ban_simple

02 janvier 2008

Avec le sourire

Intérieur Bureau, face au pc, en début d’année, comme une vraie résolution. 

Il faut être raisonnable. Si.
Oui monsieur, il faut prendre ses cachets. La blouse aussi.
Capitonnés les murs ? Ah oui, tiens ce sera sans doute utile. 

Les hommes en blanc arrivent. Oui, c’est le gyrophare que vous apercevez au bout de la rue.
Il est temps, et tant aussi. Il faut se rendre à l’évidence.
La force de l’habitude est ni bonne, ni suffisante pour faire illusion. Alors, il faut lâcher le clavier. Enlevez vos doigts je vous dis. Allez, non libérez cette souris, elle ne vous a rien fait. 

Mais tout ça alors ?
Ce n’est rien, juste une illusion.
Comment ça, ça a duré longtemps ?
Et puis après, vous savez ce que ça représente sur l’existence de l’univers ? Bon alors, un peu d’humilité.
Hein ? On a vu souvent rejaillir le feu d’un ancien volcan ? Vous tenez ça d’où, faut arrêter là, ça commence à se voir. 

Ah bah oui, vous auriez aimer faire plus de choses. Et ben, il fallait y penser avant, il n’y a pas de secret. C’est comme une maîtresse, il faut l’entretenir.
Bon, maintenant, l’ambulance est garée, je vais me fâcher.
Dites vous que vous avez fait de votre mieux par les temps qui marchent. Oui, qui courent aussi mais là, nous allons nous mettre en marche. 

Allez, vous remerciez tout le monde et vous éteignez. Ok, je le fais, je vois bien que là, c’est trop difficile. Ne vous inquiétez pas, vous aurez un traitement contre l’addiction. 

Quoi ? Qu’est-ce que vous murmurez en grognant ? Que ? Vous ? Reviendrez ? Genre I’ll be back, vous regardez trop la télé. Là où vous allez, on ne revient pas aussi facilement.
Et puis, vous l’avez déjà fait, ça ne marche plus.
Vous voyez bien que j’ai raison. On dit au revoir maintenant.

Et bonne année aussi. La santé, c'est important la santé.

 

Après.
Un autre lieu. Blanc.Calme.

Alors, comment vous sentez-vous ?
Je vous l’avais dit, c’est mieux ainsi pour tout le monde.
Il y avait de plus moches fins.
Pour vous faire plaisir, j’ajoute une touche hollywoodienne. 

 

The End. 

 

Voilà, c’est plus sympa non ?
Il manque encore quelque chose ?
Le générique ? Bien, les noms sont sur les côtés, à quelque chose près.
La musique ? Je sais que vous aimez ça, les paroles. Je sais que vous aimez les concours de circonstances alors, je l’ai trouvé pour vous.
Vous aviez dix-sept ans. Et vous l’avez écouté et chanté en boucle. La boucle est bouclée. 

« Seul à bord j'ai passé l'orage
Le capitaine est mort dans ce long voyage
La terre est loin devant
Je crois qu'elle m'attend
Un dernier verre je m'accroche au trottoir
Dans une rue où l'alcool a noyé l'espoir
Un marin sans mémoire
Nous raconte son histoire
Y'a des jours, y'a des souvenirs
Y'a des nuits il vaut mieux en rire
Y'a des images
Et tu vois mourir les sirènes
Passer tes années lumières
Mourir les sirènes
Ne cache pas ta peine
Quand tu vois mourir les sirènes
Passer tes années lumières
Mourir les sirènes

...» 

Canada – Mourir les sirènes (1988)

Posté par barnabe à 09:34 - 1, 2, 3, blog - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31 décembre 2007

Moi(s) et en moi(s) - Décembre 2007 et du bordel

Vraisemblablement un réveillon qui s'annonce agréablement décalé.

Je ne sais s'il s'agit d'autopersuasion qui rassure ou simplement de ces intuitions qui arrivent et qui assurent. 2007 passe et 2008 sera à la croisée de deux chemins. Pas bien grave puisqu'il s'agit d'une autre vie, celle qui persiste obligatoirement en sortant tôt de la maison et en y rentrant tard. Que c'est idiot. Toujours, lancinant d'imbécilité et d'inutilité.

Parce que voyez-vous, dans ces deux semaines rares, juste entrecoupées de rencontres familiales, qui jouent la transition annuelle, je reste à la maison et profite du temps, de la famille. Ce n'est pas trépidant mais bon à vivre. C'est bien.
Après, il faudra retourner dans l'enfer, chez les autres. Tous les autres. Oui, peut-être vous aussi.
Je dois être malade, pas très intelligent. Je n'ai rien compris à tout, aux échanges sociaux, à l'amitié, allez savoir.
Ce qui m'interesse égoïstement, c'est de choisir. Choisir le temps. Conjuguer.

Je pense à toutes ces fêtes ce soir. Je pense à la notre. Alors quoi, 2007, ça ne se bilan-ise pas comme ça.

Du travail étrange, un choix bizarre qui porte toute son importance huit mois après (c'est amusant le choix instinctif, on passe sept mois et trente jours à se demander le pourquoi et le trente-et-unième jour, ça te saute à la gueule; et je vais t'interpréter tout ça comme un signe du destin), des vacances aux temps pourris (avoue-le-je, il y a pire dans ma petite vie embourgeoisée), le week-end prolongé à Rome apothéotique, ce blog qui ne veut plus rien dire.

Sept et cinq ans révolus et je vieillis, je ne m'en aperçois pas. Vous verriez l'état de l'intérieur de mes pensées, ce n'est pas très mature. Mais il y a désormais plus d'années qui me séparent de mon adolescence que ces seize vingt ans si chers à mon coeur.
Putain, 2008, vous vous rendez compte quand même, et voilà que je parlais à midi d'un retour à Rome vers 2011 (à cause de l'âge des gamins et du programme scolaire, oui, c'est complexe la vie). 2011, ça sonne science-fiction, voire anticipation.

Décembre fût décembre, dans l'attente de Noël, bouleversé encore par ce qui tourne autour du boulot, sans contrefaçon. Dans l'attente de ces vacances uniques et de cette envie de n'aller nulle part ailleurs que chez soi, dans ce rythme étrange, particulier.

Je ne relirai pas ma note de l'an passé, sans doute peu glorieuse et avec tant d'autres idées en tête.

Allez, il faut quitter.

Bon réveillon.

A l'année prochaine.

Peut-être.

Posté par barnabe à 19:57 - Moi(s) et en mois(s) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 novembre 2007

Moi(s) et en moi(s) - Novembre 2007

Déjà un mois. Et rien à l’intérieur. C’était presque dépressif de revenir de Rome. Comme si j’avais touché du doigt un essentiel.
Alors oui, évidemment, c’est sûr, vivre à Rome en touriste fortuné, vous m’étonnez que c’est essentiel en rapport à un boulot qui boulotte mon temps en autant d’absences de finalités.
Ne pas travailler, aller au restaurant, savoir pour autant que nos enfants vont bien, marcher au soleil, s’émerveiller et discuter simplement, loin des soucis dérisoires. 

Alors évidemment encore, rentrer et voir le ciel gris, chopper la crève, voir les grèves, détester et pester contre l’espèce humaine et ces exemplaires rebus côtoyer au quotidien.
Compromis sans saveur de la vie professionnelle. 

L’essence augmente, je m’aperçois du coût, bizarrement. Et puis, j’ai décidé de maigrir et cela ne passe pas trop mal. Je cours pour de vrai, accompagne les gamins au basket. Je n’aime pas le basket.

Une banlieue traversée en automobile prend feu de nouveau. Et je ne suis pas d’accord. Je ne trouve pas d’autre solution que l’effort sur le long terme mais le terme est sans doute trop long. Enfin, de toute façon, ce n’est pas le problème puisque cela fait partie du pas de bol, de ce pourcentage de conneries que font des gamins et qui tournent mal. C’était sans doute plus risqué que ce que je faisais à mes quinze ans. D’ailleurs, je ne sortais pas vraiment de cette manière avec mes parents derrière… 

J’ai un objectif. Quinze jours de pause à Noyel. Faut dépenser ses tonnes de jours non pris pour ne pas les perdre. Arriver entier au vingt-et-un décembre au soir pour avoir l’esprit libéré.
Ne voir personne. Carrément pas l’envie, pas de manque. C’est grave docteur ?
Ou alors c’est l’influence de ce poisson rouge dans son aquarium qui n’en finit pas de mourir et qui me bourdonne. Même pas le courage de l’achever. 

Et dès que mon esprit s’évade, il part vers le début du mois, vers la capitale italienne, toujours, vers ces quelques jours si différents de toutes ces années. Il n’est pas question de mieux ou de moins bien, c’était juste différent, marquant, essentiel d’avoir été ailleurs.
C’est très curieux ce sentiment qui flotte. J’ai l’impression de ne pas l’avoir connu avant. 

BLUEUn autre jour chez Mickey comme chaque année, tranquillement, paisiblement. 

Prendre le courant ascendant dans les nuances de bleu.

Ah, et puis, voilà des jours que je ne trouve plus l’intérêt de ce blog. Même pour moi. Dites donc.
Je ne sais si c’est la force de l’habitude, l’espérance de jours meilleurs prolifiquement. Le moteur n’attend plus de savoir où il va me mener, sur quelle route. 

Bref, ça va.
Novembre trépasse. Il faut mettre les guirlandes, il faut illuminer.
Vous verriez comme les gamins grandissent. 

Bien à ceux qui restent.

Posté par barnabe à 19:20 - Moi(s) et en mois(s) - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 novembre 2007

Veni, vidi

Oui, onze jours depuis le retour latin, les retrouvailles des gamins, la reprise du travail.
Quelle difficulté de se remettre du dépaysement, comme rarement, parce que le travail n’est plus vraiment le travail. Parce que le temps, ah le temps, ici, c’est vraiment l’automne branché à l’hivernale.
Rarement plus difficile parce que c’était court et de la concentration de bonheur, parce qu’il faisait beau aux manches courtes, que tout s’est bien déroulé, des kilomètres à pieds fourbus aux pizzerias, aux décors, aux étonnement, à la douceur de vivre. Dolce vita.
Malgré le contentement de revenir serrer les enfants, c’est si contradictoire, les images restaient devant les yeux.

Et puis se laisser servir, ne rien penser, sans contrainte, juste suivre la carte, se dire que vraiment, ça valait le coup d’avoir mal aux pattes.
Le retour décalé au bureau, la volonté de ne pas se débrancher des moments de l’avant-veille.
Juste le ciel bleu au fond des pupilles.

Et les souvenirs vingtenaires qui ont changé parce que c’est en fait différent. Mémoire sélective et bribes. Ce n’est pas bien grave, finalement.

2007_Rome_Forum_romano_42La vue de Rome à la nuit tombante, à l’obscurité installée, au petit matin d’un sommeil sans faute.
Etre à deux, juste, loin du Monde mais au milieu de la foule quelquefois.
Repenser l’important, savoir.
Difficile de l’exprimer, revoir les mille photos et revenir.

Alors depuis, pas moyen de ne plus y penser.
Je me fous de tant de sujets qui font vibrer les voisins.

Ensuite, les semaines et les mois vont passer. Ce sera l’autre formidable souvenir.
Je revois pourtant tout le chemin parcouru. Et les rues, ruelles, monuments, le découpage de ces journées, presque à la minute. La fatigue, les jambes allongées, le bain du dernier jour. Comme l’effort nécessaire. Chaque repas, le menu, d’un plat de gnocchis qui n’arrive pas dans une arrière salle au faste d’une villa. Les basiliques, forum, Colisée, quartiers vraiment latins pour l’occasion, les places vastes et bondées à la fois, les fontaines, le Tibre, les surprises de rue, la circulation, ces romains en centurions et portables à la main, les pavés à se tordre, les touristes, les collines calmes et ombragées, les ruines, on ne se rend pas compte, la hauteur, l’immensité, les coins au silence étonnant, la quantité d’Histoire. Et nous deux au milieu.

Alors au bout, qu’y a-t-il donc.
Je peux le garder comme un autre repère.

Posté par barnabe à 17:20 - Des aventures trépidantes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 novembre 2007

Seconde noces

Ah ce deux novembre, je l’attendais. J’écris alors que je n’y étais pas encore.
Comme un souvenir qui revient. J’ai contrôlé le temps, juste quelques jours. Depuis vingt ans que je m’étais promis d’y retourner. 

Elle ne le sait pas encore car c’est une surprise, l’avion, la destination, l’hôtel face au Forum, les visite, voir peut-être la mer. Et tout ça rien que pour nous deux.
Les enfants sont dans le rétroviseur et sont l’objectif à rejoindre. Pendant cinq jours sans eux et qui nous manqueront tellement.
Comment était-ce difficile de lui cacher, de nier, de mentir par omission aussi. Je crois qu'elle voit Strasbourg, Colmar et un bout de Suisse ou d'Allemagne, d'Autriche même, elle a pris un gros pull.

 

Le taxi passe est passé donc vers cinq heures. Arrivés à Roissy, je lui mets ai mis les écouteurs sur les oreilles pendant l’enregistrement.
C’est Daho et son week-end.

 

A 9h20, si l’oiseau veut bien se poser, nous sommes à Rome.
Je redécouvrirais la ville éternelle avec mes yeux d’adulte et mon esprit d’adolescent. C’était aussi quelques jours mais avec le professeur de latin et ce poto qui sait tout depuis avant-hier. Je ne sais pas pourquoi Rome m’a fait cet effet là.
Il ne doit pas faire trop mauvais, nous allons marcher, traverser.
Je vais photographier pour ne pas oublier. Car j’ai tellement oublié.
Cela va nous faire étrange, si longtemps sans la progéniture.

Nous y sommes comme c’est assez incroyable pour nous. 

Divisés agréablement pour le plaisir entre mes seize ans et mes trente-six.

Posté par barnabe à 09:20 - Des aventures trépidantes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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