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Discussions avec torts et travers

10 juillet 2006

Kronique N°44 – Sobre comme un supporter

Le supporter est frivole, et souvent de mauvaise foi. Sinon, à quoi cela servirait d’être supporter ? 

Il lui arrive également d'user de grossièretés mais il est des temps difficiles où on lui pardonne.

En fait, malgré le mérite, la volonté l’abnégation et le talent exprimé depuis quinze jours, la France a été rétamée au plus mauvais moment.
La Desch’ disait qu’une finale, ça se gagne (la Desch’, c’est Deschamps).

Lorsque que le journaliste demande à Raymond, encore tout incandescent de la séance de tirs au but, s’il était satisfait du parcours de son équipe malgré le résultat, Raymond répond sans hésité que ‘c’est bien français de se satisfaire d’une défaite’.
Non, Raymond ne peut pas être content de perdre en finale, même si le pays a éliminé l’Espagne, le Brésil et le Portugal en ayant poussé l’Italie derrière ses derniers retranchements de polenta asséchée.

A côté de cela, l’Italie, quadruple championne du Monde (ça fait quand même un peu mal au cul) a combattu l’Australie, l’Ukraine et l’Allemagne comme seul combat réel.
Quand on parle italien, on loue Buffon, Cannavaro, Pirlo, Gattuso. Où sont Del Piero, Totti et cie ? 

Mais l’Italie a gagné comme la France a vaincu les lusitaniens, sans briller, en assurant l’essentiel.

Donc, l’Italie est un beau champion qui respecte ses valeurs ancestrales de catenaccio. Et c’est tout.
Les meilleures équipes allemandes, italiennes, brésiliennes ont perdu plusieurs fois en finale pour obtenir les étoiles.

La France rentre donc dans le rang des équipes potentiellement capables de remporter la timbale, il faut simplement le temps de rattraper le retard de presque un siècle, en espérant que les autres ne marqueront pas tant de points.

Mais non, ce n’est pas satisfaisant de perdre en finale. Le parcours, je m’en tamponne le coquillard, je m’en bats l’œil avec une pelle à tarte. L’Italie n’a pas fait un beau Mondial mais a gagné. Va bien falloir apprendre à renforcer les tibias de Cissé, à faire jouer le prochain Zidane sous Valium, à ne pas sélectionner des joueurs pour qu’ils fassent cameraman (Dhorasoo), à ne plus appeler Sylvestre, à expliquer à Ribéry qu’il ne doit plus admirer ses adversaires, à dire à Henry que le coup de coude dans la jugulaire, il doit le donner avant Cannavaro, à faire pousser la moustache à Raymond car il faisait plus peur avec…
La France invente une compétition et n’est pas le meilleur vainqueur. Chié, merde.

Il faudrait aussi que l’arbitrage vidéo ne soit pas utilisé hypocritement que quand un joueur français fait sa corrida mais aussi quand les ballons rentrent dans les buts. Chié, merde. 

Raymond dit aussi que cela faisait longtemps qu’il avait rayé Coubertin de sa liste personnelle. Quel âne ce Coubertin. L’essentiel est de participer. Et mon derrière, c’est du poulet ?
Dans les sports d’aujourd’hui, le romantisme de la défaite française n’est plus de mise. C’est bon, l’image de la France qui joue bien mais qui perd à la fin, tout le monde s’en tape au 21ème siècle. Chié, merde.

Alors après, il ne manquerait plus que la France joue mal et perde quand même. Si, c’est possible, c’est typiquement français de devoir réunir la fierté du beau geste et l’efficacité.
Par exemple, un tacle doit se faire sans casser la jambe de l’adversaire. Et pourquoi, si le ballon est quand touché en premier ? Chié, merde.

J’avais prévu Allemagne – Italie en finale. Je savais donc bien qu’on n’irait pas au bout, je devais m’y attendre, me préparer un cataplasme psychologique. J’avais raison. Chié, merde. 

Le sport, c’est aussi apprendre à perdre ; cette frustration construit le sportif mentalement et l’aide à refuser la défaite pour la prochaine fois. Ok, pour le sportif, mais le spectateur peut écarteler un supporter du PSG pour se détendre quand même ? Non ? Chié, merde. 

Pourrai-je supporter à la prochaine finale perdue, JP Pernaut, sur une terrasse surplombant des Champs-élysées cyniquement délaissés à 23h (mais JP disait que c’était la fête quand même), interroger des spécialistes du football comme Cauet ou Lorie ? Chié, merde.
 

C’est bientôt la fin des Kroniques. Chié. Merde…

Posté par barnabe à 17:32 - Un match, une bière et au lit - Commentaires [5] - Permalien [#]

Commentaires

  • t'as dit chié merde je crois... il me semble.
    ( t'as raison)

    Posté par Cécile, 10 juillet 2006 à 21:43
  • Vraiment là cela fait chier, merde quoi !

    Si en plus c'est la fin des Kroniques, comment et où va-t-on parlé de rugby ! Flûte, saperlipopette...

    (Tu as remarqué le langage du gentleman qui joue à un sport de ruffian... C'est la différence entre..., enfin là n'est pas le sujet du commentaire, je crois que tu connais la suite, n'est-ce pas ?)

    Posté par Pem, 11 juillet 2006 à 00:40
  • Chié, merde ! Plus de foot!

    Posté par Phany, 11 juillet 2006 à 08:11
  • c'est bien français de se satisfaire d'une défaite? Hum non, en général, ce qui est bien français c'est de parler un peu de l'arbitrage et du comportement anti-sportif de l'adversaire après une défaite

    Posté par raph, 11 juillet 2006 à 10:27
  • Rép'

    >cécile: Il faut que je surveille mon langage, c'est un coup à se faire expulser !

    >Pem: Rugby ? C'est quoi ?

    >Phany: Y'en a qui vont faire moins de point de croix !

    >Raph: pas faux non plus dis donc !

    Posté par barnabé, 11 juillet 2006 à 11:03

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