31664222

Discussions avec torts et travers

28 août 2007

Essai décisionnel

Il y a un drôle de syndrome, un réflexe idiot, celui des responsabilités. Plus tu grimpes, plus tu es censé en avoir, en assumer. La dérive commence ainsi, tu commences à t’éloigner de la base qui te paye inexorablement ton salaire. Tandis que toi, tu coordonnes, tu organises, tu écoutes, tranches, arbitres. Un Roi Salomon d’entreprise à ton niveau.
J’ai constaté que si tu te débrouillais correctement (cela veut dire ‘déléguer intelligemment’), tu pouvais bien vivre.

Quoi, que dis-je ? Plus tu aurais de responsabilités, moins t’en ferais ?
Comment expliquer que le travail est différent.
Comment expliquer qu’il s’agit d’un travail quand d’autres triment physiquement. Et pour bien moins.
J’ai des crises de culpabilisation alors je conserve ces tâches que je faisais il y a dix ans. Pour ne pas tout déléguer, pour ne pas laisser tout le rébarbatif.
Mais le syndrome reste là. Je tombe dedans de plus en plus souvent, me laisse aller au confort, à la facilité. Un mèl, une patate chaude renvoyée, c’est plus rapide qu’une réflexion pour trouver la solution.
Savez-vous qu’il s’agit d’une maladie nationale ? Peut-être mondiale.

Mais pourquoi ? Puisque le haut de la pyramide est payé encore plus pour cela, il faut trouver chez eux la responsabilité de cet état de faits. J’ai bien ce mot, responsabilité. Quel sens nuancé. Responsable de quelque chose. Quand j’étais gamin, je n’aimais pas, désormais, je me fais un plaisir d’assumer.
Mais aujourd’hui dans ces organisations dénuées de logique et de bon sens, des gens savent mieux que d’autres, sous ces prétextes amusants : études, expériences, …
Quelquefois, c’est vrai, et il arrive même que certaines personnes sachent s’en servir.
Mais la plupart du temps, le haut n’interroge plus le bas, la décision s’unilatéralise ou même s’horizontalise au même étage.

Pourquoi demander au chef d’équipe ce qu’il en pense ? A part pour prendre le risque de se faire contredire ? De compliquer une situation qu’on pense limpide (logique nous sommes payés pour éclairer de nos décisions et de nos avis nos collègues, ceux qui ne savent pas réfléchir et prendre le recul, logique, puisqu’ils ne sont pas responsables).
Pourquoi le chef d’équipe demanderait à son équipe ?

Pourquoi le ministre demanderait aux spécialistes s’il est possible ou non d’interdire des croisements entre certaines races de chiens ? Ben, non, le vétérinaire ne fait que de vacciner contre la rage.
Alors, de la politique à nos entreprises, nous ne demandons plus trop les avis des spécialistes, c’est chiant les avis et puis ça ralentit tout.
Il vaut mieux une décision irréalisable mais rapide (cela s’appelle la réactivité) qu’une décision lente mais efficace.

Vous voyez, dans une entreprise, il suffit de bouger beaucoup, de prendre des décisions, d’essayer de les assumer et tout se passe bien. Lui, il est actif. Quelqu’un d’actif est bien sûr toujours efficace.

Tout n’est pas si sinistre, il y a pire. Il y a ceux qui prennent ses décisions rapides sans jamais reconnaître leurs erreurs. Et il y a ceux qui ne veulent jamais décider.
Un équilibre entre tout cela et on y arrivera.

 

Posté par barnabe à 10:45 - Critiques faciles... - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

  • Peut-être que les ministres aussi bloguent au boulot ? (Quoi ??!!)

    Posté par Anne, 28 août 2007 à 10:48
  • D'abord, je suis même pas au boulot aujourd'hui !
    C'est pas mon genre de bloguer au boulot. D'abord.

    Posté par barnabé, 28 août 2007 à 11:00
  • Hu hu hu...
    Je constate qu'en France le principe d'incompétence est souvent largement pratiqué. On s'élève dans une hiérarchie jusqu'à atteindre son point d'incompétence (on n'en sait pas assez, ou pas comment faire, ou on ne dispose pas des moyens nécessaires... bref). A partir de là les choses commencent à fonctionner bizzarement.
    Je constate aussi que les critères de décisions ont de moins en moins de lien avec la situation réelle. Si l'objectif est de faire des ronds alors qu'on est experts pour faire des carrés, qu'importe on fera pleins de ronds-carrés qu'on essaiera de faire passé pour le top du top auprès des managers lointains et totalement déconnectés (voir point précedent). A partir de là, les choses continuent de plus en plus bizzarement.
    Devant tant d'errances et d'argent sois disant gagné (mais plutôt gagné à en perdre en fait), voilà la boite bazardée (revendue, filialisée, externalisée, outsourcée... choisis ton mot préféré. Bref).
    Arrive une nouvelle équipe qui décide que c'était de la faute de l'équipe d'avant (zou, dehors), que les chefs d'en dessous sont trop chers et trop vieux et trop nombreux d'autant qu'ils fabriquent des ronds carrés (zou, dehors, pré-retraite, placard... choisis ton mot préféré..).
    Pour innover on décide de faire des triangles, et si possible avec des intérimaires parce que ce qui compte c'est de montrer que ça marche vite et pour pas cher, avant de revendre la boite avec pleins de bénéfices et de s'en aller les poches pleines.

    Alors crois moi, je comprend tes états d'âme, mais face à cette logique profonde qui agite les couches géologiques de toutes les "c'te boite", ne laisse pas tes préoccupations te polluer trop le crâne.

    Posté par LaVitaNuda, 28 août 2007 à 18:04

Poster un commentaire