31 mars 2007
Moi(s) et en moi(s) - Mars 2007
Voilà encore des semaines passées à une vitesse éclairante,
mais sans brillance personnelle.
Mars, en fait, ce serait presque un mois qui ne sert à
rien. Non mais vous avez vu ces giboulées, la neige, les gelées sur les
cerisiers en fleurs ?
Tout ça pour attendre encore un petit peu le vrai printemps
qui réchauffe vraiment.
Alors la soupe se ressert dans les médias. La même,
toujours. Les quolibets, les moqueries, les oppositions stériles, les signes de
cette société décadente qui ne s’élève plus.
Il est bon ton de donner son avis sur la politique. Quel
beau mot bien usée par les chefs de file des grands partis. Dans politique, il
y a peuple. Boudiou, on le saura que
nous sommes le peuple à satisfaire.
Du coup, j’ai repris un Werber pour la route, c’est léger,
répétitif mais je continue quand même. Parce que c’est commencé, parce la
finalité de nos existences laisse à désirer alors autant en trouver une
romancée dans un bouquin.
En en parlant, le fiston lit de mieux en mieux. Il décrypte,
ne comprend pas tout d’un seul coup puisqu’il met d’abord toute son énergie à
reconnaitre les lettres, découper les syllabes, se rappeler leurs sonorités
dans toutes les nuances françaises et les prononcer avec attention. Prononcer une
suite de lettres est l’objectif numéro un, le second vient petit à petit et bientôt
ce sera une lecture plus rapide qui fera d’une addition de lettres, un mot, d’une
addition de mots, une phrase et un paragraphe, une page et cette fierté toute
naturelle qui rejaillira sur ses parents.
Elle, nous montre ses pas de danse, dessine de mieux en
mieux, colorie avec attention, compte bientôt jusqu’à dix et jusqu’au bout de
ses deux mains.
Elle grandit et je perçois une grande sensibilité dans son
caractère. Parce que nous la choyons sans doute trop.
Lui n’a pas eu la même approche de ma part depuis six ans. Il
lui manquera sans doute un peu de confiance en lui mais tout n’est pas fini. Il
me ressemble plus qu’elle.
Il se construit.
Mars ne sert donc pas à rien.
J’ai fait le quiz du Monde aussi. Amusant, peu instructif
mais amusant et pose ses impressions.
En vrac, je serai du Sarko-Ségo-Bayrou. Et il suffit d’un
seul écart sur une question pour changer du Bayrou en De Villiers (il a fallu
que je comprenne cette curiosité d’ailleurs en testant certaines combinaisons).
Me voilà revenant à la politique.
Aussi sûr que je les crois tous aussi irréalistes qu’hypocrites
(ou bien inconséquents, ou alors irresponsables), je n’ai pas de certitude d’urne.
Je ne voulais pourtant pas en parler. Pourtant avant… ah,
autre temps, autre mœurs.
Mais les jeux journalistiques sont pesants.
Bon le gars, vingt ou sept fois déjà devant la loi, est-ce
important ? Comment des millions de gens se retiennent en respectant les
textes et finissent leurs vies sans passer une seule fois devant le juge ?
Bon le gars, passer sans ticket, ouais, ça arrive. Je l’ai
déjà fait. Non sans crainte de me faire prendre et c’est peut-être une
différence : la crainte de se faire attraper. D’autres n’ont plus peur ou
se veulent révolutionnaires en se donnant le droit d’un comportement permissif.
Comme si la révolte passait par là. Comme si c’était le seul moyen de se révolter
contre cette société imparfaite.
Bon le gars, taper sur un agent SNCF. Ok, il vient là se
soulager les envies de milliers de gens mais l’aurions-nous fait pour autant à
sa place ?
Se faire ensuite victimiser par le système… chapeau mon
gars.
Et ensuite, se faire dépasser par le système lorsque les
casseurs habituels prennent le relai.
Tout ça pour ça.
J’ai cru entendre que le gars aurait le bras cassé suite à
l’interpellation houleuse (il faut dire : brutale, inhumaine, injuste, honteuse pour bien passer déontologiquement
dans les médias d’expressions).
Bien, mon gars, je te dis : tant pis pour toi, le
temps du plâtre, tu seras peut-être obligé de ne pas faire le con.
Avril s’en vient. Sur un fil à ne pas découvrir.
Vivement.
Bien à vous.
25 mars 2007
Le Kloug de nos vies
La situation est stabilisée, drôle d’équilibre instantané
qui m’emmène à voir ceux qui restent.
Ce n’est l’image que je pouvais m’en faire il y a quinze
ans mais finalement, tout bien réfléchi sur le reculoir, des prémices m’indiquaient
déjà ce qui serait.
N’empêche qu’il y a celui avec lequel tout semble clair, celui
dont l’absence me manquait sans doute plus la mienne à lui, celui dont j’ai des
nouvelles de vie par mes parents (ce qui est, convenons-en, un signe mauvais)
et bien d’autres qui déménagent, sont à des centaines de kilomètres mais me
paraissent intimement plus proches.
Dans l’équilibre de chacun s’installe ce rythme vital qui
ne tourne plus autour des mêmes planètes. N’ayant jamais été un soleil
Galiléen, j’ai été ce satellite changeant d’orbite au gré de ses besoins,
forcément quelquefois égoïste.
Et puis tout est question de rythme. Vous savez ce rythme que
l’on suit dans les périodes, saisons ? : 10-15, 15-20, 20-25 et un
bon 25-35 qui continue aujourd’hui.
De bilan, je crois pouvoir le construire par tranche de
cinq années. Un jour, je le referai (ferai ?).
Ma vie d’adulte s’est forgée de petites choses jusqu’à
elle. Je rentrais dans ma tranche 25-aujourd’hui. Tout se confirmait avec le
petit lui, puis la petite elle.
Et pendant cet espace temps que je vivais, une bonne
quarantaine de saisons, tout changeait, se nuançait autour de moi. Je m’en
apercevais, je ne l’acceptais pas toujours, je répartissais mes moments avec
mes priorités.
De ces deux groupes qui auraient pu se dissoudre, tout n’est
finalement pas si mal. S’agit-il encore de ces groupes qui ne pensaient dans l’unanimité
ou presque ou plutôt désormais d’une addition de caractères forgés tolérants
qui savent d’où ils viennent et qui essayent de gérer la direction à suivre.
Vous savez que les amis sont importants, que l’amour est
essentiel. Que les deux doivent se maintenir pour pouvoir s’épanouir aussi bien
que possible.
Enfin, c’est un gars qui n’avait pas encore compris qu’il n’avait
plus trente-cinq et qui vient de se rendre compte que dans deux gros mois, c’est
trente-sept qui tapera à la porte.
Et j’aime toujours autant ces moments de pauses que je m’octroie
pour ressasser ces mêmes conclusions, ou presque.
C’est un presque hallucinant tout bien pensé. Un presque
qui fait tout la différence entre la note du jour et ces autres d’il y a un
mois, deux ans…
Petites touches nuancées que l’on tente de poser, de
photographier.
Elle a retrouvé une déclaration écrite que j’avais oublié –enfin,
pas tout à fait-.
Ce matin, j’ai fait une série d’abdominaux (si, quinze, c’est
une série) puis j’ai arrêté grâce à cette force d’auto-persuasion que nous
savons développer pour obtenir la satisfaction de l’effort fourni.
Quarante cinq minutes dans la forêt auparavant me
suffisaient.
Et bien mes muscles circulaires avaient déjà réagi, ils
étaient durs, enfin, contractés momentanément. J’avais beau regarder ma simple bedaine,
pas de changement. Je tâtais. Effectivement, mou dessus, dur en dessous. Comme
un kloug inversé.
Et après ces constatations matinales, comment voudriez vous
que je ne philosophe pas ?
Nos vies, c’est un peu ce kloug inversé. Nous avançons sur
une couche molle, un peu, beaucoup et au dessous, il doit y avoir ce sol dur
qui nous sert de base, d’histoire et qui s’épaissit au fur et à mesure que s’ajoutent
de nouvelles épaisseurs.
Bien à vous.
19 mars 2007
Dans 7,7% de matière creuse
La
blogosphère enfle et on y trouve de plus en plus de tout (au moins).
Ce qu’on y
fait se démocratise et il serait presqu’aisé de se retrouver sous les flashs du
Loft-blog avec une vidéo, un concept, une bonne idée.
De là à
durer et d’y faire rimer le mot qualité…
Bref, trois
ans et demi.
Et oui, en
ce moment (contrat à durée indéterminée), je ne lis qu’à peine les voisin(e)s
du coin et d’ailleurs.
Et oui, je
ne commente pas, ni le mien, ni un autre.
Le choix
d’une note déblatérante de temps en temps est un minimum que j’essaye de
respecter. Alors pensez donc, tout le reste…
Noyé dans la
masse des autres, ce blog est.
Sur un bout
d’iceberg temporel émergé ce blog tient.
Bien à vous.
PS :
Sinon, ce matin, il y avait de la neige.
17 mars 2007
Des faux et des vrais
C’est insupportable qu’on se fasse parler dessus derrière
son dos. Et par sa femme. Et à cause d’un fourbe qui nous désigne volontaire. J’vous
jure.
Ok, c’est parti.
Et d’un : Sa capacité à ne pas faire de propositions et
à ne pas faire part de ses envies (à part pour me culpabiliser de ne pas faire
1700 bornes en trois jours entre deux journées de travail de 12h pour aller
dans le Sud voir deux enfants qui ne sont même pas de mon sang se faire
immerger).
La phrase à ne pas poser : t’as envie de quoi pour ton
anniversaire ? (1)
Et de deux : le cordon parental qui n’est pas encore
coupé à 33 ans.
Et de trois : sa non organisation totale qui aboutit à
un bordel matériel insupportable (en fait, ce doit être comme les poissons
rouge, elle n’anticipe pas ses actions). Mieux vaut laisser des tas partout que
de ranger au fur et à mesure (et je ne vous parle pas de son espace privé –le bureau-
sur lequel se trouvent des équilibres précaires incontrôlés).
En fait non, si son espace privatif incontrôlable se limitait
à son bureau, je ne dirai rien. C’est lorsque je ne peux plus ouvrir la fenêtre
du côté de son lit, quand la salle de bain commence à attirer les bêtes de l’Oise,
quand les placards dégorgent de vrac.
Son dicton inconscient : la place de chaque chose est à
l’endroit où elle est posée.
Et de quatre : sa volonté (même pas secrète) de prendre sur elle et de ne pas laisser sortir un peu ce qui la dérange (je ne parle pas forcément de moi là).
En toute modestie, elle n’a pas de réel cinquième défaut.
Enfin, il ne me vient pas comme ça.
Ou alors, ce serait dire qu’elle ne sale pas les petits
plats qu’elle fait.
Ou bien qu’elle est moins insupportable que moi, enfin si ça
se trouve, c’est une méthode pour me culpabiliser et pour atténuer ses quatre défauts
à elle.
Bon, le fait qu’elle ni ne pète, ni ne rote n’est pas un
défaut mais un problème sans doute physiologique.
Ça compte les pieds râpeux et froids ? Non, bon.
Je continue de chercher quand même…
(1) Euh, Anne, je sais ce que tu vas dire : c’est
normal, les surprises… les efforts pour faire des cadeaux… ouais, ben, je voudrais
bien te voir pendant dix ans face à un ‘ben,
ch’ais pas’.
14 mars 2007
Le sexe des filles s'allonge
Mais je dis, alors là, top-moumoutte.
Comme dirait Ségo : mais que demande le peuple ? Hein ?
Alors. Je vous le demande.
Selon la dernière étude, «la
sexualité des femmes s'est diversifiée, avec davantage de partenaires, et une
activité sexuelle prolongée».
Et bien, je suis fier de vous les filles, c’est
bien, on se string la vie, c’est bien.
Et de plus en plus tôt, en pleine parité la stat. Bing.
Bientôt, hop, mieux que les garçons.
Ah oui, et les garçons, toujours aptes à grimper sans même être
amoureux (comme si c’était compatible, c’est bien une idée de fille ça).
11,6 partenaires différentes de moyenne.
4,4 gars dans la vie pour les filles (mais il parait que les
filles ne comptent que les gars qui ont compté pour elles, pas les aventures d’un
soir).
Alors si çà se trouve, c’est plus que les gars. Avec les
filles, on ne sait jamais.
Alors que les gars, hein, si ça dit 15, c’est 15. Les gars, c’est
rationnel, c’est mathématique.
Je vous laisse vous rappeler la phrase de Popeye dans les
Bronzés qui compte au kilo. Si ce n’est pas de l’étude stricte.
Bref, c’est bien joli, ces études.
Joli, joli.
11,6 pour les gars. Ouais, de filles. Dans une vie. Ouais.
Quel est le con qui a piqué ma part ? Hein ?
Parce que là. Bon.
Et si on comptait une partenaire de plus dans le total pour
ceux qui restent avec la même (1 de plus tous les … allez … cinq ans) ? Ça
m’en ferait deux de plus.
Non ? Bon.
Ok.
Sont cons avec leurs études.
13 mars 2007
Orner la métisse d'Ibiza
Intéressant ce reportage sur les dentistes espagnoles qui
viennent sauver les habitants de l’Orne par défaut de médecins français volontaires.
N’empêche que je m’outrais que nous (la mère Patrie) n’arrivions
pas à distribuer géographiquement nos forces vives au sortir du diplôme d’arracheur
de dents.
Quand même, aller chercher en Espagne des dentistes.
Je dialoguais avec ma dame :
- Quand même ! Ce n’est pas normal !
- …
- Et puis d’abord c’est où l’Orne ?
- … ?
- C’est vrai ça, c’est où l’Orne ? Tiens, je ne sais pas
où est l’Orne.
- Mais ce n’est même pas un département.
- Si, si, je crois, je verrai bien ça dans le Nord Ouest, du côté
de Caen.
- …
- C‘est fou ça, il y a plein de département que je saurai situé
mais pas l’Orne. Tiens cite moi un département, tu vas voir.
- …
- Ah bah, la Chazal l’a bien choisi son exemple, comment
veux-tu qu’on y envoie des dentistes, on ne sait même pas où est l’Orne !
S’en est suivi un fou rire tout à fait personnel auquel ma
femme ne participa pas tout en me regardant d’un air de dire pas grand-chose,
mais de façon très circonspecte.
Je m’excuse platement auprès des 2600 personnes (en moyenne)
qui se battent dans l’Orne auprès d’un seul dentiste (qui plus est, espagnol). Je
m’excuse auprès des habitants de l’Orne.
C’est les nerfs.
…
Une heure avant le drame, je rentrais du labeur avec une fierté
non dissimulée pour avoir enquêté sur Mélissa et Jamel. Ah parce que oui, il
parait, selon des sources sûres telles que Voici et Closer, que Jamel aurait fait
craqué la nouvelle bombe télévisuelle (c’est TéléLoisirs qui le dit).
Quand même… s’il faut manger du clown pour sortir avec Mélissa
Theuriau… (bref, aucune rancœur dans cette remarque).
J’expliquais donc à ma dame que, oui, des rumeurs parlaient de
cette liaison.
Dans un souci professionnel, que je disais à ma femme, j’avais
étudié le cas Mélissa jusqu’à sa sortie de mer en topless (je ne recule devant
rien pour apprendre sérieusement un dossier).
Devant le regard étrange de la mère de mes enfants, j’ajoutais qu’elle,
elle avait plus de poitrine que Mélissa (il faut toujours dire ça aux femmes, surtout
les siennes).
Par contre, allez savoir pourquoi, dans l’entrain descriptif, je
parlais également du fait que Mélissa n’avait pas encore du avoir d’enfants. La
forme ferme des nénés et tout ça, et tout ça.
Les femmes réagissent mal à ces constatations froides
masculines.
Maîtrisant mon sujet, je disais que Mélissa devait être plus
jeune qu’elle et que ceci expliquant cela…
Pas mieux.
Elle (toujours ma femme, pas Mélissa, je ne mélange pas encore mes Springles avec Mélissa) vérifiait l’âge de la méchante dans TéléLoisirs :
- 28 !
- ah bah tu vois.
- ben ça fait pas une grande différence.
- … quand même, 5, 6 ans, presque l’âge que tu avais avant d’avoir
des enfants.
- ça fait pas longtemps quand même.
- … (un silence vaut mieux qu’une insistance)
La discussion s’est conclue avec l’âge des premiers rapports,
je n’ai toujours pas compris comment.
Je me demande si ma femme aime la nouvelle vague
journalistique.
Je vais dans l’Orne et je reviens.
Bien à vous.
12 mars 2007
Foulé de l'oeil
Lorsque j’ai achevé Dans
la Foule de Laurent Mauvignier, je crois que j’ai été pris de court avec
cette drôle d’impression que le roman n’avait pas encore commencé. Ou tout du
moins que je n’étais pas entré à l’intérieur tel que je l’aurai dû.
Le style m’a perturbé, très précis, pointu et descriptif sur
les lieux, les sentiments, les personnages traversés. Descriptif au point de me
demander comment il était possible de commenter toutes ces situations avec tant
de réalités, de références et d’anecdotes.
L’histoire est transposable.
Il s’agit là du drame du Heysel mais ce pourrait être un
attentat dans le métro ou -plus simplement- une voiture conduite par des
imbéciles qui termine sa course folle dans un abri de bus où attendent ces gens
qui n’étaient pas là pour mourir.
Des exemples comme le Heysel, il y en a plein les faits divers
où des vies sont percutées, tranchées, bouleversées.
Dans la foule est l’exemple
d’existences qui ne seront plus comme avant après, qui ne seront pas comme
elles auraient dû être.
Je ne sais pas pourquoi j’ai eu tant de difficultés à lire le
livre.
Pourtant, il y a bien des thèmes abordés et des héros malheureux,
bousculés, qui m’allaient bien.
Il y avait même ce parfum d’Italie que j’imageais parfaitement
dans le récit, tant il ressemblait à ce que je connaissais de l’Italie.
Ah oui, je parle là d’imagination, c’est peut-être cela qui me
manquait dans ce livre. Il laisse moins de place au lecteur que d’autres. La
réalité apparaît sans effort personnel, sans interprétation, tout est si
précis.
Pourtant, après le dernier mot, j’avais quand même envie de connaître
la suite.
Il est de cette fin comme un autre départ en fait. Parce que
Jeff, c’était sans doute celui auprès duquel je me sentais le plus proche.
Vous savez, l’identification automatique que l’on recherche
dans un livre.
Il faudrait pratiquement relire le livre, prendre des notes au
crayon sur certains passages, placer des post-it sur certaines pages, revenir
sur des extraits trop vite avalés.
Il y a des livres comme ça.
Bien à vous.
09 mars 2007
Faire la pause
C’est presqu’une aventure à chaque fois, des occasions dont
on se souvient toujours.
Ils étaient tous beaux sur l’avenue de Suffren, à trois
minutes de pas rapides de la tour en bas résilles, en bons cadres presque
dynamiques, en grandes personnes, en adultes.
Un par un arrivant face au pont Alexandre trois.
Le premier déjà en place, celui est chef de projet chez un
incontournable de l’informatique, et le second. Je suis celui-là, j’arrive
d’une allée adjacente ombrée d’arbres, près d’une grotte, alors qu’un poc
crânien venait de m’alerter de m’être fait faire dessus par un volatile.
Quelques minutes avant, j’étais sorti par la bouche du RER
C en cherchant le monument des yeux jusqu’à ce détour de rectangle d’immeubles.
Grande comme je ne me souvenais plus, tranchante dans le ciel bleu parisien du
jour.
Le premier, c’était aussi le plus jeune. Peut-on encore
dire ça avec ses trente deux ans. Il y eu une belle nuit pour lui, il me
raconte ça rapidement. Nous faisons le point sur nos blessures de sportifs du dimanche,
nous râlons sur les retardataires, les deux frères, nous restons là, entre tour
et Seine, au soleil, profitants. Il est du 9-2 maintenant.
Nous faisons un résumé sur les autres, ceux qui ne viennent
pas mais que nous verrons.
Le troisième vient enfin. Il était à Invalides lors d’un
coup de fil. C’est l’architecte des Bâtiments de France, ce n’est pas rien. Je
le regarde encostumé comme nous ne l’étions pas dans ce bungalow de lycée avec
vue sur les filles de la cour, écoutant ce prof de français curieux.
Il est de ma génération, de la 71, de ma ville, de mon
histoire, plus encore que les deux autres. Et malgré tout, il y a toujours
cette petite retenue entre nous. Ce fin espace s’est déjà effacé de nombreuses
fois lorsqu’il fallait causer, partager vraiment, presque sérieusement. Sorte
de barrière éducative qui doit venir de moi avec mes putains de distances. Il
faudra que je lui en parle.
Il est maintenant de Cahors ou de Toulouse ou même
d’Aurillac.
On se charrie, on se secoue, se moque.
Le dernier a toujours tort, ce sera l’apéro. Il arrive bien
en retard le petit frère du troisième. Enfin, peut-on encore dire ça, avec ses
trente deux ans aussi. Sobrement habillé mais avec l’air de sortir presque du
lit, il court comme sa vie. Il valide pourtant sérieusement de labels nos étals
de supermarché. Il est de Nantes maintenant. Il est chargé comme s’il était
entre deux rendez-vous, comme s’il travaillait.
Nous étions là comme si nous travaillions tous, comme si
notre vie avait évoluée.
Le temps s’arrêtait presque comme nous cherchions une
brasserie dans le coin.
Quatre gars, deux couples en files se racontant ces mois
durant lesquels nous ne nous étions vu que par mèl ou téléphone interposés.
Oh temps suspend ton vol l’espace d’un déjeuner sur le gros
pouce.
Nous avons tous levé la tête vers la dame en fer, nous
avons tous dit que cela faisait longtemps que nous ne l’avions pas vue. Le
premier se rappelait de ses visites avec deux conquêtes, l’un partait en
enfance, l’autre je ne sais plus et je me disais que l’alliance était belle au
troisième étage d’une nuit de mai.
A la première terrasse venue, nous nous posions au soleil
de mars. De l’autre côté de la rue, il y a un stade avec des matchs et des
coups de sifflet. On nous appelait. On en rigolait.
Le temps de déplacer une touriste au pédigrée allemand et
de se libérer deux petites tables rondes, nous nous installions.
A mi-journée et treize heures passées, nous essayons de
commander l’apéro. Mais il en manque toujours un, au téléphone, avec une collègue,
avec peut-être la sous-préfète, avec un des autres de la liste.
Quatre demis sont la solution universelle.
Un hachis, deux salades auvergnates et un pavé frittes. Un
pichet. Quatre mousses et quatre cafés.
Nous essayons de nous accorder définitivement sur le web (week-end beauf) de l’année. Ascension, fête de la Musique ou que sais-je.
L’un sort son planning de ministre, quatre feuilles pour
autant de trimestres, l’autre dit que c’est encore lui qui fera le plus de
route pour venir, le troisième mange. Je m’amuse simplement.
Nous ne parlons même pas de notre vie, du travail et de ses
soucis, des enfants. Non, nous grivoisons des filles qui passent et de celles
qui sont passées il y a longtemps. Nous prenons quelques photos.
Je lui dis que c’était drôle, qu’il ne voulait pas, avant,
se faire prendre en images alors qu’il s’y prête désormais avec plaisir. Comme
si le temps qui passait créait d’autres besoins ou comme si nous étions
capables de changer en quinze ans.
Nous dissertons musiques, films, de Scarlett Johansson.
Nous parlons un peu des autres, de ceux qui vont venir se retrouver en
Normandie cette année encore.
Sans jamais trop se répéter, en mélangeant le passé, le
présent et le bientôt, comme si nous avions réussi à ne pas s’ennuyer ensemble
de façon à se créer ces liens qui s’écrivent en souvenirs.
C’est un signe non ? Ce n’est pas si facile de
s’accrocher tous ensemble sur des points de passage, se marquer des repères,
avec toutes ces années depuis l’école primaire, avec ces déménagements, ces histoires,
ces filles, ces enfants…
Nous râlons encore, nous nous charrions toujours.
Nous parlons même du Maroc ensemble, avec nos femmes, comme
si c’était possible, une semaine à ne rien faire qu’à ne rien faire. Ce serait
bien possible. En tout cas, ça ne gâche rien d’en parler encore.
Il y a tous ces sujets qui me trottent dans la tête et que
nous n’avons jamais le temps, l’occasion, le bon moment d’aborder, ces
impressions qu’il reste toujours des trucs à faire, à dire.
Que tout va trop vite ou presque.
L’astuce est peut-être cachée là. Nous acquiesçons lorsque
l’un dit qu’à la fin de ces week-ends annuels qui durent trois ou quatre jours,
quelquefois moins, nous sommes tous partagés entre le enfin et le déjà quant à
définir le retour aux bercails. Contents et mécontents que ça se termine,
heureux et malheureux de retrouver la vraie vie.
L’heure arrive, l’un sait qu’il doit reprendre le train
pour le Cantal, l’autre se sait déjà bien retard mais n’en dit rien, le
troisième a le temps comme nous avions tous le temps avant de faire ces devoirs
que nous finissions à l’aube du dernier jour. Et je suis simplement content de
ne pas avoir raté ça. Je me fous un peu du boulot, je reviendrai quand je
reviendrai, je finirai calmement L’Equipe dans les transports.
Nous repassons près de la grotte, derrière un des pieds
massifs de la tour.
Il parait qu’elle
s’enfonce… Oh j’ai vu le docu-fiction dernièrement… Ouais, des marécages… Dire
qu’elle a failli être démontée… T’as qu’à mettre ta main en dessous pour voir
si elle s’enfonce… et les noms gravés au premier étage… Lavoisier, Cuvier, tous
connus et Chasles… c’était qui Chasles… ah ouais le théorème… y’a même des
footballeurs, y’a Lalande…. Pfff….
Nous nous prenons encore en photos, ensemble, à bout de
bras puis par bras d’un homme qui passait.
Nous étions de ces touristes, autour de la Tour Eiffel, premier monument visité du
pays, qui l’immortalisait.Pourtant, sur la photo, le plus important n’était pas la
tour.
On s’embrasse pour se dire à bientôt. Deux vont vers le
Champs de Mars, deux vers la
Seine.
Nous n’avons plus rien à nous promettre que ce samedi là.
C’était il y a quinze bonnes années, sans doute un
printemps, nous avions plus ou moins quitté le lycée, avec déjà plus de dix ans
derrière nous ; nous étions assis sur de l’herbe au bord du terrain de
foot.
A cet endroit disparu sous ces nouveaux espaces
résidentiels déjà fissurés, nous nous étions promis, à quelques uns, de nous
retrouver au moins une fois par an, pour ce week-end entre gars, pour être sûrs
de ne pas se perdre. Parce que ça serait trop con.
Peut-être était-ce ailleurs, plus tôt ou plus tard mais
j’aime bien cette image.
La date est dans tous les cas fixée, ce sera pour fêter
l’été.
04 mars 2007
Moi(s) et en moi(s) - Février 2007
Pour un peu et ce blog ressemblerait
de nouveau à ce truc alimenté presque quotidiennement. Dites donc.
Février avec l’objectif de fin de mois
en toile de fond. Février doux qui est passé comme une flèche, toujours le
boulot avec un long projet en phase d’aboutissement, une ambiance et des
départs de collègues.
Puis les vacances, enfin. Déjà passées
devrais-je dire.
Et attendre de nouveau le 14 juillet.
Bon, février et la classe politique
qui signe des pactes comme elle ferait des passes gratuites auprès des
influents. Soi-disant influents, chasse, pêche et tradition. Tout est bon à prendre
pour faire du grignotage de voix.
Cet espoir sourd de ne pas voir quelques
extrémistes dans la campagne.
Il y a plein de petites choses comme
cela.
Et puis, entre une oratrice qui ne
sait pas faire de l’expression libre et naturelle quand l’autre professionnel
de la démagogie (négociée avec le budget des Etats-Unis au moins), ça renifle le
vote blanc au second tour.
Ceux qui traînent dans le coin
pourront se jeter sur l’article phare du Science&Vie de mars : Nucléaire
ou charbon ?
Il apparaît dans ces articles plus ou
moins orientés (la question peut se poser) que le réchauffement climatique ne
sera jamais la priorité du Monde et qu’il n’en restera que quelques penseurs pour
lutter.
Donc, je maintiens cet avis fortement
fataliste que l’Homme devra s’adapter aux nouvelles conditions climatiques, aux
catastrophes médiatiques plutôt que de faire d’un Kyoto une réalité.
Que sont ces signatures sur ce traité
sans la Chine,
les Etats-Unis et l’Inde qui décideront de l’avenir de la planète. Le modèle
économique mondial à court terme n’est pas fait pour les visions de milieu de
siècle.
Je n’en suis même pas triste.
Les enfants dévorent la série ‘Il était une fois l’Homme’ depuis quelques semaines. C’est toujours aussi instructif. Il y a également dans les épisodes ce côté effrayant d’une Nature humaine qui s’exprimera toujours hors de sa bonne conscience.
Le film drôle du mois de janvier, c’était
« Nos jours heureux » avec Jean-Paul Rouve.
Quelques souvenirs des colonies, un
bateau en bois construit dans une grosse écorce de pin près de Briançon, un
tournoi de tennis-balle en mousse gagné, une insolation, une jolie mono, mais
cette drôle de solitude, à chaque fois, sorte d’asocialité naturelle qui s’exprimait
déjà.
9 « notes » en 28 jours,
février est parti.
Mars est déjà entamé et il ne fait même
pas assez froid pour ses giboulées.
Ça repart quand même…
02 mars 2007
Interlude - Jour 6

Nous n'aurons attrapés le soleil que trois ou quatre heures dans la semaine. Pourtant rompus au climat picard, force est de constater qu'une pluie-neige mêlée et incessante sur 48h est impressionnante. Ou, comment assister en six jours à l'arrivée de l'hiver et de son manteau blanc et à son départ avec la fonte qui transforme les calmes rivières en torrents nerveux.
Bon, c'est gentil tout ça mais l'essentiel est ailleurs, y'a Scoubidoo qui va commencer après Titeuf dans Debout les Zouzous.
Bien à vous.

