26 mars 2009
Hors du tempo
J’avais
oublié. Tu penses, six ou sept ans. Et en fait, en ses années qui viennent de s’écouler,
nous nous apercevons avoir mis de côté certaines choses avec un naturel
déconcertant et non dérangeant.
L’ambiance
des concerts ne se recouvre plus de fumée de cigarettes ou d’autres, les
bouteilles d’eau sont interdites à l’entrée, il y a toujours des rappels
prévus, les lumières montent et descendent, vont à droite et à gauche.
Et puis,
cette fois ci, c’était plus loin, en fait, en kilomètres (Amiens, tu penses, en
pleine province), mais en temps, ce devait être comparable à une aventure
véhiculée vers le Zénith de la capitale. Saloperie de bouchons de capitale.
Donc, d’un aller et d’un retour en Picardie, point de ralentissement, la nuit
tombe à l’aller, est installée au retour.
Deux
sandwichs, une très bonne première partie, Saule.
Une trop
grande pause, ou alors une trop courte première partie finalement.
Je ne rentre pas
immédiatement dans le tempo, le son même parait être moins fort qu’avant. Curieux.
Ou alors j’ai des problèmes d’audition ammortissante.
C’est vrai,
je suis assis. C’est quoi un concert assis ? Avant, j’étais dans la fosse.
C’est que madame est petite (bon, même avec trente centimètres de plus c’est
pas dit que non plus).
Le chanteur
court, saute, chante (aussi).
Petit à
petit, je pense que les voisins ne m’entendent pas beugler (dans la famille,
nous n’appelons pas cela chanter).
Deux heures
plus tard, j’avais mon saoul de musique et de chanson préférée.
Il y a eu un
temps, je restais face à la scène, jusqu’au dernier sorti. Juste pour regarder,
finir l’impression, se rappeler déjà. Aussi, j’enregistrais par tous les moyens,
un walkman K7 enregistreur planqué dans la chaussette qui fait boiter, un micro
perché sur la casquette. Que des bouts de plastique désormais, rangés encore
quelque part, peut-être grésillants. Obligé presque d’aller deux fois au
concert, une fois pour la technique, une seconde pour profiter.
Maintenant, c’est
juste profiter.
C’était
chouette ce concert, ça donne envie d’y retourner, pour le plaisir. Pour dire merde
à des soucis prise de tête entre deux coups de batterie.
Et puis Bénabar
a quarante ans en juin. Je le laisse explorer tout cela pour qu’il m’explique
la suite. Vivement la suite.
En attendant,
j’écoute les deux albums de Saule. C’est bien.
Les pieds dans la mouise
Une toute petite brise
Sur ma chevelure étoilée
Le regard interdit
D'un moineau qui chie
Sur moi, en été
Je suis un saule qui pleure
En attendant mon heure
Si le roseau pense
Moi mon coeur flanche
Regarde comme c'est joli
Un arbre triste la nuit
Qui quand tout l'monde dort
S'inquiète encore
Qui quand tout l'monde dort
S'inquiète encore
Hier deux enfants sont venus
Jouer à côté d'moi
Je crois qu'ils n'm'ont pas vus
Je suis discret moi
Je suis discret moi
J'suis comme ça
J'avais bien des choses à leur dire
Mais le silence est roi
Le roi des bois, le roi de tout
T'façon j'suis qu'un arbre et j'm'en fous
Je suis un saule qui pleure
En attendant mon heure
Si le roseau pense
Moi mon coeur flanche
Regarde comme c'est joli
Un arbre triste la nuit
Qui quand tout l'monde dort
S'inquiète encore
Saule (album 2007 – Vous êtes ici)
Commentaires
M'en parle pas, j'en suis à deux annulés cette semaine pour cause d'épidémie domestique. Contente que vous ayiez passé un bon moment !
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