31 août 2006
L'autre blog
Le 31 août est un bon jour pour parler Football.
Un autre blog s’ouvre causant de la baballe, des filets et des
réactions diverses et variées qui fusent autour.
Un blog tranquille, sorte de troisième mi-temps du ballon rond.
Il a déjà le mérite d’avoir des archives (j'ai un peu triché).
Bienvenue à vos lectures pour les aficionados.
N’essuyez pas vos crampons avant d’entrer.
C'est ICI que cela se passe.
23 août 2006
La chance aux champions
Le Champion a-t-il de la chance parce qu’il l’est ou va l’être,
ou la chance fabrique t’elle le champion ?
Certes, la chance sourit aux audacieux, bien sûr, la chance se
provoque.
Il suffit d’être un spécialiste du football, journaliste ou
cousine de Madame Irma pour constater que la réussite colle aux crampons des
futurs champions.
Il s’agit d’une des marques de fabrique.
Ah ! Si les poteaux de Glasgow étaient ronds, St Etienne
aurait été le premier club français titré européen.
C’est faux. Aujourd’hui, les poteaux sont ronds et ils tournent
toujours dans le sens souhaité par le futur gagnant (c’est ce qu’on dit).
L’exemple des montants des buts peut se copier pour le coup de
sifflet malheureux, la blessure, le coaching…
Par exemple, si tous les tirs français de 2002, en Corée, avaient fait poteau rentrant, ce qui, statistiquement, sur un tir des 18 mètres, ne doit pas tenir à grand-chose (ou à une ficelle de string -et encore-). La France n’aurait pas eu besoin de jurer contre le sort de la blessure du maestro Zidane quelques jours avant le début de la compétition.
Comment imaginer que Roger puisse avoir la science infuse en
faisant entrer Wiltord à la 58ème, Trézéguet à la 76ème,
Pirès à la 85ème et que ce soit le premier qui égalise 5 secondes
avant la fin d’une finale de championnat d’Europe des Nations et que le dernier
passe au second à la 104ème pour le but en or.
On parle alors de Lemerre comme un merveilleux visionnaire du
coaching.
Et Raymond cette année qui s’est appuyé sur un groupe
restreint en faisant peu de changements, et tous stéréotypés ?
Certes, Raymond n’a pas gagné.
Reste l’arbitrage.
La distinction entre la géométrie d’un poteau et l’arbitrage est
évidente mais les spécialistes voient dans l’attribution d’un penalty ou non
d’erreurs qui se compensent au fur et à mesure de la saison.
Les professionnels du football n’hésitent pas à dire, avec leur
sagesse toute relative, que le compte s’équilibre à la fin de la saison entre
coups de pouce du destin et coups d’index dans l’œil.
En général, ceux qui disent cela, sont commentateurs ou
interviewés calmement entre deux matchs.
Puis, il y a ceux qui réagissent à chaud, joueurs, entraîneurs,
présidents de club, en fin ou milieu de rencontre et qui considèrent que ce
%*£@# !& d’arbitre s’est trompé et que ce n’est rien par rapport aux
poteaux qui sont irrégulièrement ronds.
Bordeaux, dauphin de Lyon l’an passé, a perdu ce week-end à la
86ème minute un match qui se devait d’être honorablement nul.
Il est très ésotérique de penser que certains résultats de matchs
serrés basculent sur d’hypothétiques interventions de la Chance. Ce n’est pas
très sérieux, ni très scientifique mais tout à fait sportif.
Lyon gagne le match sur un but que nous pourrons qualifier de
litigieux, identique dans le positionnement à celui de Toulouse quelques heures
avant contre Sochaux. Il s’agit d’un hors-jeu de positionnement qui s’oublie et
devient décisif.
Bref, nous revoilà sur la règle du hors-jeu qui se complique
d’année en année car, comme d’autres décisions de l’arbitre, elle est devenue
« à l’appréciation » de l’homme en noir (souvent en jaune ou en
rouge).
« L’appréciation » est directement liée à l’erreur
humaine.
Et l’erreur humaine peut se raccorder à de la réussite orientée
(je vous laisse y réfléchir).
Alors Lyon a-t-il gagné sur l’interprétation d’un fait de jeu ou sur la simple réussite du champion ?
Normalement, l’entraîneur de Bordeaux est libre de penser que Lyon aura un jour un hors-jeu sifflé à tort qui fera perdre Lyon et qu’eux auront une faute oubliée pour eux prochainement.
Il n’empêche qu’au bout de 5 titres consécutifs, bien des gens
penseront franchement que l’interprétation des faits de jeu tourne toujours
dans le sens du champion. Et ce ne sont pas des pensées très honnêtes car
remplies de sous-entendus.
Et d’aucuns diraient qu’il n’y a pas de fumée sans feu.
Et comme l’Italie a toujours servi d’exemple sur nous dans la
gestion « scandaleuse » de leurs championnats...
Je vous rassure, j’ai relu cette note et je conçois qu’elle ne soit pas claire.
17 août 2006
Fête champêtre
Le match traditionnel du mois d’août a toujours un intérêt
contestable.
La légende veut que ce ne soit pas la date favorite de l’équipe
de France. La mémoire courte dit aussi que le précédent fut pour le retour de
Zidane contre la Côte d’Ivoire (3-0) et amorça ce bout de destin surprenant
jusqu’en juillet de cette année.
Même pas quarante jours séparent la finale de Berlin et cette
partie à Sarajevo. Ces footballeurs professionnels prendront leurs vacances dans
quelques années à leur richissime retraite.
Le retour sur Terre de l’après Zidane s’est bien passé. Tactiquement,
Raymond a repris son penchant pour le 4-4-2.
Tout débuta après les hymnes nationaux rythmés par la fanfare d’un
petit village de
la Drôme. C’est joli la Drôme mais les fanfares restent très artisanales [1]. C’est sans doute pour cela que Gallas cachait avec peine son rire face aux sons discordants.
Le match débutait depuis 5 minutes, le nez encore dans mon
yaourt, que tout s’arrêta. Je ne comprenais rien. Ah oui, un joueur bosniaque
était félicité par son équipe et par quelques français se trouvant accidentellement
sur la pelouse à proximité. Ribéry y mit du cœur, avec ses effusions bien
connues sur la Cannebière lorsqu’il s’agit de dire que ‘je veux partir parce
que l’OM n’est pas une assez bonne équipe’ et la semaine suivante ‘l’OM, c’est
mon club, je l’aime’.
Il s’appelle Konjic et venait de prendre sa retraite
internationale avec les félicitations de la nation.
Une soudaine pensée ma traversa l’esprit lorsque je revis
Zidane prendre sa décision sur un coup de tête. Nous allons attendre encore
quelques temps pour peut-être avoir un jubilé.
Le match repris sur ce rectangle de pelouse
exigu. Il est des terrains plus petits que d’autres mais restant bien sûr dans
les limites requises. Celui-ci, sur lequel a eu lieu la cérémonie d’ouverture
des JO d’Hiver 1984, me semblait tout petit. Ou alors il y avait trop de
joueurs sur le terrain, ou alors, ils avaient grossi pendant les vacances.
Bref, il y avait peu d’espaces et le
jeu se morfondait avec un pressing incessant.
Peu d’actions dans ce match amical mais la France dominait son
sujet plus souvent que son adversaire et menait aux points. Le classique but
sur coup franc excentré vint faire bouger un peu les acteurs.
1-0 Bosnie.
Raymond (si je peux me permettre), travaille la concentration
sur les coups francs excentrés, rappelle toi la Suisse et le poteau qui sauve
Barthez mais pas mon canapé.
D’autres satisfactions dans cette première mi-temps comme les
réactions intempestives des joueurs remplaçant la lassitude évidente de l’arbitrage.
Il faudrait statistiquement plus de blessures graves dans les
matchs amicaux pour que la Fifa considère l’arbitrage de ces rencontres à égale
valeur que lors des compétitions officielles. On ne va pas demander à Djibril
Cissé de s’y coller à chaque fois ?!
Monsieur l’arbitre, la biscotte dans votre poche, ce n’est pas
pour nourrir les quartiers pauvres de la capitale bosniaque délaissés par la
guerre (humour limite).
Donc, le grand blond à la coiffure improbable, Barbarez, vous
auriez du vous calmer tout seul. Des baffes se perdaient dans les différentes mêlées
de ces 45 premières minutes.
Un coup franc d’école (je me rappelle, j’avais dû le tenter en
5ème dans la cour du collège) permet à la France d’égaliser
justement. Pif (Sagnol au coup franc), paf (remise de la tête d’Henry dans les 6 m), poum (tir de brute à
trajectoire involontaire de Gallas sur la barre entrante).
1-1 France.
Rassurant de constater que les cadres sont là : Sagnol
avec ses dribbles accentués étonnants, tout le monde devine ce qu’il va faire
mais à force de volonté, il passe ; Henry qui aura pris une autre
dimension en attendant de battre le record de buts de Michel la platine, et
Gallas qui s’est imposé définitivement dans la défense.
Il manque également Vieira qui fut impérial malgré une
préparation physique à ses débuts.
La seconde mi-temps trahira des conditions physiques
imparfaites malgré un rythme de partie supérieur à n’importe quel France-Suisse.
Le but vainqueur à la dernière minute de Faubert, bizut bleu, fut anecdotique
mais mérité.
Gilardi fera planer le fantôme de Zizou sur le match. Il va
falloir attendre une dizaine d’année que le maestro se rapproche physiquement
de Platoche pour qu’on en parle moins.
L’intégration des nouveaux se déroule correctement grâce à la base
solide et solidaire d’une finale de Coupe du Monde dans le rétroviseur. Givet devra
faire des efforts capillaires mais nous avons évité Rothen pour cette fois. J’ai
une crainte également pour l’esthétique de Philippe Mexès.
Rio Mavuba a fait une bonne entrée, Ribéry n’a pas été aussi
percutant que d’habitude mais se place bien.
C’est une bonne équipe prête à affronter les éliminatoires de l’Euro
2008 qui se présentera en septembre.
Ah oui, la gueule de bois italienne dure longtemps. 0-2 chez
eux contre la Croatie.
Ce fut un bon match d’été.
[1] Bien entendu, la fanfare devait être celle d’un petit village proche de Sarajevo mais je ne connais pas la géographie bosniaque.
13 août 2006
Lyon ne rimera pas avec champion
Pourquoi Lyon ne sera pas champion cette année et ne sera pas
le premier club d’un championnat européen majeur à remporter six titres
d’affilée ?
Si ce n’est la question, la réponse mérite d’être posée.
Il ne faut pas attendre la deuxième journée de championnat pour
aboutir à un argumentaire.
Toulouse était déjà venue la cession passée arracher également
un match nul à Gerland et l’OL a entamé la saison par une victoire intéressante
chez les canaris.
Petit a.
Lyon va subir cette délicate saison post-Mondial. Physiquement
et psychologiquement, les footballeurs ont beau être professionnels, ce sont
toutefois des humains n’étant pas à l’abri d’une baisse globale de régime (ou
de coups de tête).
Cela ne concerne que les internationaux, certes, mais Lyon a
désormais cette chance (c’est une chance d’avoir tant de joueurs à ce niveau)
que de compter sur une équipe compétitive sur le papier à qui on ne pourrait
opposer d’autres concurrents sur le sol national.
La force de Lyon est de ne jamais lâcher. Mais il y a de fortes
chances que Lyon lâche des points mentaux par ci par là en route pour tenir le
coup. Il s’agit donc de l’argumentaire humain. La motivation a ses limites,
constituées par le temps de digestion de la compétition majeure précédente.
Petit b1.
C’est flagrant depuis quelques années et la presse spécialisée
en profite alors pour souligner la baisse de qualité de la Ligue 1 : les promus
représentent de très bonnes oppositions. Voyez Le Mans, Troyes et Nancy l’an passé qui ont envoyé Metz,
Strasbourg et Ajaccio à l’étage du dessous. Les divisions inférieures sont
désormais remplies d’équipes tout à fait qualitatives. Les « petits »
clubs peuvent aller chercher facilement de bons joueurs à l’étranger si la
manne française est jugée insuffisante ou surtout trop chère. Les effectifs de
Ligue 2 comportent de bons joueurs aguerris aux joutes physiques et tactiques.
Petit b2.
Malgré le résultat exceptionnel de Lyon l’an passé avec ses
points d’avance, son total record de points général, je place cette performance
sur un accident de parcours des autres concurrents (argument, je le conçois,
osé).
Donc (b1+b2), l’OL aura cette année des équipes encore moins
respectueuses face à elle et encore plus difficiles à vaincre, comme les
joueurs lyonnais ne manquent de le préciser.
Il s’agit de l’argument sur l’opposition.
Quels sont les concurrents ? Bordeaux, Lille, Monaco,
Paris, Marseille et les outsiders, Lens, Auxerre… Comme d’habitude.
Bordeaux me semble extrêmement solide. Paris et Marseille
peuvent être amusants si leurs bonnes périodes sont plus longues que leurs
moments farfelus de gestion d’une saison.
Lille a toujours cette bonne tête de second valeureux.
Monaco n’a pas un effectif impressionnant mais ne joue pas de
coupe européenne.
Je mise sur Bordeaux.
Petit c.
Lyon devra une nouvelle fois équilibrer ses efforts avec la
riche Ligue des Champions. Ils n’ont plus ce choix de se satisfaire d’un quart
de finale. La reconnaissance nationale passe par une épopée formidable à
l’image d’un Monaco de 2003 ou des vieilles victoires du siècle dernier.
Jean-Michel Aulas ne préfèrerait-il pas, malgré les déclarations de son
entraîneur, une victoire en C1 plutôt qu’un sixième titre ? La saison est
risquée à plus d’un titre ( !).
Argument lié à la gestion des compétitions (réchauffé de l’an
passé, je l’avoue).
Petit d.
Enfin, il y a le cas de l’omniprésent président de l’OL,
Jean-Michel Aulas. Depuis Bernard Tapie (notez la judicieuse comparaison),
aucun président de club n’a jamais été aussi loquace.
Avec l’appui du G14, il faut faire reconnaître le statut de
salarié des joueurs retenus en sélection nationale pour obtenir une
compensation financière (affaire Abidal).
Avec l’excellente performance de ses joueurs en Allemagne, il
faut décaler la date de reprise du championnat (qu’il avait validé auparavant)
pour son équipe handicapée des internationaux (mais qui gagne ses deux premiers
matchs quand même).
Avec ses relations, il faut faire pression sur les joueurs pour
déstabiliser les équipes adverses (Pauleta le parisien qui a revalorisé son
salaire comme il ne l’aurait jamais espérer, Ribéry la girouette d’un agent qui
n’a plus que des euros en tête). JMA, de part sa situation à la Ligue, intervient beaucoup
(trop ?). Sa trajectoire fait de plus en plus penser à celle de prédécesseurs
moins discrets en affaires.
L’histoire du championnat de France a toujours fait succéder de
mauvaises chutes à des destins fastes (St Etienne, Marseille…).
Argument limite car tendancieux.
Petit e (e comme erroné)
Que JMA continue de faire de son entreprise une bénéficiaire
est tout ce qui est souhaitable pour le football hexagonal.
Cependant, pour que d’autres clubs relèvent sur le long terme
le niveau français par rapport à ses voisins proches, il faut que Lyon laisse
place au moins une année sur deux. Reste à Bordeaux et consorts de construire
une stabilité à l’image de l’Olympique Lyonnais.
Argument subjectif mais objectif pour le football français.
Irrecevable car il ne faut pas confondre : Lyon ne devrait pas remporter
le championnat avec Lyon pourrait ne pas remporter le championnat.
Au bout du compte, Lyon pourrait quand même remporter ce sixième titre de suite. Faites vos jeux.
13 juillet 2006
Kronique N°50 – La der avant la prochaine
Lorsque j’ai mis en ligne la Kronique n°1, nous étions le
premier jour du Mondial allemand. Quelques intervenants invités de premier
ordre, 35 jours et 50 notes plus tard, je vais fermer la Kronique.
Je me demandais à l’époque ce que je pourrais bien y mettre
dedans sans avoir l’air de trop radoter et en ayant l’impression de faire
quelque chose d’intéressant. Pour moi et si possible pour vous.
Je constate que le nombre de lecteurs a constamment évolué
durant ces semaines.
Je remarque aussi que : utiliser « justification Zidane,
Materazzi coup de boule, slip homme gros paquet, thierry Gilardi est-il marié, rumeur,
ma scelle me fait mal au cul, monica bellucci, supportrice brésilienne, bar de
fille à Lisbonne, Lorie dénudée » sur Google conduit à ce blog (véridique).
Parmi toutes ces recherches fantasmagoriques, il y a tant de
références sportives que je suis admiratif face à la reconnaissance de mon travail.
Je me suis amusé, via les lectures passionnantes et
fleurissantes sur cette Coupe du Monde, à m’apercevoir que je ne disais pas que
des âneries. Considérons bien entendu que les digressions semi sportives ne
sont pas des âneries.
Cependant, à force de concentration sur l’évènement, j’ai
découvert le plaisir naturel que je pouvais avoir à persifler des idées autour
et sur le football.
Une confrontation, une épreuve, un fait de match, la taille d’un
crampon alu, la marque de la vache dans laquelle ont été taillées les nouvelles
Adidas, la longueur des cheveux de Zidane, la nuance de couleur de peau de
Thuram, les boules d’un sélectionneur espagnol, un but, un non but, une faute,
un tibia - péroné brisé, la nostalgie de temps d’avant que Platini soit gros et
cravaté, un argentin cocaïnomane, le football suisse, un rien me permet de
pondre une note d’une bonne page (mais peut-être pas une bonne note d’une
page).
Je n’osais pas précédemment tailler des cuissardes au football
(ma passion, c’est le football) parce que justement, le football a cette image
dégradée dans l’esprit de beaucoup de gens normaux.
Argent, dopage, magouilles, violence. C’est restrictif mais
réel. J’ai beau me forcer, lorsque je vois un ballon, je ne vois pas cela. Mes
confuses.
Faisons un parallèle entre le football et la politique. Nous
sommes tous d’accord pour dire qu’il y a bien des imperfections (humaines) dans
nos systèmes politiques. Et pourtant la politique reste nécessaire.
Ben, le football, c’est exactement pareil.
(Ok, le parallèle était osé mais je n’ai jamais aimé la
géométrie).
Quel sport aujourd’hui ne demande pas des capacités physiques
contraignantes, n’est pas lié aux brassages de billets, n’a pas subi de
tractations frauduleuses …
Même le patinage artistique fait discuter autour des décisions
des juges.
Il resterait bien la pétanque mais avec la vidéo, je suis
persuadé que nous découvririons des choses pas très propres. Normal, à force de
manipuler des boules.
Il faut donc supprimer le Sport.
Alors là, argument irréfutable mais je ne serai pas le premier
à voter ou il faudrait que Monica Bellucci me passe sur le corps (et paf Google).
Ou alors il faut chercher continuellement les mots pour vous faire aimer le Sport (le football, ne nous emballons pas pour le Rugby ou le Canoé-kayak).
Ne me demandez pas comment je peux avoir autant de tribulations
autour d’un ballon.
Il est bien possible que cette expérience se répète quelque
part. Peut-être.
Je vous remercie pour votre aide, vos interventions et vos passages.
Kronique N°49 – Saluons le héros

Après son interview effectivement très consensuelle, je reste d'accord avec moi-même, ce qui n'est pas peu dire.
Un petit regret me taraude. Quitte à être expulser en finale d'une Coupe du Monde, pourquoi ne lui a t-il pas échangé son pif en tomate écrasée pour sauce bolognaise, à ce Materazzi ? Hein?
Mais s'il l'avait fait dans le couloir menant aux vestiaires après avoir gagné la Coupe du Monde, ça, c'était la classe. Finalement, encore un peu perfectible ce Zizou.
J'en profite pour dire merde à tous ces journaleux rive gauche de la Seine sûrement plus polo que football: "dites donc, comparez le geste de Zidane à une vulgaire réaction de footballeur de banlieue (véridique), vous savez ce qu'il vous dit le footballeur de banlieue ? Hein, vous savez ?"
Moi aussi, je peux être un rebelle. D'abord. Si je veux.
Bon l'important, c'est quand même ma note ci-dessus linkée.
12 juillet 2006
Kronique N°48 – L'Italie en haut du paquet (2)
Comment peut-on faire pour truquer un match de football (ou de
Catch féminin dans la boue, je ne suis pas sectaire) ?
Si je passe volontairement sur toutes les méthodes liées à l’organisation, comme arranger les tirages au sorts des grandes compétitions pour obtenir un Allemagne – Brésil ou un France – Brésil en finale de Mondial (ça ne marche pas à tous les coups), il reste deux options : soudoyer les joueurs adverses (donc le Totonero des années 80) ou soudoyer les arbitres.
Le procès de Rome qui doit (devrait, éventuellement peut-être,
avec un peu de chance, si tout le monde est d’accord, et que les enveloppes
distribuées sous les tables entre prévenus, jurés, juges et parties sont bien
masquées) donner son verdict demain (il aurait été malvenu de donner les
conclusions la semaine dernière ou pendant les festivités de victoire).
Il s’agit donc d’une immense organisation avec un certain
Moggi, ex-dirigeant de la Juventus, à sa tête, qui manipulait la fonction
arbitrale en Italie (et peut-être aussi sur certains matchs européens) afin de
« faciliter » certaines décisions sur le terrain.
Oups, un penalty oublié, oups, un penalty sifflé, oh le carton
jaune, bigre, un carton rouge, diantre 11 minutes de plus pour permettre
d’égaliser ?!
L’arbitre peut orienter bon gré, mal gré, le cours d’une partie
en sifflant beaucoup, peu, en fermant les yeux ou en les ouvrant trop. Ce n’est
pas un hasard si aucun des titulaires avertis de France – Portugal n’ont eu de
cartons jaunes synonymes de finale sur le banc. Une finale de Mondial sans
Zidane ou Figo, c’est moins vendeur pour la Fifa.
De là à dire que la Fifa, pour des objectifs de gros sous
médiatiques, donne des instructions …
Heureusement qu’il existe des Zidane pour mettre une
organisation bien ficelée en l’air.
Donc, une partie du corps arbitral était manipulée (menacée ?) par Luciano Moggi et ses sbires pour aider la victoire de la vieille Dame (Juventus). Certains clubs comprenant la technique ont voulu participer au jeu (Fiorentina, Lazio de Rome, Milan AC) pour ne pas laisser passer le train de Moggi les bons tuyaux.
Les écoutes téléphoniques ayant piégées la bande à Lucciano sont
effrayantes pour l’image des clubs et de la Fédération. Ce n’est
pas un hasard si les principaux dirigeants des clubs et institutions ont
démissionné par précaution.Même le Lippi, sélectionneur champion du Monde, soupçonné de choisir
ses joueurs en fonction des consignes de Moggi, ne souhaite pas reconduire sa
mission à la tête de la
squadra. Le second entraîneur le plus respecté d’Italie,
Fabio Capello, fuit la Juventus pour aller trouver le Real. On se demande
presque ce que va faire Deschamps dans cette galère.
Si les échanges de faveurs sur tapis vert conduisaient à des
résultats assurés, certains joueurs n’étaient pas en reste. Pas fou, Buffon,
meilleur gardien du Monde, est impliqué dans des paris de matchs. Normal, en
tant que gardien de la Juve, il avait la source des informations pour arrondir ses
fins de mois.
Nous saurons rapidement quelles sont les responsabilités
directes, indirectes, si des titres de champions seront retirés, si des clubs
changent de divisions…
Le procureur a réclamé une Juventus en division 3 et les trois
autres clubs en division 2, plus des points de pénalités.
L’information qui court déjà atténuerait tout cela en projetant
uniquement la Juventus en Série B, ce qui expliquerait l’engagement de
Deschamps (à moins d’une clause de sortie si division inférieure).
Si la Juventus est en B, et étant donné son énorme implication dans
ce scandale, je supposerai que les autres clubs seront confirmés en Série A,
avec quelques amendes pour faire accepter cela.
Risible.
Il est des fois où les insultes sur un terrain de football me
paraissent plus franches.
J’imagine un Olympique de Marseille rétrogradé en seconde
division en 93 pour la preuve d’une tentative de corruption d’un seul match (cela ne dit pas s’il y en avait d’autres…)
et la légèreté des sanctions italiennes pour ces 4 clubs phares. Il est vrai
que le football est la seconde (première ?) religion du pays et que des
dirigeants politiques italiens avaient même proposé que l’on ferme les yeux sur
les joueurs litigieux en cas de titre mondial…
L’Italie tremble et je me demande quand nous y arriverons en France.
De source éventuellement sûre, il serait question qu’Aulas, président de l’Olympique Lyonnais, ait déjà bien décortiqué la technique. Il serait étonnant que nos dirigeants français ne lorgnent pas de l’autre côté des Alpes pour rattraper leur retard footballistique. Nous ne sommes pas plus bêtes que nos voisins quand même.
A côté de cela, de cette semaine agitée, Zidane va faire son mea culpa consensuel ce soir. Il
redeviendra cet homme gentil, affable, exemple pour les tous petits et pour
redorer une image que le Monde entier aura écorné plus que de raison en
oubliant que qu’il n’est qu’un homme.
Je crois désormais que de part ce geste incroyable, sa légende
sera d’autant plus extraordinaire.
Demain, réflexions et fin des Kroniques (enfin, normalement, peut-être, si tout se passe bien, si je ne reçois pas un chèque sous le bureau pour continuer…).
Kronique N°47 – L'Italie en haut du paquet (1)
Maintenant que le Mondial est terminé, nous allons pouvoir
parler de choses sérieuses.
Autant la France est connue pour avoir dix ans de retard sur
les Etats-Unis en terme politico-sociaux et taux d’obésité, autant nous avouons
aussi un décalage sportif avec nos voisins transalpins.
Tout ce qui suit pourrait être interprété
comme une arrière pensée de vendetta personnelle contre une nation qui vient de
gagner dans de honteuses conditions
la Coupe du Monde au dépend de la France mais ce n’est quand même pas de ma
faute si l’Italie se doit de plonger dans les magouilles à chaque fois qu’ils
gagnent une étoiles, non ! Non ? Bon. Et j’ai le droit de parler de
Berlusconi ? Non ? Bon.
Quand je pense à Bernard qui aura été pris à cause d’un
malheureux sac de biftons enterré dans un jardin du Nord, quel manque de
professionnalisme ! Bien sûr, le dénommé Glassmann à la langue pendue aura
été exclu du football et montré du doigt comme une oie grippale pour avoir dit la vérité. Il n’aurait pas
fallu lui construire une statue face à la mer du Nord quand même.
Alors bien sûr, nos agents de joueurs, joueurs, présidents, managers,
entraîneur-managers, directeurs sportifs tentent depuis des années de se transférer
les uns les autres sur le dos de la législation et des règles avec comptes en
Suisse homologués mais ce n’est que peu de choses par rapport à nos amis
transalpins. Je m’offusque contre les punitions exemplaires françaises qui
tuent les échanges de liquidités. L’usage d’un prix au kilo de bidoche de
mollets de footballeurs est monnaie courante (…hu
hu, si j’ose dire).
Etudions avec attention les manœuvres ritales (je vous rappelle que ce terme est affectif puisque je
suis toujours 50% du côté de Triestre et Venise tandis que ma femme est de 50%
de Sardaigne, c’est dire si je ne suis pas aidé) afin de se préparer à
ce qui mouvementera nos JT dans quelques années.
Dans les années 80, le Milan AC (pas
encore Berlusconien), la Lazio de Rome (connue
pour élever du fasciste à la graine) et d’autres clubs ont été rétrogradés
pour avoir osé truquer les matchs de championnats.
Les joueurs levaient le pied pendant les rencontres alors que
des gardiens évitaient de lever les bras.
C’est ce qu’on appelle le Totonero.
J’ai bien analysé tout le bazar, il me semble que toute cette
organisation à peine mafieuse n’a aucun rapport avec une histoire de Toto mais
je continue l’enquête.
(Et il parait que cela a motivé
le beau brun ténébreux Paolo Rossi à terminer meilleur buteur du Mondial
espagnol en 82 malgré deux ans de suspension de licence et de suppression de cannellonis).
Dans les années 2000, plus précisément depuis deux ou trois ans
et particulièrement cette dernière saison, nous avons le scandale des matchs
orientés à l’arbitrage latéral. Je ne sais pas encore quel joli nom les
italiens donneront à ces écarts de conduites. Je propose à tout hasard le Materazzi. Ça sonne tellement bien que
ça doit être creux.
Donc, pour gagner dans le célèbre Calcio (on dit Calcio en Italie comme pour la Liga espagnole, la Premier League anglaise et la Ligue 1 française ayant changé de nom depuis qu’Orange la sponsorise et qu’on ne marque plus un but), la Juventus et ses amis contrôlaient la masse arbitrale via un réseau de corruption pas piqué des hannetons.
La Juventus est un club de football délicat à manier car
Platoche, Zizou, Thuram, Deschamps, Trezeguet, Henry, Desailly, Vieira y sont
passés ou y sont encore. Il ne faudrait pas que faute aux italiens, l’aura de
ces formidables champions, propres sur eux, soit écornée. Donc, il semble évident
que les joueurs français n’étaient pas au courant de tout ce ramdam. Rendez
vous compte qu’il a déjà été question de dopage en Italie et à la Juventus, que
Zidane avait été convoqué. Comme si Zidane pouvait se doper. Pourquoi pas
Armstrong l’uni-couillu tant qu’on y est. Laissons de côté ces divagations pour
revenir au sujet (bien que pour Lance, avec les américains, je ne sais pas
trop).
Le truc un peu idiot de cette affaire là, c’est que les policiers
italiens ont découvert le pot à spaghettis pendant des écoutes téléphoniques qui
n’avaient aucun rapport avec cette pizza là (enfin,
ça avait un rapport avec d’autres magouilles, mais pas celles-ci, ce qui est
donc un peu bête. Je serai avocat, j’attaquerais le vice de forme).
Il y a un procès en cours depuis mi mai et, fait amusant (si,
si, ça m’amuse), c’est que le verdict va tomber demain ou très
prochainement.
Bref, plus personne ne suit (et s'en fiche), je vous donne rendez-vous plus tard pour la suite.
11 juillet 2006
Kronique N°46 – Mur raillé
Le maillot est toujours froissé sur le canapé. Il a le n°6 de 1998.
Le n°6, c’était Djorkaeff mais je pensais avant la compétition que ce serait Deschamps. J’ai toujours été admiratif de Didier et de son travail de l’ombre. Il est sans doute le plus grand bâtisseur de la victoire.
Cette année, si j’avais acheté le nouveau maillot, j’aurais
pris le n°15, Thuram.
Pour les raisons expliquées précédemment, ses adieux aux larmes
sont difficiles à supporter. Il a cumulé ce plaisir de gosse à cette volonté
d’homme pour tout donner sur un rectangle vert.
Je n’aurai jamais pu porter un n°10 dans le dos. Ni Platini, ni
Zidane. Bien sûr, ils représentent la technique, le beau jeu, l’art du ballon,
ils sont mis en avant, ils créent. Mais derrière eux, ce sont toujours des
Vieira, Makélélé et Thuram, Trésor, Bossis, Batiston, Tigana qui font ce qu’ils
deviennent.
Le Real Madrid n’a plus rien gagné depuis que le club n’a pas
su retenir Maké, et cela malgré Zidane et les autres stars.
Zidane a été élu meilleur joueur du Mondial, sorte de titre
posthume en quelque sorte. Remarquons qu’il n’y avait pas vraiment d’autres
joueurs aussi essentiels en sept matchs. Peut-être quand même Thuram. Mais les
défenseurs ne sont jamais gagnants aux concours du beau jeu, ni au Ballon d’Or ou
récompense de la Fifa.
Au football, on retient toujours le dernier buteur ou le
meilleur, celui qui marque le penalty, jamais un autre. On le félicite mais pas
suffisamment pour reconnaître la qualité intrinsèque de son jeu.
On se moque d’un tir de défenseur mais rarement d’un tacle d’un
attaquant.
Savez vous que le tacle est un geste technique pas si évident à effectuer sans emporter un bout d’os ou un courant d’air ?
Lors de la finale, Thuram a réalisé un geste énorme sur Toni en
pleine surface de réparation, un tacle venu de loin qui stoppe l’action de but
au dernier moment. Si l’attaquant rate sa frappe, la sanction est :
attendons la prochaine pour voir s’il met le but. Si le défenseur rate son
intervention, la faute qui l’incombe est évidente, un penalty ou un but tout
simplement.
Le défenseur est souvent sanctionné, rarement récompensé.
L’avantage, selon l’arbitrage doit toujours aller à l’attaquant.
Nous n’insistons jamais assez sur les qualités tactiques, de
coordination qu’il faut pour mettre en place le hors-jeu, la couverture
alternée en défense.
Un dribble est toujours plus télévisuel.
Sur un terrain de football, j’ai souvent eu le rôle de milieu
défensif ou de stoppeur, voire libéro. C’est peut-être ainsi qu’il faut placer
les humains qui ne sont pas dotés de la technique de Zidane.
Thuram avait un rêve fou, un jouet de gosse. On lui a reprit, ou on lui a cassé.
En 1991, lorsque Basile Boli pleurait de sa finale de Ligue des
Champions perdue aux tirs au but contre les yougoslaves aussi attentistes que
des italiens, il y avait toute la rage d’un joueur qui donnait aussi tout. Et
pourtant, Basile n’était pas un enfant de cœur.
Thuram a pourtant déjà tout gagné dans sa carrière. Il a été au
sommet du Monde, de L’Europe, pour son pays et pour ses clubs. C’était son
dernier défi avec les autres vieux, avec Maké et Zidane.
Si demain, j’avais la possibilité de rencontrer une seule personne, juste pour causer, entre enfants presqu’adultes, avec douze petits mois d’écart, j’aimerais que ce soit Lilian.
Lilian, si tu me lis...
Kronique N°45 – L'exemplarité
Je ne devais pas réagir à chaud.
Surtout pas à 23h, ce dimanche soir 9 juillet, lorsque l’équipe
de France récupérait ses médailles amplement méritées mais pas suffisantes,
pleurait et que Zidane, l’indispensable, avait explosé trente minutes
auparavant.
Je lis et j’entends tout sur sa réaction impulsive qui clôt une
carrière épatante. L’exemple, les enfants, idiotie, impardonnable, inexcusable…
Cette expulsion, sa quatorzième sur un terrain, n’était pas la première mais sera sa dernière. La fin est cynique.
J’essaye de replacer le contexte d’un joueur qui décide de faire d’une Coupe du Monde son dernier combat, de rapporter le Graal avec une bande de copains. Il n’y avait plus que cette finale entre ce qui l’a fait vibrer pendant 34 ans et le vide de compétition qui suit. La planète l’attendait au tournant, il a démontré en deux matchs contre l’Espagne et le Brésil que sa réputation n’était pas erronée, ni exagérée. Alors il y a la pression, les pensées qui s’échappent et ces cons d’italiens qui lui râpent les chevilles depuis cent minutes, qui l’insultent parce qu’ils savent le bonhomme et le contexte. Mais ces cons d’italiens ne font peut-être rien de plus que tous ces cons de footballeurs de tous les pays qui jouent de l’intimidation et de mots déplacés pour déstabiliser un adversaire. Rien de plus.
Materazzi était donc un con, grand certes, mais un con quand
même. Mais Zidane avait l’expérience, l’âge, le recul, et n’avait peut-être pas
la langue dans sa poche non plus. Zinédine n’est qu’un homme, c’en est même
étonnant puisqu’on dit de lui qu’il est divin, alors il a déconné. L’espace
d’une seconde, ça a fait tilt, il a oublié ses potes, la finale, ses promesses,
les enfants l’exemple, sa carrière, son image pratiquement parfaite,
l’évènement, l’arbitre.
Zidane a-t-il le droit de faire ça ? Barthez avait-il le
droit de cracher sur un arbitre ? Cantonna devait-il faire un kung-fu sur
un supporter de Crystal Palace ? Et Totti, aussi en plein Mondial, crachat
t-il, et d’autres encore.
On attend tous d’un homme public qu’il soit irréprochable,
lisse comme un Fabius couvert de sang contaminé en pleine campagne.
Je ne suis pas d’accord. Chaque personne a la liberté profonde
de déconner.
La seule obligation qu’il doit avoir, c’est d’assumer son
geste, si con soit-il.
Barthez n’a jamais regretté son imitation de lama. Qu’aurions-nous
fait dans la même situation ?
Règles et devoir d’un homme public : être propre sur lui.
Non, l’homme public a l’image que le public lui donne avec son accord ou non,
d’ailleurs.
Zidane assumera son coup de boule. Il n’y a pas à l’excuser ou
le pardonner, il est libre comme une mouette qui suit un chalutier en pensant
qu’elle va avoir du poisson (phrase qui d’ailleurs
ne veut rien dire, un mythe est tombé).
Alors les enfants, bah oui, les enfants, le mauvais exemple.
Non, il y a là au contraire le meilleur exemple qui soit pour
eux.
Zidane, le meilleur joueur du Monde, élu par la Fifa (c’est donc
amusant ?) pour ce Mondial allemand a fait un écart relatif aux lois. Il a
été sanctionné, point. Peu importe son statut, il a été puni comme un homme
simple, par un carton rouge d’une part et ensuite par cette défaite dont il
pourrait être tenu aussi responsable, quoi qu’en disent ses partenaires
conciliants.
Qu’y aura-t-il de plus difficile à subir que les images de
Thuram et de ses potes en larmes alors que Zidane sera incapable de leur dire
comment se serait terminée cette finale avec lui.
Alors que la morale prude lui lâche les crampons, il suffit d’expliquer
la réalité des choses et je ne vois pas un seul gamin être traumatisé par ce
coup de boule de Zidane. Je ne pense pas qu’un seul gamin accepterait d’être
montré du doigt par ces camarades, suspendu par un entraîneur ou une maîtresse
et porterait avec plaisir cette culpabilité.
Quant à l’explication du geste, le coup de sang. Zidane est humain et c’est tout. Je me rappelle un match du dimanche matin bien moins encadré qu’une finale de Coupe du Monde où un de mes amis avait failli se faire couper en deux par la brute d’en face (1OO kg, 1m90). Je l’ai regardé de mes trente kg et dix cm de moins en lui expliquant qu’il n’aurait pas intérêt à se retrouver dans ma zone pour le maintien de sa malléole.
Je
savais bien que je ne m’en sortirais pas indemne en le taclant 5 minutes après
(et en ratant sa cheville, ce qui est bien malheureux) mais je l’ai fait et ai
gagné le droit de faire réparer ma chaîne (c’est qu’il m’a attrapé par le colback
cet espèce de Materazzi de banlieue).
Bon,
il n’est pas question d’applaudir le geste (d’autant que si ça avait été Pirlo,
il aurait eu le pif en sauce tomate), mais de relativiser.
