Discussions avec torts et travers

01 novembre 2007

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Je le disais, novembre. Ça sonne le ciel gris et le froid, ça résonne les vibrations de cimetières peuplés de chrysanthèmes.

J’allais fleurir mes grands-parents avec les enfants. Comme quoi, mes parents ont réussi à m’éduquer cette habitude qui me manquerait, si je n’allais pendant cette poignée de minute m’arrêter face aux tombes.
Et j’étais d’autant plus content cette année là.
La petite était là, le grand était venu voilà son âge de questions qui m’avaient bien embarrassées.
Mais la petite en était à son baptême du marbre.
Les dialogues sont naïfs et me confirment qu’à cinq ans, on n’imagine pas encore la Mort comme une réalité, on la pressent comme quelque chose qui doit arriver quelque part, ailleurs, loin, quelque chose qui est étranger à sa vie, à ses parents.

 

Mais j’étais content. Je la présentais à Mémé. J’ai tant regretté que mon aïeul ne soit plus là pour le mariage, pour lui et elle. J’ai tant regretté parce qu’elle aurait été si contente, que j’aurai eu droit à des baisers, des conseils et des leçons. J’aurais fait semblant d’acquiescer mais je n’aurais rien oublié. 

Il y avait des photos sur les pierres voisines, il y avait beaucoup de fleurs, il y avait beaucoup de nouveaux locataires. Question de saison. Peut-être. 

Alors, chaque fois que j’y reviens, plus souvent que d’habitude, je pense, je remercie, j’essaie de me demander si elle n’est pas déçu de ce qu’elle voit d’en haut. Elle sait que la lutte contre l’imperfection est difficile pour l’humain. 

Les enfants jouent là-haut, des gâteaux se préparent dans la cuisine, j’écoute Brel et j’écris.
Elle a cinq ans depuis 7h15. C’est beau novembre.
Je lisais un article sur ce ciel qui nous tombera sur la tête. C’est scientifique. Dans un milliard et demi d’année, le soleil aura suffisamment gonflé pour faire cuire la surface. Plus rien ne sera là.
Allez savoir, c’est si loin, si inaccessible et pourtant. C’est curieux, idiot.

En attendant. 

Rose
« Ciao Bella »

Au-dessus de mon front
Où il tire la ficelle
De mes rêves et mes démons
Se font toujours la belle
Du large des grands fonds
Et jusqu'après la terre
Je les sens, ainsi font
Les yeux de mon grand-père 
{Refrain :}
Ciao Bella
Les autres on s'en fout
Ciao Bella
Les autres c'est pas nous
Ciao Bella
Tu manques à ma vie
Ciao Bella
Jamais je n'oublie ta voix
Au-delà des étoiles
Des rives du bon Dieu
Lui sur sa jolie toile
Il tisse tous mes voeux
Au détour d'un chagrin
A l'angle de mes larmes
Il se fraye un chemin
Et défait tous mes drames

 

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07 octobre 2007

Feuille électronique qui tombe

P1000083

Il est des périodes où, je vous le dis, toutes fenêtres ouvertes sur l’automne, il n’y a pas l’once d’une envie de passer plus de quelques minutes sur Internet.
Cela sonne comme un refrain avec le manque de temps imposé de la semaine.
Alors c’est comme ça, pas autrement, pas plus mal.
Non plus. Ni le contraire.

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14 septembre 2007

Dis, gestion de soi

La France vient de se faire battre par l’Argentine en match d’ouverture de son Mondial de rugby. Et on continue de nous faire croire que le rugby, c’est sain, c’est convivial, c’est festif, c’est beau un homme à poil.

La France a perdu contre l’Ecosse au Parc des Princes et de première, passe troisième dans les qualifications pour l’Euro 2008. Tout le monde est d’accord pour dire que nous possédons la meilleure équipe du monde depuis presque dix ans mais que. Bon, que.
L’équipe nationale de basket parkerisée se fait battre en quart de finale de l’Euro par
la Russie et n’ira pas directement aux JO bridés de l’an prochain. Tiens, dans Parker-isée, y’a risée.

Dominici me fait peur dans sa pub pour les beaux cheveux.

La Finlande est en demi-finale de l’Euro de Volleyball. Pas nous.
Mac Laren-Mercedes se fait choper pour espionnage de Ferrari. Déjà que Lolo avait piqué le système d’airbag à la marque au cheval cabré, c’était trop. 

Y’a des périodes comme ça. Même au boulot, y ‘a des mots qui me viennent, ils sont tous grossiers et affreusement vulgaire, je pressens que si je l’ouvre, j’aurais des difficultés à la fermer.
C’est peut-être ainsi que je vais devenir grand. Sans puissance, la maîtrise n’est rien, disais-je pour masquer mon air éméché d’une soirée entre potos.
Soit grand mon petit et tu deviendras un homme. 

Et fiston, ne voulant pas oublier son support de lecture pour ses devoirs, il nous a ramené dans son cartable toute la bibliothèque de la classe. Ok, sauf qu’il n’a pas pris son fichier de math.
Je n’aime pas septembre, qui n’est jamais aussi pire qu’octobre. Je n’ai jamais eu de bonnes notes au premier trimestre. 

Et puis Jacques Martin est parti. L’animateur de mes après-midi de gosse. Le terrible Jacques Martin de toutes ces demi-journées, toutes ces heures devant ses émissions et L’école des fans.
Je rigole, je ne l’ai jamais trop supporté. Quelquefois, j’avais l’impression qu’il me volait Starsky et Hutch. 

Et j’ai trop mangé ce midi.

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29 août 2007

Photo musicale

Ça doit être le manque de soleil. L’envie des vacances. Comment ça, j’en sors ? M’en fous.
En réalité, ça a commencé en 2001, à la sortie de l’album Avril. Et puis, ça me prend comme une envie de repos du dedans de la tête.
Laurent Voulzy a tout compris. Dix albums en trente ans de carrière, dont, dans les dix, 2 compilations, 2 Live, et le dernier, un album de reprise, soit, 5 vrais disques (à lui, ne parlons pas des participations).

resizeEn trente ans. Le reste, c’est de la mode Antoine sans élucubrations ou le rythme Noah qui a construit sa réputation sur une seule vraie victoire à Rolland.
La vie sur son île et un vrai bonheur, le plaisir. Pourquoi faire autrement ?

Bref, le truc, c’est de redécouvrir ses chansons de ses dix premiers années. Alors, c’est bermuda, parasol, plage, ce sont des images qui reviennent de cet âge extraordinaire, de l’enfance, adolescence. Voulzy, je croyais que c’était de la zik aux parents mais en fait non. Même pas, Voulzy, ce n’était pas trop leur style, trop de cheveux, pas l’air très sérieux, un peu mou.
imagesEt puis, ce sont des chansons entendues en boucle pendant des étés à la longue parce que RTL était la première radio des français et de la maison.
Le cœur grenadine, qui retombe dans l’oreille ensuite, une fois par an, à peine, pendant vingt ans.
Et puis les années 2000, je réécoute les tubes et d’autres et me replonge sans déviation dans mes dix ans. La vieille radio, les voyages en GS Break beige et ses amortisseurs liquides, une grande tente marron, tout.
Ça marche à chaque fois.gs
Et le duo avec Véronique Jannot qui véritablement ne rendait pas insensible en pleine Pause-café. Belle-Île en mer qui m’envoie en Guadeloupe pour la noce.
Fi de la nostalgie, c’est l’album Avril et je tombe. Musicalement perfectionné par sa simplicité parfaite.

Voulzy, c’est un peu Quand j’étais chanteur de Delpech, un Lenorman qui traîne, un Dassin qui se plante en mémoire, Souchon bobo, je ne sais pas, Dutronc, Gainsbourg.

De la musique photographiée dans nos mémoires.

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25 août 2007

Part en thèse

Derrière, il y a du Lavoine, devant, une enfant de bientôt cinq ans joue sur le canapé avec des petits personnages de Winnie. Un peu plus loin, j’entends des exercices de lecture du grand et sa mère.
Elle se raconte des histoires, regarde Porcinet, fait sauter Tigrou au dessus du bras de l’halogène. Elle a des boucles d’oreille depuis une quinzaine de jours. Elle entre en grande section mardi.
Ce matin, j’étais le patient de sa séance de coiffure. Ciseaux en plastique, brosse à maman et grand peigne qui me ratisse le cuir.
Je la regarde, elle change. Terriblement, déjà, elle est grande, s’affine. Elle est coquette, choisit ses vêtements, disons, qu’elle se montre féminine. Elle a des gestes, comme si devenir une fille, avec plus de soins qu’un gars, plus de douceur, tout est instinctif.
Cinq ans, t’imagine pas, je m’étais trompé la dernière fois en lui en donnant six. Ce n’est pas tant que je souhaite qu’elle grandisse, oh ça non, mais je devais sentir qu’elle changeait, que le bébé partait, s’éloignait.
Heureusement, il reste encore des attitudes qui me rappellent qu’il y a plusieurs mois, je la portais dans les bras sans vraiment d’efforts.
Je vois sa frimousse, elle charme, sourit quand il faut. Elle sait déjà bien des choses. 

Bien entendu, elle voulait se marier avec son papa. Nous lui avons expliqué. Ni avec moi, ni de la même famille. Et pourtant, quelque part, bien sûr ma puce que je suis d’accord. Il va te falloir être bien désagréable dans quelques années, faire encore plus de caprices qu’aujourd’hui et je comprendrai que tu voudras l’indépendance. Logiquement et sans mal.
Tu le sais bien que je culpabilise plus lorsque je me fâche contre toi et tes centaines de bêtises. Ton frère, c’est un gars, ce n’est pas pareil.
Décidément, je n’arrive pas à croire ceux qui disent qu’ils élèvent des petits gonzesses comme des petits gars, sans vraiment de différences. 

Elle vient de me demander un bonbon. Je refuse. Quinze minutes après le déjeuner, et puis quoi encore ? Je la traumatise jusqu’au goûter. Je regarde ses pieds. Ils sont grands. Bientôt, ils dépasseront la longueur des mes mains.

Voilà. Son frère vient de me l’enlever pour aller jouer.
Ah les sales gosses. Ça va être le bazar en haut, les dinosaures vont apprendre à voler. Les Lego vont se disperser façon puzzle.

Parenthèse terminée…

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22 août 2007

Heureusement

C’est fou ces questions. La patate ? Heureux ? Bien ton ton job ?

Le tour de la question. Il pleut toujours, aujourd’hui. T’as vu le mois d’août ? Comment répondre. Donner une moyenne générale, comme entre potes au lycée quand une fille passait dans la cour, ou des lettres, c’est encore plus flou, ou une impression qui flotte et qui se résume par un mot.
Bien sûr que tu as raison, c’est vaste. Et ces trois petits points inconsciemment que tu ajoutes après le vaste.
Ai-je la patate ? Ouais, j’ai mes deux jambes, mes deux bras, un cerveau (oui, c’est cela), et un bon environnement dans lequel les faire s’agiter.
Le truc, à la question, heureux, c’est la réponse qui se philosophise automatiquement. C’est con. Bien sûr, tu l’as vu le sdf, le fiston du chinois noyé dans sa mine, le simple gars cyclonisé. Ça dépend, ça dépasse du référentiel.
C’est pénible la relativité des choses, à quoi comparer, peut-on comparer ?
Donc, se réfléchir par rapport à soi, l’autosatisfaction. Fermer les yeux et penser à ses aspirations. Qu’aspire-je à part de l’air ? 

Bon, le job. Bien mieux que d’autres déjà pratiqués, mais un job. Le salaire, l’obligation alimentaire et responsable. Donc, quoi le job. Des trucs qui s’écroulent, moi qui m’ébats dedans, qui crois, qui ne sais plus vraiment et qui se dit que trente ans encore. T’imagine, trente ans ? Avoir soixante-six berges avant de regarder les yeux et envoyer paitre.
Changer ? L’herbe plus verte ailleurs ? Se remobiliser, se remotiver, reperdre du temps, comme un sursis pour retrouver les mêmes gens, les mêmes critiques.
Aucun avenir dans une autre boite. Ou alors, la sienne, une vraie raison d’investissement. Mais quel projet ?

Putain, ça se voit que malgré tout et malgré tous ces papiers retournés en rangeant il y a peu, relevés d’Assedic, l’armée, feuilles de paye orphelines, assez de chance. Pas ce petit besoin obligatoire qui peut déplacer les montagnes.
Je suis un Everest. Endormi. Même pas peur.
Donc, le job, ça va. C’est dans la question, c’est un job. 

Heureux ? Le bonheur. Je repasse le bac ou quoi ?
Les gamins, ma femme. Quand on se pose la question du bonheur, mon premier réflexe tombe sur les enfants. Sur leur mère. Un ordre établi et prioritaire. Je regarde, dose et conclus. Mais qu’en est-il de la réciproque ? Si je le suis, le sont-ils. Je conclus.
Mais derrière le heureux, y’a ce fichu épanouissement personnel, cette crise personnelle bien propre qui doit commencer à trente balais.
Et cette foutue cervelle qui ne fonctionne qu’en bas régime. Comment la rebrancher en plein loisir, en total confort ? La fainéantise. C’est humain, hé oh, ça va. C’est triste quand même la fainéantise intellectuelle.
J’ai découvert hier qu’il y avait des gars qui se marronnaient le neurone pour débusquer des détails de fonctionnement d’un jeu de management de foot. Le bloc équipe, la tactique affinée en variantes, l’étude de l’adversaire, la traduction d’un code informatique avec des mots tirés d’un article de L’Equipe. Même ça, je ne m’étais pas forcé. Pourtant, jamais pu me qualifier en Ligue des Champions. Je comptais sur quoi, la chance, un bug du programme, que les circuits intégrés découvrent par eux seuls que je leur étais intimement supérieur ?
J’attends qu’ils devinent tous que je possède d’énormes capacités. Je trouve cela normal qu’ils me reconnaissent ces atouts sans rien réclamer, sans trop me mettre en avant.
Orgueil et nombrilisme. Et fainéantise.
Technique du minimum, j’ai atteint ce minimum personnel. J’ai toujours fait le minimum vital pour atteindre ma propre satisfaction.
Confondre satisfaction et bonheur. Et tout ça dans un océan d’égoïsme.
Tu m’en as posé une de ces questions. J’avais presque oublié. 

Tu vois, faire un truc entre potes, le genre qui masque l’aiguille de la montre qui tourne. Mais une réflexion, qui fait réfléchir, qu’il faut aller chercher, en quoi croire de concert.
Même pas du fric. Bon, un peu. Ça peut le faire en mixant l’autre vie, j’en suis sûr. C’est ça, c’est la cerise sur le gâteau. J’ai compris, je cherche ma cerise sur forêt noire. Et certains jours, j’ai l’impression que ce n’est plus une cerise mais un pamplemousse, et d’autres, comme l’autre soir là au bord de la mer, je croquais.

Ouais, j’ai compris. La cerise. Je dois faire pousser l’arbre. Ou attraper une branche.

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20 août 2007

J'étais là

Encore, je ne dis pas, j’écrirais d’Ardèche. Remarquez, l’Ardèche, c’est un peu surfait. Ou il y a du touriste crasse, ou il y a du Bové, ou bien de l’éleveur subventionné. J’aime bien les ours. C’est joli sur un poster, lorsqu’il gambade dans la nature, fait bouh aux troupeaux de moutons. C’est con un mouton. De Panurge, ce n’est pas moi qui le dis.
Donc, imaginons que j’écrive un blog ardéchois. Quoique, tranquille dans les hauteurs et dans la brume de début de journée estivale, il n’y a pas de wifi.
Il y a un intérêt indéniable. L’Ardèche, c’est beau. Enfin, ça l’était il y a dix-huit ans, soit, une majorité, lorsque je m’arrêtais au dessus du Gardon avec 505 Pigeot (ayant elle-même le même klaxon de Chirac dans Camping).
J’aurais des textes poétiques, bucoliques, des photos magnifiques. 

Force est de constater que ce blog (là, ici) n’a aucune finalité profonde.
Je me suis dit, à certains absurdes instants, que ce truc de notes avait une certaine importance.
De cette liberté psychologique octroyée aux obligations de nos vies dirigées, je m’en contente.
Autre sentiment serait donné plus d’importance à ce machin qu’il n’en a. 

C’est en passant.
Il est des fous parfois. Pourquoi suis-je, pourquoi écrive-je.
Alors que ce week-end, j’ai appris la légende du Taj Mahal, j’ai également constaté qu’il y avait une pause attentive des sauts de bombes humaines en Irak. Dites donc, il y a du relâchement.
Je parle cynique. Et vous voudriez que j’écrive intelligemment. 

Il y a cette chanson que j’écoute toujours par deux ou trois lorsque son tour de piste est là.
Je me dis que j’étais là au début, quand il y avait ces gars que je ne connaissais pas, que je n’aidais pas. Puis j’étais là toujours plus tard. 86, 99, 2000, 2001, et des dizaines de fois par an. 

Et c’est con.
Un instant seulement de culpabilité.
Et on passe à autre chose.

 

Zazie – J’étais là (album Totem)

J’étais là tu vois lui à côte de moi
On avait 6 ans
On jouait comme des enfants au docteur
Au docteur
J’étais là je voyais sur son corps les plaies les marques les bleus
J’en croyais pas mes yeux
Mes yeux
Et lui qui me disait j’suis un dur
Tu vois les brûlures là sur mes bras
J’les sens pas
J’les sens pas
J’étais là j’ai rien dis
Et puis j’suis parti de chez lui
Si j’y suis retournée
Plus jamais
Plus jamais
J’étais là comme lui j’avais 15 ans à peine
On était dans la cave chez ses parents
Je l’aimais tant
Faut dire qu’il était beau mais il se piquait mon héros a l’héro
J’étais là quand sa mère est venue me dire
C’est fini- on l’enterre lundi
Lundi
J’ai pleuré bien sur j’ai pleuré
puis j’ai recommencé à traîner dehors
Dehors
J’étais là en octobre 80 après la bombe copernick
Oui J’étais à
la manif Avec tous mes copains
J’étais là c’est vrai qu’on y comprenait rien
Mais on trouvait ça bien
ça bien
Oui j’étais là pour aider pour le sida les sans papiers
J’ai chanté
Chanté
Sur que j’étais là pour faire la fête !
Et j’ai levé mon verre a ceux qui n’ont plus rien
Encore un verre on n’y peut rien
J’étais là devant ma télé a 20 heures
J’ai vu le monde s’agiter
S’agiter
J’étais là juste au retour de la somalie du Bengladesh et du Rwanda
J’étais-là
J’ai bien vu le sort que le Nord réserve au sud
Qui a compris le mépris ! J’étais là pour compter les morts
J’étais là et je n’ai rien fait
Et je n’ai rien fait
J’étais là pourtant
J’étais là et je n’ai rien fait

 

Posté par barnabe à 10:51 - Hume heure qui passe - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 mai 2007

Solide air

Parce qu’elle est belle la vie.
Trois tonnes de bagages accrochés aux paupières, des yeux qui donnent l’impression de travailler consciemment, moins d’une main de doigts d’heures de sommeil, il pleut ce matin.
Quelques heures de tarot qui traînaient et méritaient de durer parce que ce n’est pas si souvent, double apéritif, St Chinian et pendaison au Génépi articulé d’une vieille prune.

Alors ce collègue qui avait prévenu de son retard, épuiser le travail courant, préparer pour la semaine, mettre Aznavour en fond comme on ne saurait dire pourquoi.
Ça crée quelque chose Aznavour. Depuis trois heures, personne n’est entré dans l’antre, peu de gens circulent dans les couloirs, le téléphone ne sonne pas.

Si le téléphone a sonné. Ma mère sortant la tête de cartons poussiéreux et ne trouvant pas les fables de La Fontaine que j’aurai dues apprendre au cours préparatoire. Ça prend ‘es’, du, quand c’est une relative ? Bref, ça n’empêche que je n’ai pas inventé ça. La Fontaine, non, bon. Ne cherchez pas.

C’est curieux l’odeur de café qui flotte et ce goût persistant axé amaretto sur un coin de langue.
Y’a pas d’amandes dans le Génépi ? Y’aurait p’têt un goût de pomme.

Viens voir les comédiens, voir les musiciens, voir les magiciens qui arrivent…
Demain matin, quand le soleil va se lever, ils seront loin et nous croirons avoir rêver…

Je le tiens bien.

Oh, ces chiffres qui m’insultent sur ces trois feuilles. Il y a beau y avoir quatre couleurs primaires dessus…

Lundi de Pentecôte.
Ouais, solidaire.

 

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25 mai 2007

Peine Art

J’adore la naïveté.
En fait, je n’ai pas le choix. C’est incongru mais je dois l’être.

Comme je ne voyais jamais les filles qui s’intéressaient à moi (Lapalissade puisque je regardais qui ne s’intéressaient absolument pas à moi), je passe toujours à côté des rumeurs, des on-dit et des informations extrêmement sensibles telles que les dernières relations bucco-génitales des toilettes du premier étage.
Ce sont toujours des ‘quoi ?!! comment çaaaaaa ! tu n’es pas au courant ??
Ben non, la tanière de l’ours étant bien gardée, et l’ours étant peu avenant (certaines fois), il ne traîne pas sa peau dans tous les coins (histoire de ne pas non plus se la faire vendre).

Je ne suis pas branché radio-moquette et suis toujours le dernier au téléphone-arabe.
Je ne m’en porte pas plus mal.
A ne pas se faire monter la mayonnaise cérébrale, on vit plus tranquillement.
Ou bien, inconsciemment, cela m’importe peu.

Est-ce de la naïveté qu’une étrange tranquillité d’esprit.
Parait-il que le cerveau sait se débrancher par moment afin d’éviter la saturation.
Est-ce un filtre ? Ou une auto-protection. Pour limiter le stress.
Dans un contexte professionnel particulier, je n’ose dire difficile tant il serait simple de trouver pire autour de soi, j’arrive souvent à faire abstraction de bien des choses.
Cela m’exclut parfois.
Faire l’imbécile sans le faire exprès. S’en rendre compte et se dire que ce n’est pas bien grave.

Est-ce pour cela que je n’ai jamais compris le phénomène de dépression (ou ai-je eu de la chance), de remontage de pendules mutuelles, de donner plus d’importance à ce qui n’en a si peu.
La méthodologie fataliste ‘on verra bien’, ‘en temps voulu’ a cela d’intéressante qu’elle me permet de faire ce qu’on peut (veut ?) en tentant de conserver l’assurance que l’on a fait au mieux du possible en fonction du contexte.

Finalement, je me demande s’il s’agit de naïveté puisqu’à travers ces phrases, j’ai l’impression de comprendre (contrôler ?) ce comportement.

Cette philosophie ne m’explique pas pour autant pourquoi je ne voyais jamais les filles qui s’intéressaient à moi.
Merde alors.

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22 mai 2007

Chronomètre à temps perdu

Vous savez, ce fichu temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.
Je ne reconnais plus le quartier paisible de mon enfance, adolescence.

blocEn face, il y avait la cour du lycée technique avec un grand chêne, tout au bout, dans lequel s’ébattaient les pies et les corneilles. Plus près, au bord, c’était cet énorme saule pleureur qui déformait le bitume des trottoirs.
Il n’y a plus que ce bâtiment de béton et de tôles plastique qui s’appelle gymnase, non insonorisé dans lequel s’ébattent ces jeunes du lycée qui a été complètement reconstruit. 

Au bout de la rue, à quatre maisons de là, du côté du feu rouge, le coin était bordé par une grande propriété habitée par une vieille dame que je ne croisais jamais. Mais à travers la grille noire écorchée d’une trop ancienne couche de peinture et au dessus du  mur de briques rouges, j’essayais d’appréhender ce grand jardin.
Il y a aujourd’hui une de ces résidences de trois étages aux noms fleuris et au style recopiable qui pullulent et brillent sur les crocs vernis d’investisseurs immobiliers.
Il faut dire que l’espace est intéressant.

Il y a le tramway. Toute cette ligne qui rejoignait Aulnay sous-bois et Paris Nord ou Paris Est en passant pas Bondy. Ces rails immuables, que je croyais immuables, empruntés pour rejoindre la capitale, qui avaient vu circuler ces michelines rouges aussi bruyantes que divertissantes, puis ces courts trains de banlieues, gris aux banquettes orange.
Ils passaient tous les quarts d’heure soirs et matins, par demi-heure ou même heure en journée ou week-end. Je connaissais les heures passées devant mes devoirs de classe en les écoutant de part ma fenêtre. Tagada tagada…

Sorte de chronomètre à temps perdu. 

Tout a été refait. Carrefours, passages à niveau disparus et même ce téléphone d’urgence qu’il fallait activer en tournant une manivelle. A-t-il déjà fonctionné une seule fois de mon temps ? Lorsque je me cachais derrière et que la locomotive faisait trembler les abords d’un poids immense et effrayant. 

En prenant le chemin des écoles, je passais devant ce bar. Il a accueilli un instant la Harley volée d’Hallyday et d’autresbloc2 moments, plus longs ceux-ci, quelques trafics de stupéfiants. Je n’y suis entré qu’une seule fois. Il y avait une faune particulière et des chiens insoupçonnés dans la grande arrière cour aux relents de terrain vague.
Le bar aviné louche a été rasé pour laisser pondre, comme dans un miroir, le frère jumeau de l’autre bâtiment résidentiel.

Sur le même trottoir, cette entreprise de bois (je crois) aux allures de dépôt d’espace pour gens de passage, de voyage, peut-être.
J’y jouais au tennis sur le béton avec un copain. Un été, juste.
Encore à côté, c’était cette vieille dame non regrettée qui ne voulait pas rendre les balles. Puis, cette maison en travaux, inexorablement jamais terminée et sa tour ronde, un donjon épatant, sans ravalement. 

Et les autres maisons de part et d’autre de la rue. Je connaissais par cœur ces trottoirs et maîtrisais presque leurs défauts pour guider les rebonds des billes. Sauf ceux qui conduisaient aux bouches d’égout. Saloperie de bouche d’égout.

Tout le quartier a muté étrangement, tout est devenu plus bruyant, plus neuf, moins chaleureux.
Les voitures roulent plus vite entre les rangées de tilleuls. 

Aux alentours, où j’allais cent fois, il y a des maisons vides de mes anciens copains et copines, de celles et ceux dont on se rapproche naturellement en empruntant le même parcours pour rentrer de l’école.
Nous nous lâchons en ne prenant plus les mêmes pistes. Simplement et sans vraiment de regrets. 

Sûr que certains paysages, c’était mieux avant.

 

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