27 juin 2006
Kronique N°29 - Corrida
En temps normaux, c'est-à-dire les jours où il n’y a pas de
1/8ème de finale de Coupe du Monde entre l’Espagne et la France (avouons que c’est
une majorité de temps), je ferai mon travail de mardi de juin sans les mains
moites.
Mais, les doigts glissent sur le clavier comme une tomate mozzarella
basilic sur l’huile d’olive.
L’Espagne est joueuse et se présente sous ses plus beaux atours,
prête à achever le vieux et lent taureau qui paradait dans l’arène des années
auparavant.
Je n’aime pas la corrida et je ne suis jamais aussi heureux que
lorsqu’une corne pique quelques cojones
pendantes parce que le mini Big Jim décoré en sapin de Noël avait sous estimé
son adversaire.
L'Espagne est favorite, la France a perdu ce statut.
La confrontation est belle car deux styles vont s’écharper
pendant 90 ou 120 minutes dont j’ose penser que le spectacle sera autrement
plus plaisant que celui de la veille.
Le pays va arrêter son souffle, le périphérique parisien va être
aussi fluide que certains transits intestinaux avant un tir du trio
Villa-Torres-Raul, l’audience de la Une va encore atteindre son record annuel
et les gens vont se regrouper pour expier leurs craintes de la fuite d’un
espoir à peine né d’un soir au couleurs togolaises.
Et si Monsieur le corps arbitral pouvait se montrer irréprochable, juste une fois, juste pour ne pas avantager une équipe, volontairement ou non, comme un second but hors jeu du Brésil contre le Ghana qui change un match. Et si la Fifa avait pu nommer un arbitre d'un autre continent que celui de l'Europe pour ce match.
Dans les cafés, les bars, les terrasses, il y aura toujours les
mêmes images de ces yeux braqués comme des phares vers la pelouse cathodique.
Hanovre va résonner entre chant de coq et castagnettes. Manolo
va taper comme un sourd sur sa grosse caisse maintenant qu’il a fini de faire
du stop.
Alors comment va sortir Zidane ?
La compétition vient de commencer. Ce serait dommage.
Je crois que j’y crois. Rien ni personne n’a affirmé la
facilité de la tâche.
Kronique N°28 - Un quart pour oublier
Il y a des parties manquées dans des embouteillages, un
rendez-vous qui se prolonge, un évènement familial, un compromis momentané, un
arrosage de salades. Ou bien s’agit-il que de moments brefs ou plus longs pour
un rasage, une douche ou le repas des nains, voire un coup de téléphone, un
aspirateur à passer, quelqu’un qui sonne à la porte, un dîner.
Mais dans l’ensemble chaque match comporte son intérêt. Il y a
toujours un petit moment sans prétention qui rassure le spectateur.
J’ai eu la chance de rater Ukraine – Tunisie qui fut un grand
moment de solitude pour le football.
Des autres groupes, il a été dit que France – Suisse fut le
pire match de la compétition à ce stade d’alors alors qu’on arrivait à trouver
un intérêt à Suède – Trinité etcetera. Certains matchs furent pauvres
techniquement et ou en buts.
Mais à partir des 8èmes de finale qui se terminent déjà ce
soir, tout est différent d’avant, de l’écrémage précédent.
Force est de constater que l’Argentine a relativisé son jeu
flamboyant en passant sur le Mexique en match couperet.
Vous connaissez Oleg ?
Oleg Blokhine n’est pas un rigolo. Ce fut une star en attaque
avec le Dinamo de Kiev, ballon d’or France Football 1975 mais ce n’était pas un
rigolo. Oleg était russe de l’URSS alors et ce n’était pas un rigolo.
Après l’humiliation contre l’Espagne en poules (0-4), il
employait des mots forts qui prouvait le manque d’humour de cet ancien
militaire. Il fallait bien être militaire dans les années 70 en URSS pour faire
du sport à haut niveau.
Mais Oleg est ukrainien maintenant (et toujours pas très
rigolo) et en quart de finale de Coupe du Monde pour la première participation
de son équipe.
En face, il y avait les Suisses, eux aussi, durs à cuire. Ils
ont perdu sans perdre et sans encaisser de buts dans le jeu. C’est étrange le
football, non ?
Le fait est que l’Ukraine et la Suisse ont été mêlées aux deux
matchs les plus insipides des groupes de la première phase. La France et la
Tunisie n’y ont pas été pour rien mais sont en dehors du coup d’hier soir.
Donc, je disais en préambule qu’il peut arriver de rater un
morceau ou tout un match à cause de nos vies trépidantes remplies de
tribulations non moins nerveuses.
Seulement, hier, lundi 26 juin 2006, j’ai craqué comme je cède
rarement.
Après 90 minutes de ce match, j’ai déposé les armes, je suis parti
tête basse.
On m’aurait demandé le futur score du match au bout de dix
minutes de jeu, c’était déjà transparent comme la tête pleine d’eau de l’arbitre
Ivanov. Le 0-0 nous crachait à la gueule son mépris.
Au bout d’une heure déjà, je n’espérais plus rien que de finir
mon verre d’eau gazeuse qui montrait plus d’agitation que le terrain de
Cologne. Une histoire d’eau.
Diantre que le spectacle fut aussi désolé qu’une steppe russe
près de Vladivostok. Juste quelques herbes balayées par le vent qui ondulaient dans
les tribunes.
J’ai donc quitté l’écran vers 22h50, laissant helvètes et
hommes de l’est à leurs occupations.
Il n’y avait pourtant plus que 30 minutes déjà sculptées dans
le marbre pour atteindre les premiers tirs au but de ce Mondial. Mais ce fut
trop, je n’en pouvais plus d’indigence.
J’appris ce matin que l’Ukraine rencontrerait l’Italie, égale à
elle même. J’avais fait de la Suisse mon outsider. Dommage.
Oleg, qu’as-tu fait de ton football ?
Köbi Kuhn, ton équipe sera-t-elle la même dans 2 ans pour ton
Euro ?
26 juin 2006
Kronique N°27 - Lundi emballé
Angleterre – Equateur fut une telle purge que Beckham a juste
eu le temps de marquer un but sur coup franc entre deux vomissements. Ce sont
les jardiniers qui seront contents de ne pas ajouter d’engrais.
Comme convenu, Portugal – Pays Bas fut indécis, autant sur le
nombre d’expulsés en fin de match que du nom du quart de finaliste retenu.
Quatre cartons rouges furent le minimum syndical et j’attendais
non sans une certaine joie que les équipes terminent à 5 contre 5 (je sais, ce
n’est pas possible) sur un demi terrain. Ce n’est pas un hasard si les
hollandais ont cette réputation un peu bourrine et si les portugais sont connus
pour leurs simulations.
Alors évidemment, un portugais qui tricote un peu, qui fait de
l’esbroufe pour se la jouer, ça agace. Il ne faut pas s’étonner que le ‘deux
neurones en parallèle ’ d’en face sorte l’artillerie lourde.
Ensuite, une baffe, un coup de coude, un autre de boule, on se
regarde, on se marche dessus, il ne manquerait plus qu’ils se respectent ces gars
là.
Et puis bien sûr, l’homme du match fut de nouveau, comme lors
du neutre et calme France - Suisse aux 8 cartons jaune, Mr Ivanov. Il siffle,
il ne siffle pas, il laisse l’avantage quand une jambe est broyée et arrête l’action
pour vérifier ses lacets, il donne un jaune quand il faut un rouge et ne sort
pas le rouge quand des crampons s’enfoncent sur les épaules adverses.
Ils n’ont rien d’autre à la Fifa pour un match comme celui-ci ?
Van Basten, l’ex-star orange doit bien être déçue de son équipe
qui n’aura pas su mettre une malheureuse baballe dans les buts en supériorité numérique.
Sûr que la défense et défiance portugaise peuvent avoir le
sourire amoché du boxeur vainqueur édenté avec les yeux au beurre noir.
Aucune des deux ne démontre son droit à remporter le trophée. Et
comme l’Angleterre, futur adversaire, n’a encore rien affiché, cela promet pour
le quart de finale.
En attendant, je me retrouve avec deux enfants mal fichus d’une
météo aléatoire pour mon solde de reteuteu. Ah ça, ils ne pourraient pas
moucher, cracher, tousser un jour de labeur. Ben non, c’est repos à la maison,
docteur et je suis sûr que le rendez-vous sera pris à l’heure de l’Italie –
Australie. Plus de respect les gamins. Carton rouge aussi et paf.
Après Dora l’exploratrice
et Tchoupi, je fatigue déjà. Je dois
couver quelque chose.
Bon, y’a un épisode des Sauvetout qui commence et que je n’ai pas vu. Je vous laisse pour un lundi à priori nuageux.
25 juin 2006
Kronique N°26 - Penser des balles
Kronique n°3, je dis : « Klose et Podolski
feront partie sans aucun doute des vedettes de la compétition »
Note L’hypothèse, je dis : « Allemagne – Italie en
finale ? »
Je crois que j’atteins la vitesse de croisière puisque je cite
mes propres sources fièrement.
Et on y est, Allemagne – Argentine en quart. L’Allemagne va y
aller, elle va se faufiler sans coup férir jusqu’à la Coupe Jules Rimet. Fi de l’Argentine
qui ne pourra plus développer son football champagne avec la pression des matchs
couperets.
Il n’était pas chiant le match de 21h hier ? Hein ? Ben
si.
Quelques heures avant l’équipe allemande avait débordé la Suède d’une blitzkrieg
footballistique de dix minutes qui aura plié proprement le match.
Bientôt l’Angleterre va souffrir un peu contre l’Equateur juste
pour savourer le plaisir de préparer le Portugal ou les Pays Bas à l’étape
suivante. Voilà bien un match totalement étonnant dans lequel je ne saurai décider
qui des portugais, qui des hollandais passeront ce soir.
Ensuite, un chouette Brésil – Espagne ou France et un Suisse – Italie.
Elles ne sont pas belles ces confrontations ?
En attendant, le souci français reste de savoir comment jouer
tactiquement avec Zidane.
Deux attaquants, un, quelles formations ? Vas-y Raymond, discute
avec les anciens, pondez-nous quelque chose qui contredise les prévisions
espagnoles.
Et puis, juste par principe, si Henry pouvait fêter le but
vainqueur face au sélectionneur hispanique Aragones qui l’a appelé ‘sale nègre’
en novembre 2004...(la traduction varie aussi avec 'noir de merde')
Juste par principe.
Les journaux de l’autre côté des Pyrénées ne parleraient sans
doute plus le jubilé de Zidane pour mardi.
Hier soir, je terminais l’Argentine – Mexique avec le parrain
du fiston, pas footeux pour un sou vingt ans plus tôt, ayant revu sérieusement ses
goûts en la matière. Je terminais également la vieille bouteille de génépi dans
laquelle un petit bonhomme en bois allait sécher.
J’écoutais de nouveau ses constatations sur les gens qui
changent, ceux qui ne changent pas –mais en fait qui changent sans qu’on s’en
aperçoive- . Et du soleil d’hier à la pluie ininterrompue de ce dimanche,
je me dis que tout cela n’est rien.
A chacun sa baballe pour marquer sa vie.
Et je ne referai plus de philosophie de bazar.
24 juin 2006
Kronique N°25 - La pénitence
Pardon Raymond, j’ai douté.
Certes, tu as fait sortir Vieira dix minutes avant la fin,
toujours dans le but de lui faire profiter d’une standing ovation, comme Zidane
à trois minutes de la fin du dernier match. Vieira fut énorme comme rarement un
joueur le fut.
Dix minutes, trois minutes, quelque chose me dit que tu te
lâches Raymond.
D’autant que tu avais remplacé auparavant les deux milieux excentrés
(un milieu peut-il être excentré d’abord ?) en faisant rentrer Govou dont
on ne sait s’il a touché la balle sauf sur une action où il pensait traverser
le terrain en ligne droite et Wiltord qui décidément n’est que l’ombre de lui-même.
Tu as laissé un Makélélé étrangement absent des débats sauf
pour distribuer des passes aux togolais.
Ton coaching me plait, Raymond car je n’y comprends rien et c’est
bien la preuve que je n’ai absolument pas les compétences d’un professionnel du
football et donc que toutes mes remarques ne sont pas fondées.
Mais j’ai douté Raymond. Je m’excuse. J’ai pourtant dit précédemment que c’est à la fin qu’on comptera les points. Mais à la mi-temps, alors que la France devait mener 5 ou 6 à 0, j’avais déjà changé deux fois de caleçon, j’avais déjà balancé les coussins par la fenêtre et mon verre n’avait raté que de peu le téléviseur. Mon poteau, avec qui je tressaillais face à l’écran, devenait blanc ou rouge par intermittence. Nous étions deux adultes mâles à ne savoir si les occasions manquées étaient le signe de la persévérance ou seulement le signe que c’était purement une chiotte de match pourri sous de mauvais hospices.
Tant qu’il y avait 0-0, c’était limpide, nous allions nous
prendre en contre, sur la seule attaque togolaise et sur un centre tir dévié
rebondissant sur la seule ‘tain de motte de terre d’une taupe allemande élevée
par Rumenigge, un but improbable de raccroc.
C’était clair, il suffisait d’attendre, de regarder Ribéry
balancer des missiles exocet dans les étoiles, voir Treze(no)goal s’agiter et
ne pas cadrer, Henry sprinter dans le vide comme en finale de 100m olympique
pour comprendre que le but togolais était inéluctable.
Ensuite, il y eu 1-0. Je restais prostré, les mains sur la tête
pendant plusieurs secondes en me disant que non, ça n’est pas possible, on va
flipper jusqu’au bout parce que ces andouilles de coréens et de suisses d’en
face allaient égaliser.
Le ballon circulait moins nettement dans les jambes bleues et
le Togo fut inexcusable en ne cessant de vouloir marquer contre ses anciens
colonisateurs. C’est un coup à ce que la France ne se mêle plus de leurs élections
présidentielles !
J’ai douté jusqu’au second but Raymond parce qu’il arrive à mon
pays depuis 6 ans, le retour de bâton d’une réussite trop présente pendant le
doublé 98-2000 et que la réussite se vengeait avec délectation.
L’arbitrage ne fut pas fiable, comme d’habitude et je
pressentais une expulsion ou un penalty idiot comme la Tunisie dans l’après-midi.
La France serait
donc aux mêmes loges des équipes africaines pour l’arbitrage orienté de la Fifa ? Il est vrai notre
équipe est joyeusement colorée cette année et j’en entends des vertes et des
pas mures sur cette constatation extra sportive. Les arbitres de la Fifa ne se fient-ils qu’aux
couleurs de peau pour siffler à tort et à travers ?
A 2-0 sur les deux matchs à ¼ d’heure de la fin, nous
respirions et les mots d’humour revenaient. Même les mauvaises passes passaient
devant nous avec indulgence.
Il faisait frais dehors à 23h. Je me disais que l’essentiel
était fait et que le Mondial commençait enfin.
Mais j’ai douté Raymond. Pour me faire pardonner, j’ai fait
pénitence ce matin.
J’ai repassé pendant deux heures avec le Best Of de Francis
Cabrel 77-87 (véridique).
Puisses tu m’excuser un jour.
PS: hospices, auspices, à cause de l'âge de l'équipe. Non? Bon, désolé.
23 juin 2006
Kronique N°24 - Superstition
En fait, malgré les apparences, je déteste bavasser sur les matchs
attendus, imaginer les scénarios, me flageller d’avance, mettre une bouteille
au frais au cas où.
Je n’aime pas le comportement trop prétentieux d’une victoire
assurée.
Statistiquement, l’équipe de France n’a pas gagné un match depuis
que cette chronique a commencé.
Vous savez que le supporter, comme le sportif, est souvent superstitieux ?
Donc, …
Kronique N°23 - L'impensable
Le plus doué footballeur de ces quinze dernières années fête son
anniversaire aujourd’hui. Il a 34 ans et ne jouera peut-être plus un seul match
professionnel.
L’équipe doit gagner pour lui, pour Cissé et sa jambe de bois, pour
donner tort à tous ses détracteurs, et doit vaincre pour ne pas être ridicule
et laisser aller une génération sans le sentiment du devoir accompli.
Dans seize jours au plus tard, tout sera différent. L’équipe de
France n’aura plus ce statut d’entre deux chaises avec la nostalgie d’une
époque dorée et le retour à la banalité.
L’équipe de France, et cela depuis toujours (autant que je m’en souvienne), n’aime pas jouer
contre la Suisse, la Corée, le Togo, le Mexique, la Croatie, l’Australie et
toutes ces équipes dites de deuxième catégorie, voire de troisième.
L’équipe de France aime jouer contre les monstres contre lesquels
elle n’est pas favorite. Imaginons la suite avec un 1/8ème contre l’Espagne,
un ¼ contre le Brésil, une ½ contre les Pays-Bas ou l’Angleterre et une finale
contre l’Allemagne.
Ou, 1/8ème contre l’Ukraine, un ¼ contre l’Italie,
une ½ contre l’Allemagne et une finale contre le Brésil.
Ça, ça a de la gueule. Ça ressemble à des chocs dont on se
souvient trente après, ça ressemble à un chemin sur lequel les héros se forgent
une autre légende, ça ressemble à une épopée, qui même interrompue par un
combat acharné, se grave dans le marbre de l’Histoire de la Coupe du Monde.
Ça, ça fait rêver et on pardonne plus aisément la défaite avec
les honneurs.
Mais le Togo, je n’ai rien contre les Togolais, ils vont jouer
sans peur et sans reproche le coup à fond les balloches. C’est bien normal.
Mais le Togo, je sais bien qu’il n’y a plus de petites équipes, d’ailleurs, l’Australie
est qualifiée, le Ghana peut avoir de bons espoirs. Je respecte profondément le
Togo, la question n’est pas là. Un match n’est jamais joué d’avance. Il est le passage
obligé pour la revanche de 2002.
Quelle revanche d’ailleurs ?
En 2002, il s’agissait du Danemark qui jouait pour sa
qualification. En 2006, il s’agit du Togo, déjà éliminé.
Viera dit qu’une élimination cette année serait pire que la précédente. Il a
raison.
Il est impensable d’imaginer l’élimination. Je ne sais même pas
pourquoi il en est question d’ailleurs. Pourquoi en parle t’on ?
Je commencerai le match avec en tête l’idée qu’il ne peut en être autrement. Et le temps s’arrêtera.
Et pendant que le temps sera arrêté, TF1 aura allumé tous les cierges possibles de Notre-Dame et priera de toutes ses forces. Mais c’est un autre sujet.
22 juin 2006
Kronique N°22 - Mauvais moment à éliminer
Je sais bien que tout le monde en a marre, bientôt 15 jours,
nous arrivons à la moitié des souffrances prévues.
« Et puis il y a cet andouille qui passe ces journées à
écrire des notes dessus en plus, déjà qu’avant… mais alors là »
Je sais bien, je sais bien.
Mais je suis obligé. Si. Je suis censé faire diversion. Pour Raymond.
Car pendant que j’écris ces chroniques, la presse vient piocher
la teneur de ses articles ici. Et Raymond est tranquille.
Alors je continue.
Et vous allez me dire : si la France est éliminée ?
Oui, je sais bien, mais il faudra trouver des explications et
si Raymond en avait (des explications, il n’est
pas question de couilles ou autres artifices), nous ne serions pas la
veille d’un troisième match de poule en se disant que les idées de Perlinpinpin sans poudre ne sont pas
mauvaises :
Tout n'est pas perdu ! Ce qu’il y a de bien avec le Togo, c'est
qu'avec leur problèmes de primes, on pourra facilement les payer pour qu'ils
nous laissent gagner avec 2 buts d'avance (on paye les joueurs et celui qui
leur pique les primes et le tour est joué). Ils n'ont plus rien à perdre de
toute façon, ils sont déjà éliminés.
En plus le président Togolais c'est notre copain, on l'a laissé gagner les
élections truquées de l'année dernière (et laissé casser la gueule à ceux qui
contestaient le résultat du scrutin), il nous doit bien ça.
Alors je continue les chroniques malgré tout. Je sais que tous les lectrices/teurs s’en vont mais c’est la mission. Je m’y plie militairement (comme un drap / comme une chaise : rayez la mention inutile. Et oui, l’interactivité de ce blog n’a pas disparue pour autant, vous pouvez choisir le jeu de mots désastreux qui vous correspond le mieux).
Souvent, je regarde la petite fenêtre du site indiquant le nombre de personnes connectées simultanément et je souris béâtement en me reconnaissant tout seul avec ce 1. Je me salue, me mets une tape dans le dos, fais quelques grimaces (il est bon de rire parfois), puis après un clin d'oeil qui me fait frétiller, je reviens sur Word pour écrire la chronique suivante. C'est mon fardeau.
Il y a pourtant une lueur d’espoir. J’ai cru voir dans le
programme télé de la semaine prochaine qu’il n’y avait pas de matchs les
mercredi 28 et jeudi 29 juin. Vous voyez que tout n’est pas si noir. Le bout du
tunnel n’est pas si loin.
Et puis, ne voyez vous pas que c’est la fête dans les stades ?
On parle bien plus des fêtes allemandes de la saucisse que de notre fête Jacklanguisée
pluvieuse. On vous demande de vous amuser. Merd’ alors, on s’amuse. Puisque je vous
dis de vous amuser !
Et l’effet positif du Mondial sur le moral alors ?
« Et l’autre qui continue mine de rien de nous pomper l’air. »
Je sais bien, je sais bien mais comme disait Annie Cordy dans
la Bonne du Curé : ‘j’voudrais bien mais j’peux point’.
Cet après-midi une équipe outsider ou favorite sans doute à la
trappe pour laisser un peu de place à l’Afrique et le Brésil fait son show ce
soir contre les nippons.
Alors heureux(se) ?
Nan, j’déconne.
Kronique N°21 - La montagne et la souris
La montagne du groupe de la Mort qui tue a accouché d’une
souris.
Presqu’à mi-chemin, nous connaissions qui des quatre heureux
participants seraient retenus pour les 1/8ème de finale.
Tchao Serbie-Monténégro qui de toute façon n’existaient déjà
plus légalement avant le premier match, tchao, Côte d’Ivoire pour qui la
volonté n’aura pas été suffisante.
Et tout le monde fait de l’Argentine le favori, même l’ex-bibendum cocaïnomane Maradona rebondit sur son siège capitonné depuis le début. Alors il faut savoir que Diego n’a pas eu de chance car à peine a-t-il eu le temps de terminer sa carrière surexposée (en fait il se droguait déjà bien avant la fin) que nous découvrions qu’il avait été mal entouré (vous m’étonnez, jouer à Naples côté du milieu…), qu’il suivait les lignes de touches à quatre pattes et que son appétence pour la bonne chair n’avait d’égale que la future carrière extra sportive de Ronaldo.
Mais Diego a subi plusieurs cures de désintoxication pour s’en
sortir et s’est fait poser un anneau gastrique, ce qu’il lui a fait retrouvé un
aspect à peu près plus normal que le papa des barbapapa.
C’est ainsi que le nain à la chevelure folle tressaute et
sautille sur son piédestal redoré et réclame le droit de diriger la sélection. On
imagine donc que son aura sera suffisante.
Platoche a déjà avoué que le football dit moderne ne ressemble
plus au sien, qui affichait à l’époque le vrai beau jeu, entre deux jetés de
hanche de gardien teuton. Il faut espérer que Diego revienne à la raison. Son époque est
révolue.
Le football à la papa n’existe
plus. A cause de l’argent, du physique surdimensionné des joueurs, des
substances ingurgitées, de la publicité, de la télévision, des médias et des
comportements des nouvelles sociétés.
Tout va plus vite et on se casse un cocktail tibia péroné en
une seconde.
Il y avait dans ce Pays-Bas – Argentine d’hier un parfum de
football champagne.
Sans enjeu ou presque pourtant, la délicatesse physique d’un
néerlandais se frottait à la poésie technique de l’argentin.
Notre Raymond dira que décidément, tous les matchs nul ne
se ressemblent pas. Ou il dira : « ah, vous voyez, il n’y a pas que
la France qui fait des matchs nuls ».
Et là, m’est apparue une nouvelle fois cette évidence qui ne
place pas l’Argentine comme le futur gagnant du Mondial.
L’Argentine est capable d’aligner de séquences de jeu assez
formidables et rares. Elle joue en équipe et de l’avant.
Et bien après ?
Je reste persuadé qu’une équipe européenne bien organisée et
physiquement au point prendra l’ascendant.
En quart de finale, contre l’Allemagne, l’Argentine perdra avec
les honneurs d’une équipe qu’on présentera comme développant probablement le
meilleur football de la compétition et qui méritait mieux.
Le beau jeu ne paye pas.
Rassurons nous, le Brésil ne gagnera pas non plus la timbale. Rares sont
les équipes offensives qui remplissent toutes leurs promesses.
Allez savoir pourquoi.
21 juin 2006
Kronique N°20 - Rappel de règles
Couple du Monde, règlement intérieur :
Totalement abrogé pendant toute la phase finale.
Le port de sous-vêtements affriolants au sein du foyer, de même que l’absence de vêtement, sont formellement interdits quinze avant les matchs et jusqu’au coup de sifflet final.
Et malgré tout, je me demande si je ne porterais à la Fifa les
réclamations suivantes :
- dérogation spéciale pour la durée de quelques mi-temps durant la compétition. En effet, il a été remarqué que quinze minutes ne sont pas suffisantes (pour la récupération des joueurs, entendons nous bien).
- augmentation du temps des phases d’observations ente les deux
équipes pendant le match. En effet, il est inadmissible de s’absenter (pour une raison X) et de rater des buts. L’exemple
a été flagrant entre le score de 1-0 pour la Tunisie (2ème match du
groupe H) à la mi-temps et le score final de 3-1 pour l’Espagne. Il a été
remarqué que 3 buts ont été inscrits pendant l’absence d’un téléspectateur (pourtant particulièrement assidu en temps normal).
Hypothèse et calculs :
La France doit gagner contre le Togo. La France est ensuite et
seulement qualifiée si :
Hyp. 1 : Suisse - Corée du Sud ne se termine pas sur un
match nul (quelque soit le score de France Togo).
Hyp. 2 : Suisse – Corée font match nul, Victoire de la France
avec 2 buts d’écart et + (2-0, 3-1 …). C’est une histoire de goal-average contre
la Corée qui elle sera éliminée.
Hyp.3 : Suisse – Corée font match nul, Victoire de la France avec 1 but d’écart (1-0, 2-1…). Là, c’est le bordel : égalité entre la Corée et la France et tout se jouera sur la meilleure attaque des 2 équipes (plus grand nombre de buts marqués), voire sur un tirage au sort au cas de même nombre de buts.
Du fait de la complexité de la situation et de la probabilité aléatoire
mais évidente que ce sera l’hypothèse 3 (option dé à 6 faces) qui a été choisie
par la Fifa et le staff des arbitres, les articles 10 et 14, ainsi que l’article
n°11 ci-dessous seront strictement appliqués jusqu’à nouvel ordre.
Article n°11 : Droit au silence / Alinéa 2
En cas de tirs aux buts, d’élimination des bleus, ou de
blessure de Zidane, le mutisme sera généralisé à l’ensemble de la cellule familiale.
(source: Les cahiers du football pour les articles)


