31664222

Discussions avec torts et travers

01 novembre 2007

Contact

Je le disais, novembre. Ça sonne le ciel gris et le froid, ça résonne les vibrations de cimetières peuplés de chrysanthèmes.

J’allais fleurir mes grands-parents avec les enfants. Comme quoi, mes parents ont réussi à m’éduquer cette habitude qui me manquerait, si je n’allais pendant cette poignée de minute m’arrêter face aux tombes.
Et j’étais d’autant plus content cette année là.
La petite était là, le grand était venu voilà son âge de questions qui m’avaient bien embarrassées.
Mais la petite en était à son baptême du marbre.
Les dialogues sont naïfs et me confirment qu’à cinq ans, on n’imagine pas encore la Mort comme une réalité, on la pressent comme quelque chose qui doit arriver quelque part, ailleurs, loin, quelque chose qui est étranger à sa vie, à ses parents.

 

Mais j’étais content. Je la présentais à Mémé. J’ai tant regretté que mon aïeul ne soit plus là pour le mariage, pour lui et elle. J’ai tant regretté parce qu’elle aurait été si contente, que j’aurai eu droit à des baisers, des conseils et des leçons. J’aurais fait semblant d’acquiescer mais je n’aurais rien oublié. 

Il y avait des photos sur les pierres voisines, il y avait beaucoup de fleurs, il y avait beaucoup de nouveaux locataires. Question de saison. Peut-être. 

Alors, chaque fois que j’y reviens, plus souvent que d’habitude, je pense, je remercie, j’essaie de me demander si elle n’est pas déçu de ce qu’elle voit d’en haut. Elle sait que la lutte contre l’imperfection est difficile pour l’humain. 

Les enfants jouent là-haut, des gâteaux se préparent dans la cuisine, j’écoute Brel et j’écris.
Elle a cinq ans depuis 7h15. C’est beau novembre.
Je lisais un article sur ce ciel qui nous tombera sur la tête. C’est scientifique. Dans un milliard et demi d’année, le soleil aura suffisamment gonflé pour faire cuire la surface. Plus rien ne sera là.
Allez savoir, c’est si loin, si inaccessible et pourtant. C’est curieux, idiot.

En attendant. 

Rose
« Ciao Bella »

Au-dessus de mon front
Où il tire la ficelle
De mes rêves et mes démons
Se font toujours la belle
Du large des grands fonds
Et jusqu'après la terre
Je les sens, ainsi font
Les yeux de mon grand-père 
{Refrain :}
Ciao Bella
Les autres on s'en fout
Ciao Bella
Les autres c'est pas nous
Ciao Bella
Tu manques à ma vie
Ciao Bella
Jamais je n'oublie ta voix
Au-delà des étoiles
Des rives du bon Dieu
Lui sur sa jolie toile
Il tisse tous mes voeux
Au détour d'un chagrin
A l'angle de mes larmes
Il se fraye un chemin
Et défait tous mes drames

 

Posté par barnabe à 11:53 - Hume heure qui passe - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire