Discussions avec torts et travers

26 juillet 2007

La vie des animaux

Les enfants sont toujours formidables. Rien de tel qu’une petite visite au zoo. Et puis, ça plait également aux grands. Le regard d’un gorille, même pas dans la brume, a de quoi faire réfléchir plus d’un humanoïde. Normalement.

Pas forcément créer une once d’intelligence dans l’œil de ce gamin de huit, neuf ans qui balance, avec l’excitation d’un Rambo en short, des croutons secs sur la gueule d’un pélican posé à un mètre de lui sous l’aile émerveilleusement maternelle de ses parents au front bas, mais normalement, un gorille fait lever les neurones d’un Homo sapiens sapiens.
D’autant, que le petit con reculait de trois cent pas si le pauvre oiseau tente d’approcher le bec en quête de mie. 

Mais les miens, mes enfants aux fronts graciles, heureux et intelligents, sensibles et honnêtes envers la beauté du Monde étaient logiquement à s’émerveiller à tous virages fléchés.
Bien entendu, ils n’ont pas fait les adultes en se faisant lécher par des langues râpeuses de girafes ni en se recouvrant les doigts de morve d’éléphants. Il est un fait merveilleux que l’éléphant prend avec sa trompe pour s’engorger la bouche ensuite.

Alors quoi ? Seconde visite après l’an passé de ce zoo, il était retenu les éléphants (donc), le spectacle des otaries parce que Charlie Brown (exemplaire âgé de pisciphile adepte de foot et de bière, j’imagine) rotait dans la figure du dresseur et les tortues géantes.
Enfin, notamment, je vous passe le bestiaire tiré du livre de chevet de l’aîné. 

Bref, nous étions ébahis face aux forces de la Nature, face à la diversité de l’Evolution, face à la beauté du Monde qui courait, sautait, se perchait, s’envasait, criait (avec ses variations techniques faisant qu’une hyène ne crie pas à proprement dit mais hulule ou barrit, je ne suis pas physicien ou bien j’ai oublié).Aussi rares que peuvent être les hippopotames, rhinocéros, ours polaires dans leurs environnements en pleine réduction, la vue d’un troupeau de flamants roses était ravissante. Deux cents pieds palmés (un peu moins peut-être car beaucoup siestaient sur une seule patte) prolongés de couleurs vivifiantes nuancées de rose et de rouge. La multitude était épatante.

C’est ainsi qu’arrivant devant la petite clôture, ma fille dit avec un naturel éblouissant : oh t’as vu, y’a des cannetons !
Effectivement, parmi deux cents flamants roses, il y avait une putain de canne avec ses rejetons qui bouffait l’œil des enfants trop sensibles comme des coucous dans un nid de merles.
Je ne disais rien. Et m’émerveillais devant la famille canard. 

Hélas, Mère Nature est assez susceptible.
Donc, ce fut tout raisonnablement qu’Elle se vengea avec une autre arme ailée, un petit peu plus tard, par le truchement d’un bec d’autruche qui pinça la gamine.
Je retenais mon instinct paternel en ne tordant pas le cou à la méchante plumée, mais en l’insultant allègrement.
Selon la version officielle, ma fille a traversé la savane et a vaincu courageusement mille animaux sauvages (lions, panthères, tigres et donc autruches) sans une égratignure (ou presque).
C’est une aventurière des zoos. 

Passé cet épisode, il est inutile de dire qu’à la question posée au grand garçon à la fin de la visite : qu’as-tu préféré au zoo ? Il répondit : l’enclos des chèvres.

La Nature étant parfois cruelle, nous ne sommes pas repassés devant les bisons. Au cas où.

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25 juillet 2007

Book(ing) Time

L’évidence fait temps. En vacances, on a le temps de flâner, de ne rien faire et de la faire sans aucune honte. Enfin, de ne rien faire, lire, c’est faire quelque chose d’énorme. Je bouquine, je rattrape mon retard (est-il possible d’être à jour en lecture, aura-t-on l’impression à un moment donné d’avoir tout lu ce qu’on a à lire ?).

Une semaine et demie, c’est la moitié, et deux bouquins et demi de parcourus. Le truc, c’est qu’il me faudrait sortir un lit, le mettre dehors, il n’y a que sur un matelas que je suis capable de bouquiner plus de cinq minutes (sauf France Football sur la plage). Ce qui n’est pas trop navrant à me suivre à la trace jusqu’au lit malgré le soleil et le ciel bleu, c’est la fenêtre ouverte sur l’extérieur, comme une impression d’être dans la nature.

Bon le fait est que tout le monde s’en fout. Et le monde a raison.

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23 juillet 2007

Aire de repos éternel

Un car de pèlerins polonais qui se fout en l’air sur la route Napoléon, c’est d’un cynisme à placer dans un nouveau tome des Idées Noires de Franquin.
On voit bien que depuis que Jean-Paul II n’est plus là, c’est le bazar. Rendons-nous compte, des pèlerins qui rentraient chez eux après avoir fait la tournée des monastères. L’agence de voyage sacrée est contente, ils n’auront rien à rembourser aux survivants sur la mauvaise organisation.

Si le chauffeur est également polonais, celui-là même qui a vu la balancelle en face quand le bus a plongé au détour du virage dans un jardin, on va dire qu’il était saoul. Même pas je vous dis, juste ne respectait-il pas la signalisation, juste s’est-il senti porté par des voix impénétrables qui auraient dû éteindre les freins en feu. 

La journaliste polonaise interviewée parle calmement du haut d’un perron d’église de là-bas d’un miracle. Quoi, un miracle ? Vingt-six ou plus de morts écrabouillés ou brûlés, il est où le miracle ?
Ah, parce qu’il y a dans les survivants, les deux prêtres de la paroisse qui a dû mettre en place le voyage. Il est beau le miracle. En gros, traduction : pour survivre il fallait avoir encore plus la foi, fallait pratiquer à donf, fallait être dans les ordres. Sinon, ce n’est pas suffisant pour être ignifugé. 

Le maire désolé qui voit atterrir les bus et camions dans son village se désole et les services publics sont désignés. Pourtant, il n’y avait pas eu d’accidents à cet endroit précis depuis une vingtaine d’années.
Bon, il y a vingt panneaux. Je dis que le gars qui prend son semi-remorque sur cette descente, il ne faut pas le considérer comme un imbécile. Il sait lire le gars. Le gars, il pense aussi que ce n’est pas si terrible et que statistiquement, il a plus de chance de s’en sortir au bout de douze kilomètres que d’éviter une soufflante par son patron s’il arrive en retard car il aura pris la déviation.
Le gars en bus, il sait lire aussi. Mais bon. Voilà.
Les voix du Seigneur sont impénétrables. Pas comme la petite barrière qui longe la route. 

Le gars a qui appartient le terrain au bord de la rivière, il est énervé également, on lui balance n’importe quoi sur la pelouse (que si ça se trouve, il venait de tondre).
L’accident agace tout le monde.
Je ne vois pas là une sorte d’inéluctabilité de la mort mais une conséquence d’une erreur humaine.
La boulette à presque trente morts.
Le ministre veut poser, puisque les contrevenants ne respectent pas les consignes, un arceau de sécurité pour bloquer les véhicules trop hauts. Il faut aussi placer deux gendarmes à chaque virage avec un grand panneau clignotant rappelant qu’il faut utiliser le frein moteur, que l’excès de freinage est dangereux pour la santé. 

Ça m’énerve.
Parce que la fois suivante, ce sera un car de gosses revenant de colonie de vacances.
Ce n’est pas tant qu’un convoi de pèlerin ne vaut pas une tripotée de nains mais je me comprends.
Quand même, des pèlerins, Dieu est moqueur.
Sans compter qu’à cause de l’accident, d’autres autocars vont vouloir faire le même chemin en mémoire des malheureuses victimes.

Je ne donne même pas l’exemple avec mes petits débordements personnels, mes « trop plein » de confiance, mon surplus de confiance, mes risques inconsidérés. Comme si la faute à pas de bol n’était pas suffisante.
Mais là, point de fatalité.
 

Post-scriptum à nos amis de a DDE : placer une petite aire de parking en face d’une sortie de virage ! (sans doute pour que le touriste regarde la rivière et soit aux premières loges pour voir arriver les bus en ligne droite). Quelque chose me dit que vous êtes joueurs.

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22 juillet 2007

Reflex-con

Les vacances, ça permet de se bouger la boite à cerveau. Entre deux grains de sable et le reflux des vagues, il y a la réflexion. Egalement, cela fait des cons pressés. C’était simple, encore fallait-il y penser.

Vous prenez Israël, la Palestine, un bout de Liban et un quart de la Syrie, vous déplacez le tout en plein cœur du Sahara, là où ça n’emmerdera que quelques chameaux montés et deux troupeaux de bédouins qui seront heureux de faire du nouveau commerce.
En terme de répartition de territoires, vous formez un melon coupé en x tranches proportionnelles au nombre d’habitants. A la place des pépins (enlevés avec une cuillère pour faire propre), bien au centre, vous y mettez le Vatican parce qu’il n’y a pas de raison.

Encore que le coup du Sahara, avec tout ça, dans un an, pour reprendre l’expression de Coluche et des technocrates, y faut racheter du sable (mais du coup, on peut rentabiliser le désensablement du Mont St Michel, faut voir à moyen terme).
Pendant que j’y pense, je viens de boycotter le Paris-Dakar, comme quoi, c’est le bonheur là aussi.

Pour l’alimentation en eau, il suffit de prendre quelques oléoducs ou pipe-lines qui trainent par là ou laisser faire la sélection naturelle.
Remarquez, je suis conscient que l’idéal est d’utiliser plutôt la surface du pays soudanais au dessous de laquelle on vient de trouver une énorme nappe phréatique. Comme ça, hop, plus de Darfour, ce sont les délaissés pour compte soudanais qui reviennent chez eux faire un peu l’administration des nouveaux locataires.
J’oubliais, Tom Cruise sera gardien de phare entre chaque barrière de champs de tomates (une fois que l’irrigation sera mise en place, évidemment. Enfin, ça pour les champs de tomates, Tom Cruise pourra y aller dès qu’il fait son dernier sermon). 

Concernant les ex-territoires israélo-palestiniens, nous permettons à la Corée du Nord de faire ses deux ou trois derniers essais de missiles balistiques nucléaires. C’est un accord, après, ils arrêtent. Et une terre bien vitrifiée et bien radioactive doit empêcher d’autres illuminés de se taper sur la gueule pour une brique qui aurait appartenu à l’ancêtre de l’aïeul de celui qui aurait vendu un âne sur une colline.  

Pendant qu’on y est, on enlève les JO de Pékin à la guérilla de Mao en attendant que l’armée chinoise ne prolonge la muraille de Chine vers le bas du Tibet afin de les protéger plutôt que.
On organise des échanges socioculturels entre les jungles colombiennes et les déserts afghans. Pour les colonies de vacances, il s’agira d’imposer des permutations de jeunes texans contre des petits irakiens embrigadés. 

Et enfin, une carte d’identité est crée par hasard à sa majorité pour tout le monde (c’est Gustave Parking qui le dit). Donc, à 18 ans, chacun découvre de quel pays il dépend. Et paf.
 

Voilà l’ébauche.
Je fais une sieste et travaille sur le réchauffement climatique.

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19 juillet 2007

Au bord du port

La   Rochelle. J’ai dû commencer assez jeune, enfin, un petit dix-huit, une année de bac. Il fallu deux jours chez une copine de lycée, oh juste un aparté des vacances en famille avec un poto. Juste une nuit, deux je ne me souviens plus chez elle et ses grands-parents. Juste le temps d’un tour de barque, d’une photo et de la traversée de l’île de Ré en vélo.
Exploit sportif d’une journée avec vélo petites roues et montée du phare du bout en courant. Jeune, j’étais.

La visite de la vieille ville m’avait enthousiasmé, les anciennes maisons, les arcades, les tours, le port des Minimes, les Francofolies, les ruelles et leurs petites découvertes. A un détour, il y avait un musée d’Histoires Naturelles monté artisanalement dans une grande bâtisse, un truc qui n’existe sûrement plus aujourd’hui, que je ne saurai pas retrouver, un musée des horreurs qui n’est peut-être signalé sur aucun guide. 

Ensuite, années en plus, premières vacances à deux, Fouras et ses plages de vase, et le passage par La Rochelle. Je voulais reprendre l’atmosphère, humer l’air.
Encore après, plus loin d’hier, plus proche d’aujourd’hui, retour pour l’Aquarium, pour les enfants.
DSCF2502bLa promenade dans le port, et passer sous la grande horloge, longer tous les magasins qui habitent les arcades. Sur une place, encore un petit concert, à gauche, à droite, des perspectives de rues, des poutres, des corniches, et toujours, le beau temps.
Il fait beau ici, une des villes les plus arrosée de soleil de la côte atlantique. 

Je croise les touristes, ceux d’ici, ceux d’Angleterre et d’ailleurs. Pour un peu, je penserais au quartier latin parisien et j’aime, les vieilles pierres.
Alors, demain, on y passera notre retraite et on maudira tous ces gens qui bousculent notre ville pendant trois mois de l’année, parce que
La Rochelle est encore plus belle en octobre ou en avril.J’en suis sûr.

Et puis, comme je lui disais, c’est vraiment bien, et en plus, y’a des meufs.
Elle dit, quoi ? des moufles ?
Je réponds, non des meufs. Mais elle n’a pas tout à fait tort avec les moufles, à cause que le parallèle. Mais c’est grossier. 

La Rochelle, c’est bath.

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17 juillet 2007

Cas soulé

Il s’agit d’une vaste fumisterie organisée par des générations de parents, peut-être même avant l’invention des congés payés.
Si cela se trouve, cette pantalonnade dure de l’époque où nous portions haut les poils protecteurs jusqu’à maintenant.
De cette organisation mafieuse qui se maintient dans le brouillard de la vérité, il ne reste que : « non, tu n’iras pas te baigner avant trois ou quatre heures, on ne se baigne pas avant que la digestion soit terminée, c’est dangereux ».
Rendez-vous compte !

Nous ne savons d’où vient la légende côtière mais force est de constater qu’elle s’entend partout.
Même sur la serviette d’à côté. Tu parles, il venait de manger trois malheureux nounours au chocolat pour le goûter et la méchante mère qui dit qu’il ne doit pas aller dans l’eau tout de suite car il vient de manger.
Je me suis insurgé. Ce n’était pas un cassoulet de Castelnaudary quand même, trois nounours de rien du tout. Je lui ai dit d’ailleurs qu’il n’y avait pas grand-chose à manger. Des nounours ou des barquettes aux fraises.
J’aime pas les barquettes aux fraises.

Bref, le coup de la digestion, c’est du pipeau. C’est simplement parce que ces millions de parents ne veulent pas accompagner leurs rejetons dans l’eau pendant leurs propres digestions (de cassoulet). Alors il fallait trouver une excuse. Il est vrai qu’il existe une période post repas pendant laquelle l’organisme se concentre sur la transformation de péteux en glucose et cela provoque le coup de barre au niveau de la tête (si, c’est vrai, je vous signale).
En fait, le parent méchant dit qu’il faut attendre quelques heures après le repas car il suppose que le soleil sera moins haut et moins chaud d’où un risque soit disant diminué d’hydrocution.
Ça n’a aucun rapport avec la choucroute.

Donc, j’envoyais sans hésiter le gamin patauger dans sa mare d’eau et d’algues.
Et je réfléchis comme je veux.

De dépit, je me retournais et sortais France Football du sac.

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16 juillet 2007

Dilutions

Quatre heures d’orages nocturnes, le bruit de la pluie sur le toit de tôle ne réveillait que nous. Les éléments se déclenchaient sur la mer et venaient tremper les côtes de l’ile régulièrement. Je n’avais pas besoin de me poser la question de l’étanchéité de toile de tente. 

Deux vieilles canadiennes bleu et rouge nous protégeaient aussi bien que possible en temps sec mais l’eau les perçait aux premières gouttes. A chaque point de contact de l’armature métallique et de la toile, tout s’infiltrait jusqu’à former de petites flaques. Au toit, le montant central nous assurait un arrosage certain. Si les gouttes étaient trop grosses, nous les sentions pratiquement comme filtrée par le tissu, juste ralentie.
Cette autre nuit là, ma mère ne tenait plus de nous savoir sous l’eau et les éclairs, elle envoyait mon père à force d’inquiétude insistante.
Nous, de tente à tente, nous échangions sur la durée qui séparait l’éclair du tonnerre, nous commentions les emplacements de nos fuites, nous rigolions en attendant que tout passe.

Puis, entre deux illuminations, il y eu une lumière plus artificielle. Je revois mon père dans le vent, la nuit, dans la pluie et un éclair, en pyjama et un parapluie inopérant à la main, qui traversait les quarante mètres qui séparaient la petite location de nos emplacements.
Nous l’accueillons de deux têtes justes passées à travers un entrebâillement de fermeture éclair. Rien que la scène était hilarante. Il repartait, puis revenait avec deux casseroles, puis rassurait ma mère une bonne fois pour toute. Nous avions décidé de couler avec nos navires. 

Hier, en causant pendant l’orage, elle me rappelait de nos premières vacances en camping, les premières à deux et cette tempête qui nous était passée dessus, lorsque je sortais pour admirer le feu et lumières sur l’océan et que j’attachais fermement les fils de la tente aux poignées de porte de la R4.  

Alors aujourd’hui, ce fut ciel de traine, gouttes éparses, fraicheur et ballade sur les rochers. Crabes, coquillages et dérangement de petits poissons qui allaient faire quelques tours de seau.
En regardant le large et ces vagues qui éclataient sur le bout de la jetée de roche, je pensais au tsunami. Elle, elle y avait pensé la veille en regardant la plage. C’est curieux ces évènements qui marquent définitivement. Comme lorsque je roule près de la porte de Bagnolet et que je vois les deux tours Mercuriale dressées vers le ciel qui ressemblent vraiment aux autres tours.

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15 juillet 2007

Qui change

Récupération, c’est le maître mot.
Lever, 7h51. On a beau dire, les enfants, c’est formidable, ça change la vie.
Petit déjeuner, puis sieste.
9h45, sortie collégiale au marché. 11h00, sieste. Puis barbecue. Sieste.
Puis rien, rien à penser, juste la plage, et encore se baigner, le ciel gris du matin est parti comme la veille et tout chauffe, d’en bas avec le sable, d’en haut avec l’astre.
Puis le soir, la peau chauffe d’elle-même.

Hier, en empruntant le chemin de sable, il y avait ces trois jeunes et leurs vélos. L’un ne voyait pas grand-chose avec sa grande mèche rebelle. Puis, la petite cahute qui servait de toilettes à un emplacement de camping sauvage était tagué. Même là. Mais là, c’était presque trop gentil, des mots qu’on comprend, des sauvageons qui ne feraient pas de mal à une mouche. Un besoin d’exister.
A leurs âges, je devais déjà venir en vacances avec mes parents et des poteaux qu’ils voulaient bien emmener. Nous étions sages, presque trop mais cela nous permettait d’être libres ou presque. C’était notre liberté, simple.

L’autre chemin de sable, des vipères, tout du moins la légende maternelle l’affirme, c’était ce matin, avec tous ces terrains vides de tentes, ces manques d’enfants. Quasiment.
Avant, après le 14 juillet, c’était déjà plein. Et il y avait des filles dans le coin. Tu parles qu’on jouait souvent à la pétanque.

Ce soir, les enfants mangeaient leurs haricots, madame lisait Fluide Glacial avachie sur le lit (si, j’ai le droit de le signaler car la rareté en faisait l’importance). Je pensais. Avant, à l’heure de la vaisselle, c’était le moment de trouver une excuse, une envie pressante, je regardais par la fenêtre cet endroit qu’on ne reconnait plus et qui accueillait nos toiles et nos duvets. Puis nous sortions vers la plage, faire un tap tap au coucher de soleil.

Je vais chercher l’après soleil.

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14 juillet 2007

Hauts, les ronds dans l'eau

Dix heures et trente minutes après le top départ post nuit d’artifices, nous foulions le sable chaud.
Les bouchons, ça se gère. Le bison futé, j’allais me le faire.
Sur le pont à 3h46, partis à 4h45, et paf, le péage d’Arnouville, on se le bouffe tranquille.

A10 > Péage : 1h15
Il a fallu qu’un crétin se fiche en l’air pile poil devant, rien que pour m’emmerder. La dame d’Autoroute FM le dit avec un sourire même pas compatissant. En fait, bien assise dans son kiosque à radio, elle se foutait de nous.
Si j’étais parti comme à l’habitude, pif paf, l’embouteillage aurait été résorbé.
Là, j’écoute, j’anticipe, je réfléchis, je me secoue la boite à cerveau et un imbécile immobilise deux voies sur quatre en surfant sur son côté de bagnole. Evidemment, il l’a fait exprès.

Evidemment, première sortie après le péage, toutes les gonzesses se précipitent aux toilettes et du coup, la mini-mienne est contrainte de se retenir. De toutes façons, elles sont pénibles les filles.
(Bon en fait, ça a bien roulé).

Oléron nous voici et tous ces abrutis qui arrivent en même temps au pont.
Gris le temps, 20°, MétéoFrance, je te conchiais comme la dame d’AutorouteFM.

Pique-nique à la location au bout du compte.
Gros espoirs pour faire les grosses courses au milieu de l’île en pensant que les stupides vacanciers ont terminé leur transhumance sur ma route des vacances et qui plus est, sur ma route du Leclerc.
(Bon en fait, ça a été).

C’est ainsi qu’à 15h15, nous étions à la plage sous un énorme soleil.
24° dehors et 17° dedans. C’est frais. Dedans, c’est très frais. Mais avec les vagues, on s’y fait.

Bon, désormais, c’est le soir, fait que j’aille doser les pâtes.

Quand je disais que les filles, c’est pénible.

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13 juillet 2007

Presque île

Il y a ce moment où toute la boite à réception se vide, se classe, s’archive. Aussi, lorsque le graveur enregistre toutes ces données. Derniers e-mails.
Il y a ces rangements, les classeurs, les dossiers, la corbeille qui se remplit. Puis, la surface parait anormalement vide, espacée, presque inhabitée.
Les ultimes consignes, conseils, petits mots.
Le soleil brille dehors.
De toute façon, il ne brillerait pas que ça serait quasiment pareil.

Le dernier repas est presque festif, il ne faut pas trop le montrer. La tranquillité, l’absence totale de stress, l’esprit tranquille, apaisé du travail pratiquement bien fait. Le temps d’envoyer balader les impondérables et voilà.
Démarrer, Eteindre l’ordinateur. Joyeux clic. Fermer les placards, le bureau, éteindre la petite  lampe. Fermer la porte à clé. Un regard derrière soi, tout est dégagé.
Un regard devant, a fourmilière s’agite encore un peu. Je traverse, salue l’air souriant, gratuitement.
Bonnes vacances, toi aussi, Oléron, ah, bon courage, bientôt, repose toi bien, presque, bonnes vacances, aussi, Oléron, ah, bon courage, bientôt, repose toi bien, presque, bonnes vacances, aussi, Oléron, ah, bon courage, bientôt, repose toi bien, presque, bonnes vacances, …

Rarement aussi attendues, ou alors, plus les années passent, plus elles m’impatientent.
Préparer calmement la voiture, remplir le coffre mathématiquement.
Se rappeler dix fois toutes les choses inutiles qu’il ne faut pas oublier.

Et bientôt, faire comme beaucoup.
Cela fait une semaine que je prépare le départ, que j’anticipe ce qu’il faut faire, ne pas faire.
Et voilà.

C’est pratiquement parti.
Yeap !

bouch

 

 

 

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