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Discussions avec torts et travers

28 juin 2005

10 garçons dans le vent

Comment revenir aussi vite sur l’édition 2005 de notre week-end beauf bière foot et tout ce que vous voulez.

Dix trentenaires plus ou moins frais qui se trouvent ou se retrouvent autour d’une jolie maison au cœur de la campagne normande, ça ne peut être que particulier et rarement commun.

Du départ de la rue d’Amsterdam de Paris à 17h15, jeudi dernier, où tout ne fut que déchaînement et fureur jusqu’à la route de Dreux à travers les flots célestes. Nous surnageons, passant de murs liquides aux rivières des caniveaux ; les gerbes d’eaux fusent dans tous les sens, fontaines, cascades qui descendent des ponts, gens qui courent détrempés, files d’attente le long de rares abris.Il est 17h30 au début de l’été et la nuit est tombée, nous ne voyons pas à vingt mètres. Et si nous étions partis plus tôt comme il en avait été question ? Ou plus tard comme les autres qui attendaient la fin du déluge dans un coin de la région parisienne. Mais de ces deux heures noyées, je garde ces images impossibles et incroyables. J’y étais.

18h00. RMC Info et Luis nous font le point sur les transferts de Marseille. Amusant que le club du jour soit celui quand nous étions les trois de cœur réunis.

Le ciel s’ouvre enfin quand nous traversons la Seine, annonce que la sortie capitale est proche. Les discours s’allongent, des silences se font tandis que Lio zappe de cd en cd le temps d’attraper des airs. Les vitres descendent régulièrement, il faisait 18° sur Paris, plus nous nous en éloignons, plus nous rejoignons les 30°.

Les routes sont sèches, nous roulons doucement, pas besoin d’arriver en avance, nous sommes les premiers partis.

Limitations de vitesse respectées, nous nous amusons des nombreux radars disposés en ces fourbes endroits.

Dreux, Alençon, Pré en Pail, puis les petites départementales, la déviation qui nous rallonge encore au bout du voyage.

Et l’entrée du village, le terrain de foot. Il fait encore suffisamment jour vers 21h30 pour taper dans la balle.

Trois qui s’entraînent aux passes, aux centres, aux reprises de volée, un concours de coups francs.

22h30. Deux motos se garent derrière la voiture. Nous sommes six.

Retrouvailles, résumé du trajet, de l’orage.

Nous récupérons nos marques dans les pièces du Ménage. J’attrape la chambre bleue, celle avec la mouette empaillée et le petit Velux. Je prends mon droit d’aînesse dans la seule pièce individuelle où je n’accueillerai qu’un matelas au sol d’un autre participant qui aura montré patte blanche.

L’autre partie de la longère, habituellement inoccupée, est remplie d’un couple d’anglais. Petite déception de ne pas se trouver complètement libres. Il suffira de fermer les volets, de ne pas mettre le volume de la chaîne stéréo à plus de 6, de ne pas trop hurler.

Mais après tout, ce ne sont que des anglais…

Et les deux filles ? Celles de la légende, alimentée par Arno et Lio, qu’en est-il alors ?

Contraints d’attendre la voiture qui a géré l’approvisionnement, nous devisons sur le week-end et déballons, préparons les lieux.

0h00. La Xantia se gare, sans un regard pour les occupants fourbus de leurs six heures de route, nous allons à l’essentiel et récupérons nourritures et boissons. Un quart d’heure plus tard, nouveau résumé du trajet, de l’orage.

Nous sommes huit.

La table fait mine d’être mise. La fraîcheur n’est pas suffisante pour les jus mais nous faisons les efforts nécessaires pour supporter le premier apéritif du week-end ( !).

Tout a démarré. Plus rien ne peut nous arrêter, tout s’enchaîne. Tout fuse et l’alcool commence à faire ses effets. Calmement, sereinement.

Et puis il y a le Blind Test qui s’instaure, sorte de Trivial Pursuit musical, comme voilà deux ans.

Les années 80, les génériques TV, pas plus d’une seconde parfois, quelquefois jusqu’à trois, très peu souvent plus longtemps.

Ils sont sept à écouter religieusement chaque aube de titre phare qui nous a bercé pendant nos belles années.

Et puis, le déclenchement, les règles, les points, les propositions, aussi inattendues que justes.

Je restais perplexe lorsqu’une seule note provoquait la bonne réponse. Et je me dis que nos sommes tous marqués par la musique, que notre mémoire est extraordinaire tant elle conserve interprètes et titres de chansons quelque part dans nos limbes.

Impressionnante démonstration, épique bataille se jouant sur des détails.

D’autant que les verres se vident simultanément. J’anime en hurlant de plus en plus et ma voix cassée par la climatisation des déplacements de la semaine se tord en bout de phrases.

La nuit descend sans qu’on regarde les montres. Au terme du concours, la PS2 sort de son carton, d’autres matchs se jouent en attendant les vraies pelouses du lendemain.

Comme à l’habitude depuis plus de dix ans, je vais pisser au fond du jardin aux herbes hautes, je cherche les vaches dans le champ d’à côté, j’écoute la chouette et le piaillement des oiseaux.

Je lève la tête et regarde la voûte que j’attends étoilée, les yeux sans doute vaseux par la fatigue et le reste. Il fait bon, frais, c’est si calme, derrière la porte s’échappent les rires.

Je m’étonne que l’aurore pointe le bout de son ciel, le soleil va venir très vite. Je regarde l’heure : 5h15. Je prends soudainement conscience que le lit m’appelle.

Je ne suis pas le premier, je ne suis pas le dernier. Celui là ira au bout du match de foot virtuel pour s’allonger juste après 6h00.

L’éveil sera effectif quelques temps après, vers 10h30…

Posté par barnabe à 12:55 - WEB - Commentaires [6] - Permalien [#]

Commentaires

  • Ces "soirées" que vous décrivez si bien... sont-elles le dernier refuge des anciens adolescents que nous sommes ?
    Est-ce pour ne pas sentir le temps passer ?
    Pour revivre un bout de liberté ?

    Personnellement, je ne sais pas. Tout ce que je sais c'est qu'à chaque fois, on se raconte les mêmes anecdotes, qu'à chaque fois on en rit, à chaque fois on retrouve cette complicité.

    La complicité d'avant. Avant, quand on "avait le droit" d'être délirant.

    Posté par Emile Jacot, 28 juin 2005 à 13:38
  • Pendant un moment je me suis dit que tu jouais les prolongations de ton week end.

    Je t'imagines en train de hurler pendant le blind test éthylique ! Dr Bar et Mr Nabé !

    Quand à dormir pas loin d'une mouette empaillée, je crois que je préfèrerais rester à boire jusqu'au petit jour. Mais bon... en dessous d'un certain degré de sang dans l'alcool, plus rien n'empêche de dormir.

    Posté par LaVitaNuda, 28 juin 2005 à 14:31
  • Ouh là... je crains la suite...

    Bon courage à ta cheville d'ici la poursuite du récit.

    Posté par Anne, 28 juin 2005 à 15:35
  • Et ben, moi j'aime quand tu écris aussi comme ça.
    Aujourd'hui j'ai passé la journée avec des footballeurs qui ont d'ailleurs gagné le tournoi, j'aime ça aussi, même si je ne suis pas une fan inconditionnelle du foot (bouh honte à moi, autant cacher ma nationalité) he bien, donc, ta note double mon plaisir. Ce sont des moments vraiment agréables. Et la musique oui, assimiler des souvenirs, les revivre ... bouah ça fait du bien.

    Posté par 4, 28 juin 2005 à 16:58
  • Alors quoi, qu'est-ce que je découvre dans ce premier épisode ? Que même un orage façon Déluge digne du Jugement Dernier ne vous a pas dissuadé, tel un crucifix devant un vampire, d'aller à votre WEB ? Ouh la la... Je redoute le pire pour la suite des événements ! Et derrière la petite musique gloubiboulguesque des blind tests, je sens monter la fièvre de l'angoisse !

    Posté par Anitta, 30 juin 2005 à 08:37
  • Rép'

    >Emile: C'est un peu tout cela et beaucoup d'autres choses à la fois. Pour ne pas tout perdre, c'est un peu utopique mais pourquoi pas. Merci de ton passage et de ton lien.

    >LVN: tu voulais dire: au dessus d'un certain ° d'alcool ? Rassures moi !

    >Anne: Merci !

    >4: accrochons nous à ce qui tient, tant que ça tient !

    >Anitta: Pas d'angoisse, simplement un terreur sourde qui nous fait devenir des vomitos dans l'âme... mais qu'est-ce que je dis moi ?

    Posté par barnabé, 30 juin 2005 à 09:36

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