vas rayer pour le plaisir
ou faire brûler un soir de St Sylvestre.
Ça va bien de m’appesantir sur toi, petit con.
Sais-tu que pleins de tes potes aimeraient s’en sortir ?
Mais que c’est simple de ma part de te jeter la
pierre.
J’oubliais que je ne m’appelle pas Malik, Abdel ou
Rachid, ni même Steve ou Ken.
Bon, j’avais deux choix : émettre un avis ou
compatir devant le malheur qui s’abat sur ces jeunes.
Je n’ai pas une fibre très sociale parfois. Je suis
très intolérant.
Je ne comprends pas non plus pourquoi ce reportage
si négatif est passé à 20h pour exacerber plus encore ce phénomène soi disant
social. Les cités, du 9-3, du 9-5, de Marseille ou d’ailleurs, ce n’est pas que
ça.
Les ‘blancs’ vont avoir encore plus peur et vont
encore voter comme des cons.
Sur ce, c’est le printemps, bonne semaine à
vous !
[1] C’est important de préciser aux non originaires
du 9-3 qu’il arrive fréquemment dans cette région de notre beau pays que les
routes soient si mal entretenues que les camions gavés de marques de toutes
sortes perdent à cause d’un malheureux nid de poules, leurs contenus. On parle
de matière tombée du camion. On ajoute souvent : par un curieux hasard ou
par inadvertance.
18 mars 2005
Blog abonné
Ce n’est pas faute d’écrire avec le frein à main,
de s’imposer des limites de déversage d’ignominies bavardes, mais je sais bien
que ces notes sont trop longues.
Et qui dit trop long, dit peut-être dispersé à
tendance vaporeuse.
Mais que pourrai-je bien résumer, concrétiser,
synthétiser en moins d’une page ?
Je ne lisais déjà pas les énoncés de mathématiques
jusqu’à leurs termes au lycée afin de démarrer dès que possible dans mes
divagations, ce n’est pas pour commencer aujourd’hui.
Ça m’avait valu de nombreux « hors
sujets », « Ce n’est pas la question », « relisez l’énoncé
du problème » et « Voulez-vous bien m’écrire les données de votre
exercice afin que je puisse vous confirmer que vos résultats correspondent
bien. Et profitez-en pour répondre à mes questions ».
Tant est si bien que la lecture en devient
difficile. Je m’excuse.
Un jour viendra où j’oublierai ma tête (devant un
verre de vin chaud avec Jean-Claude).
En attendant ce jour, je souhaiterai apporter toute
ma compassion envers ce haut/bas/moyen [1] fonctionnaire de l’Etat qui a
malencontreusement détruit les dossiers fiscaux de Lionel Jospin, Claude Chirac,
Hervé Gaymard et Jean Passe.
Je trouve cela tellement malheureux.
Quand même, pile poil au bon moment qu’ils
disparaissent, peut-être bien qu’il y aurait des choses dedans.
Je suis attristé.
Dites, j’ai cette sensation étrange d’avoir été
pris pour une tanche.
Bon, ça passera, on s’habitue à tout.
Jean vient (un pote du précédent) à vous expliquer
pourquoi je ne serai jamais reconnu dans notre monde.
Parce que je ne suis pas consensuel [2] et vendeur
comme produit.
Voilà, je l’ai dit pour laisser ma trace.
Vi, vi, il vaut mieux ça que le contraire. Vi, vi,
quoique.
Après avoir faire preuve plus haut d’une grande
ouverture critique d’esprit et désormais d’un égocentrisme démesuré, Jean suit (le
troisième de la bande) le style bon et chaud de l’affublement vestimentaire [3].
.Donc, j’ai craqué sous les menaces d'Emery.
Jean profite (comme les Daltons, ils sont quatre) pour afficher un autre exemple navrant de ce à quoi peu conduire un abus de blogs.
Un jour, à défaut de voir venir mon prince, je
réussirai à construire une note intelligente.
Il est temps que le week-end arrive, il va faire
beau, c’est l’été, les oiseaux gazouillent.
Je me retire, disons, en crabe.
Oui, c’est bien ça, en crabe.
[1] Rayez la mention inutile en fonction de votre chaîne
de radio.
[2] En autant de mots que vous le voulez.
[3] Etant dans une forme olympique, je reste
persuadé avoir titiller votre sagacité.
Non ? Allez quoi ? Toujours pas ?
Style bon et chaud ? Bonnet show ? Non,
bon, laissez tomber.
Quand je vous dis que je suis totalement incompris.
Claude disait d’ailleurs de moi « Il est le
mal aimé, il est ce que les gens veulent bien voir de lui mais personne ne le
comprend ».
De ce fait, je n’insisterai pas sur le titre de la
note.
17 mars 2005
Et toi(le à matelas) ?
« Des p’tits nœuds, des p’tits nœuds, toujours
des p’tits nœuds… » (air connu)
NDLR : Pour la vraisemblance du récit, il est
indispensable au lecteur de relire la phrase précédente en fredonnant l’air du ‘Poinçonneur
des lilas’ de notre ami Gainsbourg (dont tout le monde est d’accord pour dire
que sa meilleure période n’était pas la dernière même si ce n’est pas le débat
aujourd’hui).
Ce fut un grand moment que de s’échiner à réaliser
des petits nœuds sur ces fils de nylon afin que, tel un bel Atlas, je puisse
porter les planètes au plus haut.
NDLR : L’allégorie floue précédente et
totalement incompréhensible n’a d’autre objectif que de prouver au lecteur que
tout auteur qu’il soit, Barnabé a des références mythologiques non
négligeables.
L’auteur me fait aussi remarquer que Atlas n’est
pas ici un recueil de cartes mais le Dieu grec qui s’est fritté la tronche avec
Zeus et qui en a été puni en étant désigné volontaire pour supporter le poids
du ciel –univers-.
Il est vrai qu’en ces temps reculés et, comme
aujourd’hui, il n’est pas bon de contredire le patron, mais ce n’est pas le
sujet du jour.
Dans notre grande bienveillance parentale, la mère
de mes enfants et moi-même, avons gracieusement acheté pour nos chères têtes
blondes des décorations célestes pour leurs chambres.
Le collage des étoiles, lune et petits personnages phosphorescents
sur la voûte de la chambre de ma fille fut aisée.
Encore fallait-il diriger la manœuvre pour que les
étoiles ne se retrouvent pas sur le parquet ou sur une couverture.
Bien plus compliqué, pour l’aîné, il fallait se
moucher.
NDLR : Ne sachant pas comment amener l’inénarrable
jeux de mots de la phrase précédente, l’auteur a pris sur lui de balancer une
phrase débile à portée métaphorique, quitte à ce que les ventes de ses œuvres en
subissent les conséquences.
Il est vrai que l’auteur est buté à tendance
psychorigide.
Pour le fils, ce fut un ensemble de 9 planètes à
suspendre au plafond afin de simuler notre mirifique système solaire.
Pendant près d’une heure (60 minutes, 3600 secondes),
j’étais de mission éducative et particulièrement pénible.
Je hais faire des nœuds. Déjà, pendant mon service
national dans la marine, je trouvais cela foncièrement enquiquinant.
Un nœud pour accrocher le fil à la planète, une
boucle à l’autre bout du fil pour la fixation avec punaise.
2 nœuds doublés par fil (pour plus de sécurité, une
planète sur un crâne n’est jamais conseillé), 9 planètes, soit 9x4 = 27 nœuds.
Je pestais pendant que le fiston sautillait dans
tous les sens autour de moi comme un satellite fou.
J’en profitais pour nommer les planètes, tenter naïvement
de lui apprendre Jupiter et ses consoeurs.
Il connaissait la Terre, j’étais fier.
Enfin, disons que je ne suis pas sûr qu’il ait
compris qu’on était dessus. Chaque chose en son temps et les moutons seront
bien gardés.
68 nœuds plus tard (je suis très maladroit malgré
la finesse enviable de mes délicats doigts), il ne me restait plus qu’à collé le
reste de la voûte céleste composée de 200 éléments autocollants d’une taille
allant de 5mm et 2 cm
J’attaquais un air de Vivaldi en sifflotant afin de
me détendre quand la mère arriva.
L’heure du dodo avait sonné.
Trois claques plus tard, tout le monde dormait.
Je me rappelle avoir été passionné très tôt par
tout ce qui tournait autour de l’espace.
J’eus la phase ‘Préhistoire’ au primaire par la
suite.
J’imagine que ces thèmes sont universels.
Ah, l’espace ! Ah les dinosaures ! Ah la
nature, les animaux !
Et pis bientôt, ah les filles !
(pfff faut encore attendre avant qu’il en ramènent
de plus de dix-huit ans, à moins qu’une baby-sitter, ou une jeune fille au pair
(de lolos).
…
PS NDLR : Afin de permettre aux lecteurs et
trices de passer une excellente journée, nous mettons en valeur l’énormité du
jeu de mots foireux du titre.
Cela vous permettra, lorsque vous croiserez la
prochaine personne de faire le célèbre échange digne de Jean Roucas (un
militaire humoriste) :
- Comment vas-tu (yau de poêle) ?
- Et toi (le à matelas) ?
Et bien entendu, les plus affinés d’entre vous auront
distingués dans le titre les mots ‘Etoiles’ et ‘Atlas’.
Je comprends votre mine défaite face à un tel
déferlement d’humour tapageur.







