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Discussions avec torts et travers

30 juin 2005

10 garçons dans le vent (3)

 

Samedi.

Le décollage prévu à 10h00 fut reporté à midi pour raisons de mise au vote de l’activité plagiste du jour. Le ciel était plombé comme la Normandie ou la Bretagne savent en créer, ce type de climat dont on sait que le soleil n’ouvrira aucun œil de la journée et que quelques gouttes éparses viendront agrémenter l’écoulement des heures.D’un ‘shit global à la météo’, nous partîmes le cœur au vent en direction de la baie du Mont St Michel.

Et d’un saut, je m’installais dans la 307cc avec Rico et Arno. Cédric décapotait en tout bien tout honneur et malgré la voûte grise, nous prenions l’air, fiers comme de jeunes petits branleurs, clignant de l’œil aux mamies au cabas et papys aux chapeaux paillés.
Le long des départementales, les coiffures au vent ou ce qu’il en restait de mon voisin, nous devisions en pleins courants d’air. Le décapotable, c’est bien, mais moins à l’arrière. Mais peu importe, la joie non retenue de gober les moucherons normands dépassait la fraîcheur de la situation.
L’autre véhicule, familial, plein comme œuf où s’entassaient les six autres, naviguait pénard le long des maresaux canards. 

J’imagine que si le temps avait été clément, nous aurions sauté sur le sable pour taper dans la balle avant de piquer une tête dans la marée basse, mais la première impression en sortant des voitures fut cette terrible faim qui nous tenaillait.

Des moules frittes s’imposaient, avec un petit cidre brut fermier, quelques bulots de gauche à droite et Caroline la serveuse.
Et je lui tire mon béret à la jeune fille car manager dix gars relativement dispersés sur une terrasse, ce n’était pas évident.
A force de négociations âpres, elle nous proposa enfin des solutions de soirées sympathiques régionales. Le fait que Marco lui ait été présenté comme allant se marier le lendemain a facilité le transit verbal.
Allez savoir pourquoi mais elle nous conseilla de la rejoindre à minuit avec des amis à elle dans une boite, dont elle ne précisa qu’elle était homo qu’après le déchaînement de notre enthousiasme.
« Mais la boite accepte les hétéros » ajouta t’elle.
Tu penses, dix gars aussi séduisant que nous, j’imagine bien qu’on nous laisse entrer, de là à nous laisser sortir, nous restions perplexes sur notre état frileux à expérimenter certaines découvertes de la vie.
Nous gagnions quand même un petit calva pour la route offert par le patron.
 

L’après-midi bien entamé, il était temps de courir sur la plage.
Le temps de dessiner un terrain, de mettre des morceaux de bois pour les buts et la partie pouvait débuter. 

Quelques temps après.

J’aurai du prévoir, avec mon expérience, que l’autobus qui m’explosa la cheville gauche nue de chaussure sur un contact somme toute physique, était évitable.
Mais les surcharges pondérales aidant, les systèmes de freinage ABS étaient défaillants. Je pris donc
80 kgde barbaque sur la malléole, distordant ainsi le ligament externe.
Après une roulade nécessaire puis une tête dans le sable pour exprimer ma douleur, je symptomatisais déjà l’entorse évidente quand l’œuf gonflait à mon pied.

Avec l’ami Lio, je descendais la ‘tain de plage vers la mer qui n’avait pas oubliée d’être complètement basse pour m’emmerder jusqu’au bout d’une longue marche.
Je tâtais l’eau avec amertume sachant que mon activité sportive du week-end venait de s’achever en débarquant ici.
Mais mon premier bain de pieds était agréable et le show devait go on. 

Quelques parties de tarots en attendant la percée de l’astre qui ne vint jamais.
Je m’écartais un peu avec mon extrémité patatoïde auprès de Lio avec qui commençait une discussion qui allait durer jusqu’à très tard dans la nuit. 

Il y a des moments comme ça, des instants à part, étranges, plus vrais que d’autres.
Il était d’abord question de choix de vie, de raisons et de conséquences et d’un premier bilan.

A 30 ans passés, il n’est plus ridicule de faire le point sur nos vies, quelles qu’elles soient. Célibats, mariages, enfants, expériences, amis, amies, travail, buts, visibilité, changements, variation d’un thème, objectifs, peurs et inquiétudes. 


Le temps de rentrer, de servir la glace dans les verres et sur la cheville et le barbecue se mettait en place avec les trop nombreux apéros de la soirée.

Posté par barnabe à 09:27 - WEB - Commentaires [7] - Permalien [#]

Commentaires

  • L'avantage c'est que tu as dû être dispensé de vaisselle, non ?

    IL n'est jamais ridicule de faire le point sur nos vies, même à 5 ans, à bien y penser. Même si on a de plus en plus de choses à dire avec le temps qui passe !

    Bises de soignage de cheville !

    Posté par Anne, 30 juin 2005 à 10:24
  • et vive la trentaine.
    (dommage qu'on soit beaucoup plus fragile qu'à 20 ans)

    Posté par Jid, 30 juin 2005 à 11:33
  • le truc, c'est d'arriver à boire un bon litre de flotte avant d'aller se coucher.
    C'est pas facile, mais comment ça évite bien le casque à pointe du lendemain !!!

    Posté par lalune, 30 juin 2005 à 13:04
  • Damned, te voilà hors jeu pour la reprise du championnat !
    Je compatis sinçèrment à ton sort et à ta déception tout en me demandant comment tu t'es débrouillé ensuite pour la soirée boite de nuit avec une papatte endommagée.
    Prochain épisode ?

    Posté par LaVitaNuda, 30 juin 2005 à 14:53
  • Je serais prête à me péter une cheville pour un barbecue.
    'tain faut que j'arrête la bouffe saine moi.

    Un Barnabé cassé se fait-il chouchouté par ses potes? Une infirmière peut-elle se cacher sous un torse viril et velu? ( et si oui, se cache-t-elle derrière le cochon qui roupille ? )

    Posté par oo000oo, 30 juin 2005 à 17:16
  • Pourquoi quand je te lis j'ai toujours envie de partir en vacances ? Ca c'est de la provoc' moi je dis !

    Posté par sush', 30 juin 2005 à 23:05
  • Rép'

    >Anne: C'est vrai, rien n'est ridicule pour faire ses bilans. Et pour la vaisselle, ben, même pas.

    >Jid: Je me faisais aussi des entorses à 20 ans. Va comprendre !

    >Lalune: solution retenue par l'un d'entre nous, je crois que ça a marché.

    >LVN: Boire pour oublier...

    > oo000oo: certes, j'avais des infirmiers nus sous leurs shorts, mais je t'avoue que l'automédication était recommandée !

    >Sush': M'en parle pas, c'est pareil quand j'écris !

    Posté par barnabé, 01 juillet 2005 à 11:18

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