30 août 2007
Sûre consommation
Je bouge et je mange. La preuve, je suis bien obligé de me
lever du bureau pour atteindre la cantine.
Alors cette campagne fatigante de l’Institut national de
prévention et d’éducation pour la santé sur le manger-bouger, je la respecte.
Se goinfrer de 5 fruits et légumes par jour, pratiquer une activité
physique régulière, ne pas manger trop gras, trop sucré, trop salé et ne pas
grignoter entre les repas.
Et tous les annonceurs qui ne veulent voir ce joli bandeau salir
leur pub se voient taxer de 1.5 % du coût de la dite pub.
En fait, ça me gave (hi hi).
Ouais, parce que dans notre société, il faut désormais battre
les oreilles de tous et toutes avec des tonnes de bon sens. De La Palissade en
tonnes.
Mais les fruits et légumes sont hors de prix. La malbouffe est
moins chère.
Mais la composition des plats cuisinés et celles concoctées
dans les restos (rapides) sont sursalées, sursucrées et surgrasses.
Mais les distributeurs à cochonneries sont partout, et même
dans les établissements publics.
Mais je n’ai pas la
volonté le temps de faire du sport.

Faut arrêter de prendre les gens pour des tanches (mais il ne
faut pas oublier qu’il le sont).
Je ne mange pas entre les repas. Ce n’est pas par self-contrôle
total, c’est par inhabitude. Il n’y a pas de sucreries à la maison ou alors ce
n’est pas plus d’un bonbon par jour (pour ma fille, parce que c’est ma fille).
J’ai fait du sport (si) parce que mes parents m’y collaient,
ensuite ce fut par plaisir d’être entre potos. Ensuite, pour essayer d’appâter les meufs d’épater les gonzesses euh de me
former un corps de rêve (pas mieux).
En gros, le bon sens, c’est l’éducation parentale.
Et puis, certes, il y avait moins de tentations diverses et
variées.
Et puis, si je voulais un crocodile ou un Malabar, je tapais
dans mes économies (pauvres) et je me déplaçais à l’épicerie.
Entre ce phénomène de culpabilisation par rapport à nos
habitudes de vies et l’hypocrisie de la démarche en pleine société de
consommation repue, il faut peut-être arrêter.
Les responsables ne sont plus les mêmes qu’avant.
Un gosse en surpoids à dix ans en 1970, c’était de la faute des
parents (ou un problème physiologique non encore envisagé à l’époque).
Un gosse en surpoids à dix ans en 2000, c’est de la faute de la
société.
Du coup, dès que je vois manger-bouger, je me lève et marche d’un pas alerte jusqu’à la cuisine pour reprendre des pistaches et des Pringles (même que la dernière fois, on a pris des Light).
29 août 2007
Béquille de soutien
L'auteur de cette note décline toutes responsabilités sur la mauvaise compréhension que certains pourraient en avoir (et même si cette phrase n'est pas très intelligible).
Puisque l’Education Nationale apporte un soutien scolaire insuffisant,
bien des sociétés proposent désormais des stages payants, de prérentrée,
notamment.
A côté de cela, il y a les professeurs bénévoles qui se
prennent des heures de colle en proposant cette aide bénévolement. Les demandes
sont trop nombreuses et il faut s’y prendre bien à l’avance pour profiter de
ces remises à niveau.
Tout le monde applaudit avec respect la démarche… plus
volontaire qu’initiée par le Ministère. Dans le cadre du « travailler plus
pour gagner plus », pourquoi ne pas surmultiplier ces possibilités auprès
de chaque établissement scolaire. Il y a beaucoup de professeurs intéressés et
d’étudiants. Pourquoi ne pas instaurer une rémunération spéciale ?
Même si tous les enfants ne pourront y accéder, faute d’enseignants
ou faute de conditions de sécurité dans l’établissement (une école primaire ou
un collège, cela ne doit pas pouvoir s’ouvrir d’un coup de clé mais un
équilibre doit être possible avec toutes ces semaines d’inoccupation dans l’année).
Ensuite, viendront les discussions sur les rythmes
scolaires, les vacances non respectées… bla bla.
Déjà que le pays fait trop travailler ses enfants
comparativement aux autres nations, à moins que ce ne soit pas un problème
quantitatif mais qualitatif… bref.
Ok, le soutien scolaire n’est peut-être qu’un cataplasme sur
une jambe de bois mais en attendant les fruits d’une énième réforme (sans
garantie)…
Autre point. Les associations de parents d’élèves qui n’évitent
pas forcément de s’orienter politiquement (il y a des signes) ne disent pas
toujours de bonnes choses. D’ailleurs, si les parents d’élèves avaient les
compétences des professeurs, cela se saurait. Mais ça n’empêche pas de donner
un avis qui ne doit pas dévier à la critique…
Une association critiquait justement la multiplication des
soutiens scolaires payants, comme, une nouvelle fois, le signe d’une inégalité
sociale entre les élèves. Tout le monde ne peut y avoir accès et l’Education
Nationale ne fait rien pour apporter de l’aide aux élèves.
C’est à l’Etat d’assurer ce soutien. Nous rejoignons le
paragraphe précédent.
Mais je ne sais pourquoi, cette inégalité sociale critiquée qui
se répercute sur le niveau des élèves m’insupporte.
En fait, si, je sais pourquoi. Le gamin du 16ème aura
toujours plus de moyens que celui d’Aubervilliers.
Le collège de St Denis sera plus subventionné dans sa ZEP
que Louis Le grand (la subvention pour un établissement scolaire, c’est mauvais
signe).
Et puis après ?
Doit-on être choquer par le fait que les parents les plus
aisés placent l’argent que d’autres n’ont pas dans l’apprentissage de leur
progéniture ?
J’imagine que, dans l’esprit de certains parents, le Monde
parfait devrait exister. Les enfants seraient égaux, auraient accès aux mêmes
outils, à la même culture, aux mêmes aides. Plus d’inégalité sociale.
C’est cela.
Ça ne me choque pas que les familles qui le peuvent et le
veulent permettent à leurs enfants d’être meilleurs ou d’avoir moins de
difficultés. Ça ne me choque pas de se priver de vacances à Quiberon pour
permettre au gamin de suivre un stage scolaire.
Comme si, de tous les temps, le niveau scolaire d’un enfant
ne dépendait uniquement de l’Education Nationale.
Et le temps investi par les parents au suivi de la scolarité,
la répétition des poésies, l’aide aux problèmes, la signature des cahiers de
correspondance ? Comme si le suivi scolaire des parents n’était pas inégal
également.
Que ceux qui veulent pousser leurs gamins le puissent
(bordel !)
Ce qui me choque le plus dans toutes ces démarches, c’est le
nivellement général par le bas qui devrait s’instaurer sous prétexte de l’égalité
des chances.
Avant, sur trente élèves dont dix en difficulté, le professeur
avançait en faisant au mieux avec les moins à l’aise.
Aujourd’hui, un moins bon suffit pour freiner toute la
classe.
Il y aura toujours des mauvais, des « pas faits pour l’école »,
des qui ne dépasseront pas la troisième, qui n’auront le bac qu’à l’endurance,
des qui craqueront en cours de première année de fac. Et puis, quoi ?
Aider les plus démunis, bien d’accord, proposer tous les
chemins professionnels possibles à tous les niveaux scolaires, bien plus encore
à faire, accompagnons les moins bons vers leur maximum. Orientations réalistes.
Vastes sujets bien plus essentiels que de s’acharner à
clamer que c’est anormal qu’il n’y ait pas vingt-cinq prix Nobel par classe.
Photo musicale
Ça doit être le manque de soleil. L’envie
des vacances. Comment ça, j’en sors ? M’en fous.
En réalité, ça a commencé en 2001, à
la sortie de l’album Avril. Et puis,
ça me prend comme une envie de repos du dedans de la tête.
Laurent Voulzy a tout compris. Dix
albums en trente ans de carrière, dont, dans les dix, 2 compilations, 2 Live,
et le dernier, un album de reprise, soit, 5 vrais disques (à lui, ne parlons
pas des participations).
En trente ans. Le reste, c’est de la
mode Antoine sans élucubrations ou le rythme Noah qui a construit sa réputation
sur une seule vraie victoire à Rolland.
La vie sur son île et un vrai bonheur,
le plaisir. Pourquoi faire autrement ?
Bref, le truc, c’est de redécouvrir ses
chansons de ses dix premiers années. Alors, c’est bermuda, parasol, plage, ce
sont des images qui reviennent de cet âge extraordinaire, de l’enfance,
adolescence. Voulzy, je croyais que c’était de la zik aux parents mais en fait non.
Même pas, Voulzy, ce n’était pas trop leur style, trop de cheveux, pas l’air
très sérieux, un peu mou.
Et puis, ce sont des chansons entendues
en boucle pendant des étés à la longue parce que RTL était la première radio
des français et de la maison.
Le cœur grenadine, qui retombe dans l’oreille
ensuite, une fois par an, à peine, pendant vingt ans.
Et puis les années 2000, je réécoute
les tubes et d’autres et me replonge sans déviation dans mes dix ans. La
vieille radio, les voyages en GS Break beige et ses amortisseurs liquides, une
grande tente marron, tout.
Ça marche à chaque fois.
Et le duo avec Véronique Jannot qui
véritablement ne rendait pas insensible en pleine Pause-café. Belle-Île en mer qui
m’envoie en Guadeloupe pour la noce.
Fi de la nostalgie, c’est l’album
Avril et je tombe. Musicalement perfectionné par sa simplicité parfaite.
Voulzy, c’est un peu Quand j’étais chanteur de Delpech, un
Lenorman qui traîne, un Dassin qui se plante en mémoire, Souchon bobo, je ne
sais pas, Dutronc, Gainsbourg.
De la musique photographiée dans nos mémoires.
28 août 2007
Réflexe
Rentrée des chiards, je prends ma journée. Il faut les
accompagner psychologiquement à la dure année scolaire qui va les traumatiser
(il s’agit de tierce degré).
En fait, maintenant que la famille ne stresse plus vraiment à
cette approche, c’est toujours une journée calme à prendre.
10h46 Je me lève de la
table du salon et fais dix mètres jusqu’au bureau où dame travaille.
- Tiens, je t’ai envoyé un mèl.
- Hein ?
- Je t’ai envoyé un mèl.
- Tu m’as envoyé un mèl ?
Elle me regarde avec un drôle de sourire qui doit me faire
passer pour un crétin. Pfff.
Je traduis le langage et rétorque qu’en fait, j’ai fais
suivre un mèl. Pas besoin d’un mèl pour se parler.
Je n’aurais peut-être pas dû me lever pour lui dire que je lui
avais envoyé un mèl.
Du coup, pour me donner une contenance, j’ai regardé par la fenêtre.
Il fait beau dehors pour un jour de rentrée non ?
Bref.
Essai décisionnel
Il y a un drôle de syndrome, un
réflexe idiot, celui des responsabilités. Plus tu grimpes, plus tu es censé en
avoir, en assumer. La dérive commence ainsi, tu commences à t’éloigner de la
base qui te paye inexorablement ton salaire. Tandis que toi, tu coordonnes, tu
organises, tu écoutes, tranches, arbitres. Un Roi Salomon d’entreprise à ton
niveau.
J’ai constaté que si tu te
débrouillais correctement (cela veut dire ‘déléguer intelligemment’), tu
pouvais bien vivre.
Quoi, que dis-je ? Plus tu aurais de responsabilités, moins t’en
ferais ?
Comment expliquer que le travail est
différent.
Comment expliquer qu’il s’agit d’un
travail quand d’autres triment physiquement. Et pour bien moins.
J’ai des crises de culpabilisation
alors je conserve ces tâches que je faisais il y a dix ans. Pour ne pas tout
déléguer, pour ne pas laisser tout le rébarbatif.
Mais le syndrome reste là. Je tombe dedans
de plus en plus souvent, me laisse aller au confort, à la facilité. Un mèl, une
patate chaude renvoyée, c’est plus rapide qu’une réflexion pour trouver la
solution.
Savez-vous qu’il s’agit d’une maladie
nationale ? Peut-être mondiale.
Mais pourquoi ? Puisque le haut
de la pyramide est payé encore plus pour cela, il faut trouver chez eux la responsabilité
de cet état de faits. J’ai bien ce mot, responsabilité. Quel sens nuancé. Responsable
de quelque chose. Quand j’étais gamin, je n’aimais pas, désormais, je me fais
un plaisir d’assumer.
Mais aujourd’hui dans ces
organisations dénuées de logique et de bon sens, des gens savent mieux que d’autres,
sous ces prétextes amusants : études, expériences, …
Quelquefois, c’est vrai, et il arrive
même que certaines personnes sachent s’en servir.
Mais la plupart du temps, le haut n’interroge
plus le bas, la décision s’unilatéralise ou même s’horizontalise au même étage.
Pourquoi demander au chef d’équipe ce
qu’il en pense ? A part pour prendre le risque de se faire contredire ?
De compliquer une situation qu’on pense limpide (logique nous sommes payés pour
éclairer de nos décisions et de nos avis nos collègues, ceux qui ne savent pas
réfléchir et prendre le recul, logique, puisqu’ils ne sont pas responsables).
Pourquoi le chef d’équipe demanderait
à son équipe ?
Pourquoi le ministre demanderait aux
spécialistes s’il est possible ou non d’interdire des croisements entre
certaines races de chiens ? Ben, non, le vétérinaire ne fait que de
vacciner contre la rage.
Alors, de la politique à nos
entreprises, nous ne demandons plus trop les avis des spécialistes, c’est
chiant les avis et puis ça ralentit tout.
Il vaut mieux une décision
irréalisable mais rapide (cela s’appelle la réactivité) qu’une décision lente
mais efficace.
Vous voyez, dans une entreprise, il
suffit de bouger beaucoup, de prendre des décisions, d’essayer de les assumer
et tout se passe bien. Lui, il est actif. Quelqu’un d’actif est bien sûr
toujours efficace.
Tout n’est pas si sinistre, il y a
pire. Il y a ceux qui prennent ses décisions rapides sans jamais reconnaître leurs
erreurs. Et il y a ceux qui ne veulent jamais décider.
Un équilibre entre tout cela et on y
arrivera.
25 août 2007
Part en thèse
Derrière, il y a du Lavoine, devant, une enfant de
bientôt cinq ans joue sur le canapé avec des petits personnages de Winnie. Un
peu plus loin, j’entends des exercices de lecture du grand et sa mère.
Elle se raconte des histoires, regarde Porcinet,
fait sauter Tigrou au dessus du bras de l’halogène. Elle a des boucles d’oreille
depuis une quinzaine de jours. Elle entre en grande section mardi.
Ce matin, j’étais le patient de sa séance de
coiffure. Ciseaux en plastique, brosse à maman et grand peigne qui me ratisse
le cuir.
Je la regarde, elle change. Terriblement, déjà,
elle est grande, s’affine. Elle est coquette, choisit ses vêtements, disons, qu’elle
se montre féminine. Elle a des gestes, comme si devenir une fille, avec plus de
soins qu’un gars, plus de douceur, tout est instinctif.
Cinq ans, t’imagine pas, je m’étais trompé la
dernière fois en lui en donnant six. Ce n’est pas tant que je souhaite qu’elle
grandisse, oh ça non, mais je devais sentir qu’elle changeait, que le bébé
partait, s’éloignait.
Heureusement, il reste encore des attitudes qui me
rappellent qu’il y a plusieurs mois, je la portais dans les bras sans vraiment
d’efforts.
Je vois sa frimousse, elle charme, sourit quand il
faut. Elle sait déjà bien des choses.
Bien entendu, elle voulait se marier avec son papa.
Nous lui avons expliqué. Ni avec moi, ni de la même famille. Et pourtant,
quelque part, bien sûr ma puce que je suis d’accord. Il va te falloir être bien
désagréable dans quelques années, faire encore plus de caprices qu’aujourd’hui
et je comprendrai que tu voudras l’indépendance. Logiquement et sans mal.
Tu le sais bien que je culpabilise plus lorsque je
me fâche contre toi et tes centaines de bêtises. Ton frère, c’est un gars, ce n’est
pas pareil.
Décidément, je n’arrive pas à croire ceux qui
disent qu’ils élèvent des petits gonzesses comme des petits gars, sans vraiment
de différences.
Elle vient de me demander un bonbon. Je refuse.
Quinze minutes après le déjeuner, et puis quoi encore ? Je la traumatise
jusqu’au goûter. Je regarde ses pieds. Ils sont grands. Bientôt, ils
dépasseront la longueur des mes mains.
Voilà. Son frère vient de me l’enlever pour aller
jouer.
Ah les sales gosses. Ça va être le bazar en haut,
les dinosaures vont apprendre à voler. Les Lego vont se disperser façon puzzle.
Parenthèse terminée…
23 août 2007
Placide museau
Bon, l’histoire de la gamine de 18 mois défigurée par un American
Staffordshire (race des
chiens au tarin écrasé à force de courir après des voitures arrêtées. Blague
Carambar, et je vous merde).
Ensuite, le gars de la SPA d’hier soir.
Lui qui explique qu’il s’agit d’un problème de compréhension
entre l’enfant et le chien.
La gamine n’a pas su interpréter les signaux envoyés par le
chien. Le chien avait le droit de s’exprimer puisqu’il était dans la légalité,
avait ses papiers en règle, et l’oreille tatouée.
Donc le chien et la gamine discutent en sifflotant.
Nous supposons dans l’allégresse que l’enfant agaçait l’animal
en lui tirant les oreilles, en lui faisant renifler sa couche pleine, en lui
bavant à la truffe, voir en lui mettant deux doigts dans les narines, et si ça
se trouve, jouait aux billes avec ses bubbles.
Il est vrai qu’un enfant de moins de trois ans est
particulièrement chiant. Après trois ans, il devient pénible.
Je comprends le chien. A un moment donné, il faut expliquer au
chiard les limites. Sinon, comment voulez-vous qu’un enfant soit bien
élevé ?
Bref, le gars de la SPA dit que l’enfant n’a pas su interpréter
les signaux. Nous imaginons donc les grognements, les oreilles qui se baissent,
les babines, les yeux injectés de sang, la queue en tire-bouchon, le poil
hérissé comme lors de mon week-end dans la Somme en maillot de bain.
Mais grand con, comment veux-tu que la gamine comprenne quoi
que ce soit ?
A 18 mois, elle vient à peine de sortir de la phase légumineuse
en se tenant, au mieux dans une position debout vacillante. Elle doit émettre
quelques sons, autant en pétant (ce qui doit la faire rigoler, les enfants sont
comme ça) qu’en babillant.
Et tu voudrais, couillon va, qu’elle s’imagine que si le chien
fait grrr, c’est qu’il va la bouffer ?
Alors le problème, mon imbécile heureux (qui connaît sans doute
plus d’animaux que d’enfants), ce n’est pas que la gamine n’ait pas compris ce
qu’expliquait ce chien par son langage que moi-même je ne sais interpréter
(sauf quand il aboie parce que la baballe est inaccessible, il est très fort
pour cela), le problème est que la loi concernant certaines races parle de
muselière, et que le bon sens parle de surveillance attentive dès lors qu’un
clebs (surtout le caniche à sa mémère) approche de moins de dix mètres d’un
enfant.
Et malgré tout cela, quelquefois, on arrive à ne rien éviter.
Alors, tu vois, la gamine, ce n’est pas vraiment de sa faute si
sa vie (si elle survit) ne sera plus jamais celle qu’elle aurait du avoir si le
clebs avait une muselière et si …
Et tu vois, je ne pense même pas que ce soit la faute du chien.
22 août 2007
Heureusement
C’est fou ces questions. La patate ?
Heureux ? Bien ton ton job ?
Le tour de la question. Il pleut toujours,
aujourd’hui. T’as vu le mois d’août ? Comment répondre. Donner une moyenne
générale, comme entre potes au lycée quand une fille passait dans la cour,
ou des lettres, c’est encore plus flou, ou une impression qui flotte et qui se
résume par un mot.
Bien sûr que tu as raison, c’est vaste. Et ces
trois petits points inconsciemment que tu ajoutes après le vaste.
Ai-je la patate ? Ouais, j’ai mes deux jambes,
mes deux bras, un cerveau (oui, c’est cela), et un bon environnement dans
lequel les faire s’agiter.
Le truc, à la question, heureux, c’est la réponse
qui se philosophise automatiquement. C’est con. Bien sûr, tu l’as vu le sdf, le
fiston du chinois noyé dans sa mine, le simple gars cyclonisé. Ça dépend, ça
dépasse du référentiel.
C’est pénible la relativité des choses, à quoi
comparer, peut-on comparer ?
Donc, se réfléchir par rapport à soi,
l’autosatisfaction. Fermer les yeux et penser à ses aspirations. Qu’aspire-je à
part de l’air ?
Bon, le job. Bien mieux que d’autres déjà
pratiqués, mais un job. Le salaire, l’obligation alimentaire et responsable.
Donc, quoi le job. Des trucs qui s’écroulent, moi qui m’ébats dedans, qui
crois, qui ne sais plus vraiment et qui se dit que trente ans encore.
T’imagine, trente ans ? Avoir soixante-six berges avant de regarder les
yeux et envoyer paitre.
Changer ? L’herbe plus verte ailleurs ?
Se remobiliser, se remotiver, reperdre du temps, comme un sursis pour retrouver
les mêmes gens, les mêmes critiques.
Aucun avenir dans une autre boite. Ou alors, la
sienne, une vraie raison d’investissement. Mais quel projet ?
Putain, ça se voit que malgré tout et malgré tous
ces papiers retournés en rangeant il y a peu, relevés d’Assedic, l’armée,
feuilles de paye orphelines, assez de chance. Pas ce petit besoin obligatoire
qui peut déplacer les montagnes.
Je suis un Everest. Endormi. Même pas peur.
Donc, le job, ça va. C’est dans la question, c’est
un job.
Heureux ? Le bonheur. Je repasse le bac ou
quoi ?
Les gamins, ma femme. Quand on se pose la question
du bonheur, mon premier réflexe tombe sur les enfants. Sur leur mère. Un ordre
établi et prioritaire. Je regarde, dose et conclus. Mais qu’en est-il de la
réciproque ? Si je le suis, le sont-ils. Je conclus.
Mais derrière le heureux, y’a ce fichu
épanouissement personnel, cette crise personnelle bien propre qui doit
commencer à trente balais.
Et cette foutue cervelle qui ne fonctionne qu’en
bas régime. Comment la rebrancher en plein loisir, en total confort ? La
fainéantise. C’est humain, hé oh, ça va. C’est triste quand même la fainéantise
intellectuelle.
J’ai découvert hier qu’il y avait des gars qui se
marronnaient le neurone pour débusquer des détails de fonctionnement d’un jeu
de management de foot. Le bloc équipe, la tactique affinée en variantes,
l’étude de l’adversaire, la traduction d’un code informatique avec des mots
tirés d’un article de L’Equipe. Même ça, je ne m’étais pas forcé. Pourtant,
jamais pu me qualifier en Ligue des Champions. Je comptais sur quoi, la chance,
un bug du programme, que les circuits intégrés découvrent par eux seuls que je
leur étais intimement supérieur ?
J’attends qu’ils devinent tous que je possède
d’énormes capacités. Je trouve cela normal qu’ils me reconnaissent ces atouts
sans rien réclamer, sans trop me mettre en avant.
Orgueil et nombrilisme. Et fainéantise.
Technique du minimum, j’ai atteint ce minimum
personnel. J’ai toujours fait le minimum vital pour atteindre ma propre
satisfaction.
Confondre satisfaction et bonheur. Et tout ça dans
un océan d’égoïsme.
Tu m’en as posé une de ces questions. J’avais
presque oublié.
Tu vois, faire un truc entre potes, le genre qui
masque l’aiguille de la montre qui tourne. Mais une réflexion, qui fait
réfléchir, qu’il faut aller chercher, en quoi croire de concert.
Même pas du fric. Bon, un peu. Ça peut le faire en
mixant l’autre vie, j’en suis sûr. C’est ça, c’est la cerise sur le gâteau.
J’ai compris, je cherche ma cerise sur forêt noire. Et certains jours, j’ai
l’impression que ce n’est plus une cerise mais un pamplemousse, et d’autres,
comme l’autre soir là au bord de la mer, je croquais.
Ouais, j’ai compris. La cerise. Je dois faire
pousser l’arbre. Ou attraper une branche.
21 août 2007
Collection d'été
Le gars là, oui, le gars capitaine du gros bateau en fer qui
coule nos chalutiers, qui vient jusque dans nos vagues, égorger nos fils et nos
Haddocks (le capitaine, pas le poisson). Celui là même qui reconnaît avoir
casser une petite embarcation mais qui nie le délit de fuite. Il est rigolo le
gars, c’était quoi son rafiot ? Genre Titanic qui met vingt kilomètres
avant de pouvoir freiner ?
Proposons donc scientifiquement de le plonger dans les eaux
internationales pour voir s’il remonte.
L’autre imbécile de médecin, soutenu par sa caste, qui prescrit
avec un jugement de bulot, de la pilule rose à un prisonnier sexagénaire qui
voulait se faire des filles en sortant. Ouais, ce gars là.
Pratiquons de la même manière et laissons le dans une cage avec
un gorille male en rut.
Je ne sais pas, c’est comme donner un 38mm chargé à un
suicidaire, offrir un abonnement gratuit chez Nicolas à un alcoolique, laisser
une pharmacie en libre service à un drogué en désintox.
Et cet idiot de sélectionneur de football qui allume des
caisses de dynamite avant Italie – France de septembre. Comme quoi, les
italiens achètent les matchs de football. Ok, c’est vrai. Oui, quoi c’est vrai.
Mais ce n’est pas sur un chèque qu’il n’a pas gagné en 2006.
Ce lot de crétins coréens qui va se faire enlever en Irak. Ben
non, je sais, ce n’est pas bien les enlèvements, les prises d’otages, les
assassinats, les demandes de rançon, mais à un moment, il faut réfléchir. Ces
gars là, ce troupeau d’évangéliques venu de l’Est, à quoi pensaient-ils dans
leur mission supérieure d’évangélisation, leur croisade pour imposer le
christianisme intégriste dans un pays comme l’Irak en pleine guerre
religieuse ?
Et dites donc, 272.57 € par tête blonde pour la rentrée, ce n’est
pas suffisant ? Comprends pas. Les baskets, faut pas prendre Nike, les
cahiers, ce n’est pas Oxford, le cahier de texte, il ne doit pas y avoir Dora
ou les Jackson Five dessus, le crayon à bille, c’est Bic bleu. Négocions avec l’affreux
une sortie plutôt qu’une règle de la mort qui tue et s’il n’est pas content, j’ai
tout un tas de réponse que me faisaient mes parents à répéter.
Et d’ailleurs, pour tous ces absurdes abrutis, j’ai toujours des choses à dire.
20 août 2007
J'étais là
Encore, je ne dis pas, j’écrirais d’Ardèche. Remarquez, l’Ardèche,
c’est un peu surfait. Ou il y a du touriste crasse, ou il y a du Bové, ou bien
de l’éleveur subventionné. J’aime bien les ours. C’est joli sur un poster,
lorsqu’il gambade dans la nature, fait bouh aux troupeaux de moutons. C’est con
un mouton. De Panurge, ce n’est pas moi qui le dis.
Donc, imaginons que j’écrive un blog ardéchois. Quoique, tranquille
dans les hauteurs et dans la brume de début de journée estivale, il n’y a pas de
wifi.
Il y a un intérêt indéniable. L’Ardèche, c’est beau. Enfin, ça l’était
il y a dix-huit ans, soit, une majorité, lorsque je m’arrêtais au dessus du Gardon
avec 505 Pigeot (ayant elle-même le même klaxon de Chirac dans Camping).
J’aurais des textes poétiques, bucoliques, des photos
magnifiques.
Force est de constater que ce blog (là, ici) n’a aucune
finalité profonde.
Je me suis dit, à certains absurdes instants, que ce truc de notes
avait une certaine importance.
De cette liberté psychologique octroyée aux obligations de nos
vies dirigées, je m’en contente.
Autre sentiment serait donné plus d’importance à ce machin qu’il
n’en a.
C’est en passant.
Il est des fous parfois. Pourquoi suis-je, pourquoi écrive-je.
Alors que ce week-end, j’ai appris la légende du Taj Mahal, j’ai
également constaté qu’il y avait une pause attentive des sauts de bombes humaines
en Irak. Dites donc, il y a du relâchement.
Je parle cynique. Et vous voudriez que j’écrive intelligemment.
Il y a cette chanson que j’écoute toujours par deux ou trois
lorsque son tour de piste est là.
Je me dis que j’étais là au début, quand il y avait ces gars que
je ne connaissais pas, que je n’aidais pas. Puis j’étais là toujours plus tard.
86, 99, 2000, 2001, et des dizaines de fois par an.
Et c’est con.
Un instant seulement de culpabilité.
Et on passe à autre chose.
Zazie – J’étais là (album Totem)
J’étais là tu vois lui à côte de moi
On avait 6 ans
On jouait comme des enfants au docteur
Au docteur
J’étais là je voyais sur son corps les plaies les marques les bleus
J’en croyais pas mes yeux
Mes yeux
Et lui qui me disait j’suis un dur
Tu vois les brûlures là sur mes bras
J’les sens pas
J’les sens pas
J’étais là j’ai rien dis
Et puis j’suis parti de chez lui
Si j’y suis retournée
Plus jamais
Plus jamais
J’étais là comme lui j’avais 15 ans à peine
On était dans la cave chez ses parents
Je l’aimais tant
Faut dire qu’il était beau mais il se piquait mon héros a l’héro
J’étais là quand sa mère est venue me dire
C’est fini- on l’enterre lundi
Lundi
J’ai pleuré bien sur j’ai pleuré
puis j’ai recommencé à traîner dehors
Dehors
J’étais là en octobre 80 après la bombe copernick
Oui J’étais à la manif Avec tous mes copains
J’étais là c’est vrai qu’on y comprenait rien
Mais on trouvait ça bien
ça bien
Oui j’étais là pour aider pour le sida les sans papiers
J’ai chanté
Chanté
Sur que j’étais là pour faire la fête !
Et j’ai levé mon verre a ceux qui n’ont plus rien
Encore un verre on n’y peut rien
J’étais là devant ma télé a 20 heures
J’ai vu le monde s’agiter
S’agiter
J’étais là juste au retour de la somalie du Bengladesh et du Rwanda
J’étais-là
J’ai bien vu le sort que le Nord réserve au sud
Qui a compris le mépris ! J’étais là pour compter les morts
J’étais là et je n’ai rien fait
Et je n’ai rien fait
J’étais là pourtant
J’étais là et je n’ai rien fait
