Discussions avec torts et travers

20 juin 2007

File au sophisme 2

Hier soir pendant le Grand Journal (C+).
Elle se dirigeant vers le salon.
Moi me dirigeant vers la cuisine (si, ça n’a rien d’étonnant)

Moi : N’importe quoi la question d’Ariane (Massenet) ! Elle demande à Tony Parker s’il est stressé par son futur mariage avec Eva Longoria. N’importe quoi, comment tu peux être stressé si tu te maries avec Eva Longoria ? Même si c’est une naine.
Elle : Enfin quand même, avec une belle femme comme elle, ça peut être stressant.
Moi (la tête dans le frigo) : boh, tant qu’il la nique.
Elle : … !
Moi : oh pardon, je me suis mis en mode : Web (week-end Beauf) sans m’en apercevoir ! Oh vraiment désolé. Disons que l’essentiel est ailleurs.

Vous voyez, à la veille d’un long week-end entre gars, ça s’appelle une sortie de piste.
Rien d’anormal, l’accident de parcours, une sorte d’Ayrton Senna du vocabulaire de couple. Vous comprenez, la tension à l’approche de se retrouver annuellement entre potes de trente ans, le désir d’être prêt, affûté, précis, vif dans la retournure, dans la galéjade.
Chaque fois, à la fin de ces moments de retrouvailles commence l’entraînement pour l’année suivante, la préparation psychologique, l’étude de ses ratés pour mieux figurer douze mois après. Surtout ne pas trop écouter de U2, quelques New Year’s Day, un With or without you mais surtout pas de Sunday Bloody Sunday, surtout pas malheureux ! Il faut remonter la machine pour que lorsque la batterie du morceau débutera, ce soit comme la première fois.
Il faut être tendu comme une ficelle de string, frétillant, émoulu, paré pour un démarrage au quart de seconde.

Voilà, tout est en place.
Départ en après-midi.
Souhaitez nous bonne chance.

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19 juin 2007

File au sophisme

Je me rappelle d’un dimanche matin.

Je suis sûr que c’était un dimanche matin puisqu’il y avait Téléfoot. Juste avant, il y a AutoMoto, puis la météo de la journée. C’est curieux comme ces dimanches matins là me reviennent en tête.
Téléfoot, c’est bien pour ces moments là, il n’y a pas grand-chose qui provoquent les neurones, il suffit juste de se laisser regarder par l’écran de télévision.

J’ai bien du rester deux ou trois heures devant le poste, assis sur cette chaise en bois. Il y a eu du mouvement autour pendant cette période je crois qu’ils sont passés et repassés, ils ont été se promener ou ailleurs.
J’étais avec mon verre de jus d’orange sur cette chaise. Tranquille, philosophe traitant de la forme du monde. Sans doute.
Il parait que dans mon étude de l’Univers, j’émettais des borborygmes à chaque question qui frappait ma bulle.
Ils ont du conclure que Thierry Rolland pouvait avoir des effets néfastes.

Il pleuvait un peu dehors, c’était frais lorsque la porte s’ouvrait.
Ou alors il y avait du soleil. Ou c’était la lampe. C’est curieux les effets de lumière.

Il fut possible que pendant mes réflexions (intenses), j’eusse une sensation de résonance intracrânienne avec boursouflures neuronales aboutissant à un léger mal de tête.
Léger, comme la plume d’un oiseau qui virevolte dans l’air primesautier du printemps ou comme la chiure d’un obèse pigeon parisien qui tombe sur le pare-brise d’une Mini-Cooper. Je ne sais plus. 

Puis tout est redevenu normal, je me suis élevé au dessus de la campagne, j’ai fait deux tours sur moi-même, j’ai été aux toilettes, puis j’ai repris une activité normale. C’était déjà l’heure de l’apéro. 

D’aucuns ne comprendraient pas cette capacité que peut développer une meute d’hommes bien portants à prendre de la distance sur leurs vies, sur l’insignifiance du tout et du rien, sur le renforcement intellectuel lié à la sélection naturelle de neurones.
C’est un peu cela et tout aussi à la fois le week-end qui arrive.
Nous allons réfléchir. 

C’est beau un homme qui pense.

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Stylo fuyant

Y’a des fois, je n’arrive pas à ne pas être grossier. Si.
Parce que, Le Pen qui fait la manche pour sauver son parti, cela me fait braire à tendance révolutionnaire.

Lui, petit chef, paternaliste version dictateur, qui manipule les foules à force de grands discours polémiques, n’hésite pas à rameuter les fonds de tiroirs afin d’enrôler de nouveau ces célèbres cerbères qui le suivent lors de ses meetings sombres.
Enfin, les foules, il s’agit de ceux qui gardent enfouis des frustrations d’antan, de quelques traumatisés du système et qui voient dans l’icône une sorte de prédicateur dont ils ont besoin pour sauver le pays.
Il ne s’agit pas de ces personnes qui votent FN pour gueuler, le temps d’une élection, sorte d’erreur de parcours.
Il s’agit de ceux qui sont tombés dedans pour des raisons sociales, familiales ou historiques. De mauvaises raisons sans aucun doute pour ceux et celles qui ne sont pas extrémistes (que ce soit religieusement ou politiquement).

Alors ces gens là, qui ont la carte bleu-blanc-rouge, sont capables de donner leurs économies au vieux chef qui ne veut pas mourir, comme on verserait des euros dans le tronc d’une église alors que : Médecins du monde, Unicef, Secours populaire, Action contre la Faim…

Je hais ces extrémistes de tous bords qui ne savent pas faire la part des choses, ces aveugles de la conscience.
Voilés, avec un képi, une kippa ou un drapeau sur la tête. Putain, il faut bien qu’ils portent ces espèces de couvre-chefs comme protection divine et signe distinctif.
Les plus dangereux sont aussi ceux qui sourient sur une affiche. Dents blanches, malgré un œil torve.

Il y a plus d’humanité dans l’œil d’un chien quand il remue la queue que dans la queue de Le Pen quand il remue son œil.
Desproges.

Flûte, me voilà extrémiste dans le rejet de l’extrémisme.

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18 juin 2007

L'aparté familiale

Débarrassés des élections nous voilà.
Nous allons reprendre une activité normale, hors de la défaite de Juppé, des deux tranches de fromage qui se séparent, de cet exceptionnel accès au bon sens des électeurs (selon le PS, un électeur sensé vote la rose), de cette majorité présidentielle clairvoyante (selon l’UMP, l’électeur a voté avec assurance pour eux).

Fini, enfin les reportages sur les plages, les drapeaux bleus, la tristesse des commerces à cause de la pluie en juillet, le catastrophisme des agriculteurs à cause de la sécheresse d’août.
Et bientôt, les râles des blogueurs qui se demandent où sont passés les autres blogueurs, la diminution des rythmes de vies. L’été arrive.

Les fêtes d’école de fin d’année, les spectacles de danse, les compétitions de sport, les kermesses.
Alors donc. Samedi soir, c’était le premier spectacle de danse de Petite Elle (les filles font de la danse, les garçons font du judo –mais les papas espèrent qu’ils fassent un vrai sport un jour, comme du football-).
Dans le secret le plus absolu d’une année de répétition d’une salle fermée aux parents, ils et elles ont préparé leurs chorégraphies.

Pour une heure et demie de spectacle, deux passages pour les plus jeunes et le final et une histoire mise en séquences autour de l’ensemble des numéros.
Dans une petite salle de province, les enceintes pulsent du son aléatoire et mal réglé (un peu comme le jour de sa première boum dans le garage avec la vieille chaîne Hifi au volume poussé à fond), les sièges datent de l’après guerre et font mal au cul après vingt minutes, des accoudoirs manquent, tous les matériaux semblent imprégnés d’un autre âge et d’odeurs historiques.
Mais ils ont tous défilés en dansant, plus ou moins en harmonie mais avec motivation.
Des bras se levaient en décalage, des mouvements ne se suivaient pas (tout du moins se précédaient-ils ou se succédaient) mais l’Art, comprenez vous, c’est aussi celui de l’autonomie physique des personnes.
Sympathique spectacle, artisanal fabriqué avec les cœurs.

Au milieu de tout cela, il y avait une petite Pierrote, puis une petite fée qui suivait ses camarades. Je m’étonnais de la voir, de comprendre qu’elle avait appris ces mouvements, je me demandais ce qui passait dans sa tête, à nous chercher dans la salle plus attentivement que pour la somme des gestes à fournir.
C’était une des plus jeunes. Elle se grattait le nez, s’essuyait avec la manche du justaucorps, un rhume ne s’anticipe pas.

Comme le premier jour de sa première rentrée des classes, je me suis aperçu qu’elle construisait sa vie sans nous, par petits évènements.
Lui aussi, dans la journée, s’était évadé avec ses copains du judo pour une sortie à la mer de sable. Lui aussi profite sans nous.

Ça me rappelle mes sorties scolaires, mes occupations sportives du mercredi. Ça me rappelle tous ces moments que mes parents n’ont pas vraiment connu de moi.
Les apartés vont se multiplier au fur et à mesure des années.

C’est vrai quoi, s’ils ont le droit de s’éclater de leur côté, je ne vois pas pourquoi je n’irai pas faire de même avec des copains (voir note précédente).

 

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15 juin 2007

Préparation psychologique

7 gars, 0 fille.

L’organisation logistique est définie. Trois véhicules, un sur place la veille, un autre l’après-midi du mercredi, l’autre le soir du même jour. 

Courses prêtes : jus de fruits, Despé, Guinness, chips, whisky, vodka, caramel, limonade, cacahuètes, coca, purée mousseline, pizzas, paella en boites, merguez et chipo.
En format familial.
Dans le doute, une vieille prune ou une poire (mais avec de la pomme dedans). 

Accessoires artisanaux : ballons, ballon de plage, ballon en mousse, boules de pétanque, raquettes de tap-tap, badminton, mini-ballon.

Accessoires techniques : Playsation2 et PES6 (4 manettes), Wii et Wii Sports (4 manettes et 2 nunchuk pour la Boxe). Caméscope + 1 appareil photo par personne. 

Habillement citadin -par personne- : shorts, tee-shirt, une tenue de boite (genre youpi-cool, la trentaine assumée), 1 jean, 1 sweat, 3 paires de chaussettes (éventuellement réversibles si consommation mal gérée), 5 caleçons (ne lésinons pas sur les caleçons, y’en a qui peuvent terminer suspendus sur des lustres). 

Habillement bucolique par personne : maillot de bain, 2 shorts de foot, 2 maillots de foot (Equipe nationale + équipe de club, ne jamais mélanger PSG et OM), protège-tibia, pommade, chaussures de foot (crampons moulés, l’été durcit les terrains normands), paire de tennis (pour le tennis ballon au dessus du portail des anglais). 

Equipement culturel : vieux Equipe Magazine et vieux France Football, L’Equipe du jour, le DVD de France-Italie 2006, le DVD du montage du dernier web, portable et mini chaîne. Musicalement : du mp3 à gogo, du varié, de l’ancien, du rock, de la variétoche, les listes pour les Blaintests. Jeux de tarot. 

Divers : serviettes de plage, aspirine. 

Voilà, dans une semaine, nous aurons déjà très peu dormi, aurons mal aux cuisses (football, le vrai sport) et aux doigts (football, le faux sport), aurons peut-être mal aux cheveux (à cause que la Normandie fait pousser des trucs à l’intérieur du crâne). 

Prévisions météos du jeudi 21 juin (Eté – Fête de la Musique) : gris, flotte, 16°. Normal, il y a toujours un sale temps le jour de la fête de la Musique.
Pourvu que ça change, ça, c’est encore un coup à être obligé de boire pour oublier.
J-6 avant le drame.

 

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11 juin 2007

Retour informatif

Mon travail arythmique me pose le jour de la St Barnabé (si).

 

Donc, près de 40% des électeurs ne se sont pas présentés aux urnes.
Et il faudrait que ce soit uniquement les découragés socialistes, modémistes et frontnationalistes. Selon les représentants de ces partis, il ne s’agirait donc pas d’un vote représentatif que cette analogie aquatique bleue (vague, déferlement, tsunami…).
Donc, les élections ne sont pas représentatives du véritable choix des français que lorsque son opinion est respectée. Amusant. Enfin, tragique. Que le borgne dise cela en termes franchisés, rien d’étonnant, mais que l’équipe déstructurée de la gauche et que l’étoile l’ampoule filante du centre prennent également les 60% de français civiques pour des imbéciles non significatifs, ça me bouleversifie le cortex.
En gros, quoi que je vote, je ne suis pas un bon représentant. 

En attendant le bachotage commence aujourd’hui et tout un tas de personnes consensuelles vont se servir de l’édition précédente  ‘spécial CPE’ comme niveau de référence. Comme si le bac n’avait pas été offert cette année là.
Courage les bacheliers, dans un mois vous découvrirez que ce n’est que le début, qu’il faut continuer le combat. 

Positivons, pendant qu’un pilote polonais apprenait à voler au volant d’une monoplace de F1, Nadal aux gros bras expédiait un petit suisse en finale de Roland. La France bis de rugby se faisait éparpiller une seconde fois en Nouvelle Zélande. Le sélectionneur dira, 5 gars à l’hôpital pour de multiples fractures : ils se sont battus avec courage. La saison du ballon rond est terminée et ça me manquerait presque déjà.
Il y a désormais cet étrange no man’s land temporel jusqu’au départ des pharmaciens du Tour de France.
Je l’aime bien cette grande boucle, elle a un air de vacances.
Vacances qui vont bientôt se déclencher. 

Allez on y retourne. 

Bien à vous, toujours.

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02 juin 2007

Moi(s) et en moi(s) - Mai 2007

Mai, fais ce qu’il te plait, mais ne te découvre pas d’un fil.
Rhoo l’échange météorologique entre avril et mai. Comme si nous ne l’avions pas vu.
Bon.

Marseille a encore perdu une finale de Coupe de France mais est en Ligue des Champions. Sarkozy est vainqueur logique d’une campagne qui aura donné raison aux sondages et aux polémistes de tous poils. Le temps fut pourri et froid mais bon.
Les Etats-Unis sont bien emmerdés avec l’Irak, dont les habitants sont en peine de pétrole pour leurs voitures (celles qui n’ont pas encore sauté). Ironie d’une guerre coloniale, quand tu nous tiens.
Le printemps réveille encore une fois le Liban avec la guerre civile aux portes. Dis, petit con de ministre israélien, puisqu’aucun média ne le dit, je te signale que le bordel démesuré aux portes de ton pays, c’est quand même grâce à toi.
Bon, le boulot. Comme d’hab. Presqu’en mieux puis mieux en pire.

Vingt-et-une notes. La solitude du lundi de Pentecôte et un costard taillé à Besson qui me trottait depuis un bon moment. La croisette reprend ses cannes de vieux après le festival lustré.
Belle activité de ce blog jusqu’à l’anniversaire. Je serais presque satisfait. C’est bien de s’auto satisfaire non ?

Ah tiens, deux albums achetés.
Je sais, je sais, vous allez dire. Des choses. Mais le gars La tortue, il a vraiment un truc. Sympas mélodies, rythmes variés, pas mal pour un staracadémisé. Même pas honte.

Et je triche, le second cd, il vient du magasin de ce matin et ça ne devrait pas compter pour la récap’ de mai. M’en fous. Un gamin dont on entend de plus en plus causer, le gars à minettes.
Paolo Nutini. Ouais, sacré son, bel album. Et son titre, bien fort, Jenny don’t be hasty, ça accroche bien et me met de bonne humeur.

J’aime mai, je vous l’avais dit.
Mai, c’est le vrai printemps, ce sont les grands week-ends, les filles en jupes, du temps en plus, l’approche de l’été, ma période horoscopique, ça sourit plus facilement.
Je repense à tous les mais d’avant et j’y vois de bons moments.

Juin est là.
C’est la cible des vacances, de l’été, du web, du soleil.
Un petit juin et ça repart.

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01 juin 2007

Le jour d'avant

Vous auriez goûté ce fondant au chocolat, je ne vous dis que ça. Ok, il a été servi avec une louche à démouler mais il avait initialement (à l’origine de la Création alimentaire) une forme de cœur.

C’était avant le drame.

Tout avait moyennement commencé. 5h35, c’est tôt pour la petite souris. Mais c’est l’heure de la prise de conscience lorsque Madame s’aperçoit que la dent de lait est toujours dans son lit Playmobil et qu’elle n’a pas été remplacée par une pièce d’euro. L’oubli du soir, le désespoir de l’aube.
A 5h35, je ne me rendors plus. Lorsque je n’ai pas assez dormi, parce que la nuit n’avait pas été formidable, je suis de mauvaise humeur.

Mais on oublie tout cela, car aujourd’hui (hier), on a trente six ballets. Trente six années comme on peut voir trente six chandelles sur un gâteau.

D’un air à peine immédiat (donc préparé par la mère), deux enfants me souhaitent. C’est bien agréable.
Vient ensuite ce travail qui commence à 7h40 (assis au bureau) et qui se termine à 19h05 (se lever du bureau).
Je reçois un émile d’une potesse de fac, de ma sœur (qui est vieille, elle, avec ces six années de plus). Rien des collègues, normal jusque là.
S’additionnent ce qu’on peut appeler communément les « que des merdes ». Il s’agit de tâches qu’il faut refaire (on est jamais aussi bien servi que par soi-même), de dérangements aussi pénibles que seule ma bienséance naturelle m’empêche de disséminer les auteurs façon puzzle, d’actions de petit chef (le mien) et d’incompétences notoires. Bref, une bonne journée.

Je me persuade qu’il ne s’agit pas de la direction philosophique que peuvent prendre vingt-quatre heures lorsque le sort s’en mêle et s’emmêle.
Il y a des jours comme celui de son anniversaire où l’on souhaiterait, sans esprit capricieux, une pause de
la Nature, enfin une pause dans la nature des autres. Les autres, c’est l’enfer.Mais non. La nature des autres (sans majuscule) est espiègle. 

A 13h, mon cousin, adepte des jeux de cartes et de la vieille prune ne m’oublie pas. Il est vrai que son tour est demain (aujourd’hui donc). S’il ne me rate pas la veille, je ne le loupe pas le lendemain.
A 13h15, c’est un poteau qui y pense. A 15h, je reçois un texto de ma belle-mère. Rendez-vous compte, belle maman m’envoie des SMS. Quel monde de fou. 

Les emmerdeurs s’accumulent à la porte et je tente l’abstraction inconsciente. Faire le vide, se dire que tout va aller mieux, la zen attitude, le vide absolu dans la connerie humaine.
Les heures passent, en plus, trop courtes, bigre.
Je sais que Clint Eastwood est aussi né un 31 mai (Vinvin, t’as vu le signe hein ?). Ça pourrait donner des envies d’Harry ou de duel au soleil.
Je me retiens, à 36 ans, on est sage. Oui. L’auto persuasion existe aussi. 

Ma copine de vingt ans envahie de ses jumelles en bas âges me laisse un message qui me fait sourire et je la rappellerai dans la voiture en rentrant.
Je finis quelques tas et abandonne le reste à
la Saint GlinGlin.  

Juste avant 19h, deux SMS de grands blogueurs devant l’Eternel et bons amis (Anne et Lvn, si vous me lisez, je vous bise). Je dis que c’est bien agréable. 

Je me douche à 20h, bizoute les nains et m’assoie mollement sur le canapé.
J’ouvre deux cadeaux dont un par procuration, deux BDs, un DVD et prévois de faire déjà deux échanges sur trois éléments (un doublon et un mauvais choix). Pas de bol. L’intention compte, bien essentielle, mais il y a des jours comme ça.
Et certaines mauvaises langues diraient des choses. Mais ces choses ne seraient pas vraies. 

De 20h30 à 21h, je patiente calmement. J’attends. La deadline fixée est à 21h01.
Oh bien sûr, je recevrai un message d’un poteau à 21h15 sur mon portable éteint et un texto à 23h15 d’un grand poteau.
Mais 20h56, il n’y a rien que L’EquipeTV qui m’aille pendant que la moutarde monte.
Je numérote à 21h01.

- Alloooooooo,
- Qui c’est ? (voix embrumée)
- Allo, allo, allo, allo, c’est moi (voix enjouée) 

Ton moqueur un poil impatient et curieux.

Une fois reconnu, je vous passe les détails d’une conversation qui aura duré quatre longues minutes pendant lesquelles je demande si tout va bien, je répète qu’il ne faut pas oublier l’anniversaire du cousin à la vieille prune de demain (aujourd’hui), je m’interroge s’il n’y a rien de neuf, je rabâche en m’entrecoupant de ‘voilà, voilà, voilà… c’est bien tout ça’.

Je deviens une fois insistant, rigole, pouffe et même ma Dame se plie en deux sur le canapé. Au bout d’un temps qui me parait interminable je me prépare à raccrocher. 

Et puis, l’éclair. Je ne sais pas de quelles profondeurs abyssales, il est remonté mais il est parvenu à rendre la lumière.
Rendez-vous compte.
Ma belle-mère m’envoie un texto. Ma belle-mère. Quand même.

A côté de cela, malgré les journaux télévisés, la radio, les petits enfants et quoi d’autre encore : ma propre mère a oublié comment, voilà trente-six ans, elle a souffert pour me mettre au monde, qu’il a fallu les forceps parce que j’étais très bien où j’étais, avec mon honnête reconnaissance du ventre (reconnaissance que je pousse aujourd’hui à mimer le ventre de mon père).

Mes propres parents, qui m’ont élevé, m’ont poussé pendant vingt-quatre ans avant mon envol, rendez-vous compte.
Et l’excuse. Ah ben je croyais qu’on était le 30.
Ma belle-mère pense à mon anniversaire et mes parents m’ont oublié. 

Bien entendu, je me moque, profite de la situation allègrement et prépare des tonnes de munitions pour plus tard. Dans un accès total d’égo-logie, je m’aime moi-même.
Avec un petit rictus mesquin, je sais déjà que je les asticoterai dimanche pour le repas qui fêtera également les sept ans de l’ainé. 

Qu’un fils peut être ingrat quand on y pense. Fier de mon ingratitude, je pars à ma couche vers 22h, en prévision de la sale nuit à passer. Parce que le mouffetard tousse beaucoup et nous réveille plusieurs fois et que je serai réveillé avant 6h, ce matin, à cause du chien qui ronfle.
Con de chien. Mais nous sommes le 1er juin, c’est un autre jour. 

A trente-six ans, me voilà plus vieux. 

Le Grand Jacques chantait qu’il est difficile de devenir vieux sans être adulte, aussi, je m’octroie le droit d’essayer de vieillir simplement.

Posté par barnabe à 09:36 - Des aventures trépidantes - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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